J-4: Une bourde olympique, qui en cache d'autres

Comme le rappelle La Voix du Nord dans son beau dossier sur les Ch'tinois (ou les Chinois installés dans le Nord), les médias occidentaux sont souvent mal perçus des Chinois de l'étranger. Et ce n'est pas cette bourde olympique de Yahoo News, relevée par Tania Branigan, la correspondante à Pékin du Guardian, qui va réconcilier les peuples.

Comme le rappelle La Voix du Nord dans son beau dossier sur les Ch'tinois (ou les Chinois installés dans le Nord), les médias occidentaux sont souvent mal perçus des Chinois de l'étranger. Et ce n'est pas cette bourde olympique de Yahoo News, relevée par Tania Branigan, la correspondante à Pékin du Guardian, qui va réconcilier les peuples.

C'était hier dimanche, à Pékin, sur la place TianAn Men. Si la photo est tout ce qu'attend le comité d'organisation chinois des JO -des mascottes Fuwa joyeuses, des touristes ravis, une place toute pimpante- la titraille l'est beaucoup moins: "Souvenir du massacre de Tian An Men". Un titre sans rapport avec la photo qui illustrait l'ambiance à Pékin à 4 jours de la cérémonie d'ouverture. Avec l'assouplissement du contrôle d'internet par les autorités chinoises, Yahoo News Amérique était même visible à Pékin depuis quelques jours. Bien mal leur en a pris. Yahoo! s'était déjà retrouvé au centre d'une controverse après avoir livré à la police chinoise les coordonnées de la famille d'un dissident chinois titulaire d'un compte mail Yahoo et qui avait, par ce biais, envoyé vers l'occident une interdiction faite aux médias chinois de couvrir les cérémonies en souvenir des manifestations de la place TianAn Men. L'individu a été arrêté pour transmission de secrets d'Etat. L'année dernière, Jerry Yang, le pdt Yahoo! Asie a présenté ses excuses à la famille, revendu le portail Yahoo! Chine à une companie locale et créé une fondation pour venir en aide aux dissidents politiques. On ignore si le stagiaire à l'origine de cette juxtaposition titre/photo hasardeuse a été décapité ou non.

Aujourd'hui, le New York Times a peut-être signé la condamnation d'un Chinois. Comment? En donnant le nom et la rue du restaurant d'un propriétaire Uighour qui se plaint de la police mais qui a demandé que son anonymat soit respecté par peur des représailles. Certes son nom n'est pas donné mais l'adresse où trouver l'individu est clairement inscrite, ce qui n'est pas mieux. De quoi inciter les Chinois à se confier aux journalistes étrangers.

 

Voici le paragraphe:

"The owner of the X*njiang K*shg*r Restaurant near the main Olympic venue said he shut down Tuesday after repeated visits from offici*ls who cited health concerns. He said several other Muslim restaurants nearby had received similar visits. The owner, a Uigh*r, spoke on the condition of anonymity for fear that he would be further harassed by the authorities".

 

 

Dernière bourde, plus amusante et relevée par Shanghaiist: celle du quotidien britannique conservateur The Daily Telegraph. Par la voix de son correspondant à Pékin Richard Spencer, le journal évoque un sondage qui révèle que les Britanniques ne connaissent de la Chine que Mao et Jackie Chan. Manque de pot, pour illustrer la légende "93% des britanniques ne sauraient reconnaitre le président chinois Hu Jintao", le journal anglais a choisi une photo de Chen Liangyu, l'ancien maire de Shanghai arrêté pour corruption.

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