In Memoriam

Les mois et les années se succèdent. L'Etat, si fier, si grand et puissant, met tout en œuvre pour "décontaminer" et "assainir". Las, il ne parvient pas au résultat escompté et la terre de Fessenheim demeure inhabitable.

Les mois et les années se succèdent. L'Etat, si fier, si grand et puissant, met tout en œuvre pour "décontaminer" et "assainir". Las, il ne parvient pas au résultat escompté et la terre de Fessenheim demeure inhabitable.

Des équipes de « liquidateurs » se relaient pourtant durant ce qui parait des lustres ; les villages abandonnés sont ensevelis, les réacteurs vidés petit à petit du combustible, dont on ne retrouvera qu’environs quatre-vingt pourcents. Evidemment, les nappes phréatiques sont atteintes, des études sont lancées – les résultats se font attendre, pour être finalement classés, hors d’atteinte du public.

L’EPR de Flamanville est porté en triomphe, son inauguration donne lieu à un spectacle ahurissant, débauche de lumière et de déclarations politiques optimistes (ce qui rendra son abandon, plusieurs années plus tard, pour cause de ses multiples dysfonctionnements, liés aux ratés de conception et de construction, d’autant plus mordant).

Sur la terre d’Alsace, courant 2015, en mémoire d’un certain Sim et de ses compagnons, les maires des municipalités disparues dressent une stèle en bronze. Rapidement du lierre et de mauvaises herbes en cachent l’épitaphe.

Ce qu’en retiendront le gibier revenu en force et les oiseaux sereins, aux abords de la centrale abandonnée, c’est cette goutte de sang stylisée, traversée d’un atome.

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