Démondialisation : quand la droite se vautre dans le ridicule !

Texte proposé par Bruno Erbibou

 

 

La droite sera toujours la droite. C’est à dire qu’elle sera toujours conservatrice et protectrice de l’ordre établi. C’est un fait intangible. Pour s'en convaincre, les sorties du ministre de la défense Gérard Longuet et du secrétaire d’Etat Pierre Lellouche, chargé de l’industrie et du commerce extérieur, à propos de la démondialisation défendue par Arnaud Montebourg, sont éloquentes. Dans un entretien accordé aux Echos, Gérard Longuet a estimé que la démondialisation « c'est l'expression même d'une nostalgie française complètement ringarde et irresponsable ». Et il a ajouté : « c'est croire que la France, demain, peut s'exonérer d'être un maillon dans un système mondial ». Avant de conclure sans mesure et en montrant son incompréhension du concept même de démondialisation : « si la France récuse la mondialisation, elle s'isole et perd son pouvoir ». Dernière fulgurance en date : celle de François Baroin, nouveau ministre de l'économie, qui conseille dans le Figaro à Arnaud Montebourg de « revenir à la lampe à huile ».

 

Passons assez rapidement sur les accusations de ringardise et d’irresponsabilité en rappelant qu’elles émanent de membres d’un gouvernement qui a crée un ministère de l’immigration et de l’identité nationale pour attiser les querelles, ce qui est tout à fait irresponsable et attentatoire à notre République qui s’est construite dans le métissage ; un gouvernement qui a quasiment exonéré d’impôts les plus riches ; ce qui est irresponsable au regard de l’état des finances publiques et de l’idée de justice en laquelle les Français croient ; un gouvernement et dont certains membres se sont pavanés en vacances avec des ex-dictateurs. C’est comme cela que « la France s’isole, perd son pouvoir » et son crédit.

 

Prenons le fond de la question. La démondialisation. François Baroin, Gérard Longuet et Pierre Lellouche n’ont pas compris le concept. Longuet parle de la « France qui s’exonère d’être un maillon dans un système mondial ». Ce n’est pas du tout de cela dont il s’agit. La démondialisation ne se passera pas dans un seul pays mais au niveau européen, voire au niveau mondial. Il s’agit de construire des ensembles régionaux capables de passer des accords. La fin de la mondialisation, c’est le début d’une Europe utile aux citoyens. Mais en prime, Gérard Longuet comme les autres contempteurs de la démondialisation, tente de faire croire que celle-ci serait une régression. Mais comment justifie-t-il les délocalisations, la pression sur le travail, l’apparition des travailleurs pauvres, le management brutal du néolibéralisme, la prédation des fonds de pension, la dégradation de l’environnement et le déplacement de 11 points de richesse produite du travail vers le capital ? N’est-ce pas la véritable régression ? Accrochés au mythe de la mondialisation qui n’est heureuse que pour eux, ils agitent le chiffon rouge du triple AAA décerné par les agences de notations, alors que jamais celles-ci n’ont été autant critiquées. De même, ils oublient de rappeler que si le triple AAA est fragile pour la France, c’est aussi surtout à cause de la gestion des finances publiques de la droite depuis 2002 et des cadeaux fiscaux fait à ceux qui n’en ont pas besoin. La droite n’est absolument plus crédible pour aborder les questions économiques. Au pouvoir depuis dix ans, elle est responsable des manques de notre pays. Que ces beaux messieurs aillent dans les usines, dire aux travailleurs éreintés par un système devenu fou, qu'ils sont les partisans de la lampe à huile.

 

Pas étonnant que la droite prône l’immobilisme et le statut quo. Elle veut adapter la société à la mondialisation, nous voulons contraindre la mondialisation aux volontés des sociétés. Car sur la démondialisation, la question de fond est la suivante : est-il sérieux de conserver un système extrémiste et qui a montré ses limites ? Nous ne pouvons plus nous contenter de mettre des rustines qui ne colmatent rien, il faut s’attaquer sérieusement à ce cancer qui ronge la société : à savoir l’économie financiarisée.

 

Voilà pourquoi la droite se lève contre la démondialisation. Cette idée lui rappelle son immobilisme, sa ringardise et son peu de souci de l’intérêt général. La politique ce n’est pas se soumettre, sans rien faire. Au contraire, la politique doit en permanence tracer un chemin vers le progrès humain, vers le progrès pour les hommes et les femmes. Récuser la démondialisation sous prétexte de ringardise et de nostalgie équivaut à refuser l’idée même que la politique peut changer le monde. Pas étonnant pour un homme de droite. Inacceptable pour le peuple de gauche !

 

 

 

Bruno Erbibou

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