Ces contrats vont probablement faire grincer quelques dents à Notre-Dame-des-Landes et ailleurs.

Alors que le bras de fer se poursuit sur la zone du projet d’aéroport, Jacques Auxiette, président PS de la région, a lancé mardi, en tant que président du syndicat mixte aéroportuaire, "des avis d’appel public à la concurrence pour des marchés d’actions de lobbying".

"Les médias sociaux"

La cible majeure de ces contrats est "les médias sociaux". La mission "portera sur l’élaboration d’une stratégie de lobbying auprès des institutionnels et du grand public afin de promouvoir la réalisation du futur aéroport", est-il stipulé sur le document que Presse Océan a consulté. Il s'agit aussi de bonifier "l’e-réputation de l’aéroport".

Le budget pourrait atteindre 120 000 € HT sur deux ans. Un autre contrat (jusqu’à 70 000 €) est dévolu aux relations presse au niveau national et européen.

"On assume"

"On assume, note t-on du côté du syndicat mixte aéroportuaire. On a du mal à faire entendre nos arguments. On réagit."

Le document visible publiquement : cliquer ici !

Info trouvée ici !

 

En réaction, le coup de gueule des élus écologistes :

Lettre ouverte aux Présidents de Nantes Métropole et du Conseil Régional des Pays de la Loire

Messieurs les présidents,

La semaine dernière, on découvrait le lancement d’un appel d’offres en vue de passer un marché public avec une agence de communication, à hauteur de 190 000 euros, au sujet du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Improprement qualifiées de « lobbying » les actions envisagées visent non pas à sensibiliser des décideurs à la question - ce qui est la définition stricte de ce terme -, mais bien influencer l’opinion, quand ce n’est pas à la manipuler : l’intervention d’officines de la communication pour animer le débat sur les réseaux sociaux nous interroge tout particulièrement. Des collectivités publiques n’ont pas à y employer des techniques identiques à celles de sociétés commerciales. Rémunérer des personnes pour intervenir sur des réseaux sociaux dans un certain sens ne nous semblent pas devoir faire partie des méthodes des collectivités locales.

Aujourd’hui, c’est une pleine page de publicité qui est achetée dans plusieurs titres de la presse régionale et nationale : quel en est le coût et qui paye de telles dépenses qui peuvent être estimées à plus de 200 000 euros si on se réfère aux tarifs en vigueur des régies publicitaires ? Nous demandons des réponses précises sur ces deux questions.

Au-delà de la question du coût de ces dépenses, une telle avalanche d’actions de communication s’exerce dans un contexte particulier : le Premier ministre a mis en place une commission du dialogue pour organiser « l’apaisement » autour de ce projet - selon les mots mêmes du Président de la République. Ses travaux doivent pouvoir se dérouler dans la sérénité, en dehors de toute pression. La poursuite d’une campagne de communication financée sur fonds publics nous semble à l’évidence contrevenir à cet impératif.

Nous vous rappelons au passage que, lors de la réforme des retraites, tous les représentants nationaux des composantes de la majorité communautaire avaient, à juste raison, dénoncé le recours à de telles pratiques d’influence par voie de campagnes de communication.

C’est la raison pour laquelle nous vous demandons, ne serait-ce que par respect pour la volonté de dialogue et d’apaisement affichée par le gouvernement, de suspendre sans tarder le financement par notre collectivité de telles opérations de communication.

Nous vous prions de croire, Messieurs les Présidents, en l’expression de nos salutations les meilleures,

Pascale Chiron et François de Rugy

Co-présidents du groupe des élu-e-s écologistes de Nantes Métropole

Jean-Philippe Magnen

Président du groupe écologiste au conseil régional des Pays de la Loire

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.