La biodiversité, à Notre-Dame-des-Landes aussi

Il y a une semaine, quelques jours avant le grand rassemblement de ce week-end des 5 et 6 juillet à Notre-Dame-des-Landes, le conseil régional des Pays de la Loire a adopté sa nouvelle politique régionale en faveur de la biodiversité. En tant que vice-présidente en charge de l’environnement, j’étais très fière de présenter ce plan d’actions, ambitieux et pragmatique. En tant qu’écologiste aussi.

Il y a une semaine, quelques jours avant le grand rassemblement de ce week-end des 5 et 6 juillet à Notre-Dame-des-Landes, le conseil régional des Pays de la Loire a adopté sa nouvelle politique régionale en faveur de la biodiversité. En tant que vice-présidente en charge de l’environnement, j’étais très fière de présenter ce plan d’actions, ambitieux et pragmatique. En tant qu’écologiste aussi.
En effet, ce plan marque tant la réaffirmation que le renouvellement de l’engagement politique de l’assemblée régionale en faveur de la biodiversité et de la nature. Il constitue également un bond en avant dans nos politiques publiques, notamment par son caractère transversal. Nous avons travaillé à la prise en compte des enjeux de biodiversité dans différentes politiques : agriculture, recherche, tourisme, éducation, aménagement du territoire, formation, énergie, etc. Cette dynamique est plus que jamais nécessaire compte tenu des enjeux de notre époque (plus d’un tiers des espèces végétales ou animales en Pays de la Loire sont menacées…), et il est important d’agir. C’est l’objet même de ce plan, résolument pragmatique.

Je sais qu’il se traduira en actions,  nous ne sommes pas dans le simple déclaratoire. Le dernier plan a permis de consacrer 30 millions d’euros aux enjeux de biodiversité. Il nous a hissés au rang des régions les plus impliquées en la matière. Un exemple parmi bien d’autres : nous comptons aujourd’hui 19 réserves naturelles régionales, et sommes ainsi la deuxième région de France en nombre de réserves.

30 millions, c’est en fait bien peu au regard des enjeux actuels. Mais dans le contexte financier que l’on connaît, si nous maintenons ce budget, ce sera déjà bien. Qui plus est, nous avons su dégager dans les fonds européens une enveloppe conséquente en faveur de la nature et de la biodiversité – ce que toutes les régions n’ont pas réussi à négocier – qui permettra d’accompagner sérieusement les acteurs des territoires. Et puis, si nous parvenons vraiment à la prise en compte de la biodiversité dans toutes les politiques publiques, ce qui ne nécessitera pas de budgets supplémentaires, mais une approche différente, ce plan d’actions sera plus efficace que le précédent…!

Cette transversalité entre la politique régionale en faveur de la biodiversité et les autres est exigeante, elle requiert prise de recul… et souci de cohérence ! Sur ce point, il y a un gros problème : les projets destructeurs soutenus par le conseil régional (Notre-Dame-des-Landes, A 831, mesures compensatoires LGV Paris-Rennes…). Et aussi une multitude de petits problèmes, qui additionnés les uns aux autres, deviennent un problème majeur. Je prends pour exemple le foisonnement de nouvelles zones d’activité, et de manière générale l’étalement urbain. Nous sommes la région de France avec le plus fort taux d’artificialisation des sols. Il faut arrêter et penser autrement le développement des territoires.

Et puis, l’ambition du plan voté jeudi 26 juin ne se concrétisera que si, à nouveau, nos partenaires s’engagent à nos côtés. Ils sont aujourd’hui un maillon essentiel de notre politique en faveur de la biodiversité et ont accompli un travail remarquable jusqu’à présent, avec peu de moyens, comparé à ceux que nous employons pour détruire par ailleurs. Je pense notamment aux associations de protection de l’environnement mais aussi aux réseaux qui œuvrent pour le développement d’une agriculture respectueuse des écosystèmes. Nous devons continuer de les soutenir.

Alors, quand le président du conseil régional leur envoie un courrier menaçant de leur supprimer leurs subventions, et exigeant de leur part de se désengager vis-à-vis du projet de nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes, c’est toute la politique régionale en faveur de la biodiversité qu’il met en danger.

Il y a une incohérence intrinsèque entre le fait de soutenir la nouvelle politique régionale en faveur de la biodiversité et celui de s’entêter à s’accrocher à un projet d’aéroport dont on prouve chaque jour un peu plus l’ineptie. Allez, encore quelque temps et la région pourra afficher une politique cohérente : le projet de nouvel aéroport sera abandonné, les autres projets nuisibles aussi. Enfin !

Sophie Bringuy, vice-présidente (EELV) du conseil régional Pays de la Loire chargée de l'environnement

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