El Condor passa et le Castor rama

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Rappel :
"Un nouveau record a été établi dans la nuit du 27 au 28 novembre 2011. Le convoi ferroviaire transportant des déchets nucléaires allemands retraités par Areva à La Hague aura mis 109 heures pour réaliser le trajet entre Valognes (Manche) et Dannenberg, son terminus dans le nord de l'Allemagne. Il s'agit du plus long voyage du genre sur les treize réalisés par ce train Castor depuis 1995."
Dans le cadre d’accords conclus au plus haut niveau de l’Etat entre l’Allemagne et la France, des déchets nucléaires issus des centrales nucléaires d’outre Rhin sont « retraités » à l’usine de la Hague, pour être ensuite “reconduits” vers leur pays d’origine.


Ces retours sont effectués par voie ferroviaire en wagons « CASTOR » (voir sur l’édition nos précédents articles….).

 

Des militants antinucléaires manifestent donc à l’occasion de ces transports, afin d’attirer l’attention de l’opinion et des pouvoirs publics sur les risques encourus que représente tout ce qui a trait à l’énergie nucléaire.


Et si en Allemagne les citoyens se mobilisent par dizaines de milliers, en France ce ne sont que quelques dizaines tout au plus qui participeront au plus fort de l’événement, ceux ci se comptant parfois sur les doigts des deux mains… ("le castor tue"...)
Nous avons reçu hier le témoignage d’une “activiste” ayant participé à ces journées de protestation, qui se sont déroulées à Valognes, les 22 et 23 novembre dernier.


Elle brosse en quelques paragraphes l’exposé de ses motivations, ses convictions…


Elle tient à préciser, que malgré son appartenance à des mouvements contestataires « institués » (et cités en bas de page), elle parle ici en son nom propre.

Laissons la parole à Isabelle....


"Pourquoi j'étais à Valognes
Après la tragédie de Fukushima, nous étions nombreux à attendre un rassemblement massif d'antinucléaires en France. Mais non, rien, silence. Quelques communiqués de presse indignés ; mais non : rien....rien... rien. Cela n'a pas eu lieu. Comme un symbole de ce qu'est devenu la lutte antinucléaire en France : rien...rien... rien...
Quand nous* avons reçu l'appel de Valognes, alors nous n'avons pas hésité. Il fallait y être ces 22 et 23 novembre. Nous refusons l'institutionnalisation de la lutte antinucléaire, nous pointons la démission des partis politiques et nous réclamons à chacun le droit de se réapproprier le sujet, alors il n'y avait d'autre choix que d'y être, à défaut peut-être d'en être, mais ce n'est que le début d'une histoire.
Aller parler, discuter, ressentir la chape de béton qui se soulève (peut-être?) c'est déjà beaucoup.
Il fallait aller à Valognes soutenir cette initiative ; des jeunes, des moins jeunes aussi mais sans étiquette et parlant en leur nom propre.
Nous, des femmes et des hommes qui revendiquons l'arrêt immédiat du nucléaire pour cause de danger immédiat, il n'est pas question d'abandonner notre parole aux experts qui concoctent des scenarios divers et variés de sortie du nucléaire « à la carte » , ou aux partis politiques, ou à de quelconques réseaux institutionnalisés.
Les actions antinucléaires ont, depuis quelques années, été inlassablement récupérées, soit par le réseau sortir du nucléaire (qui se revendique représentant de la lutte antinucléaire en France et on se demande bien au nom de quoi), par les partis politiques dont on voit bien où les mènent leurs divers compromis/compromissions, par les ONG hors sol, etc...
Bizarrement et heureusement, cette fois-ci à Valognes, c'est le contraire qui s'est produit : les partis politiques et collectifs antinucléaires locaux n'ont, pour la plupart, pas franchement soutenu la démarche du collectif Stop Valognes et lors d'une conférence de presse où s'agitaient des petits drapeaux verts et rouges, l'intervention d'éléments incontrôlés (nous *) scandant l'arrêt immédiat du nucléaire, n'a été que très moyennement appréciée.
Quant à la supposée violence des militants présents à Stop Valognes face à un convoi monstrueusement radioactif mettant en danger la vie humaine, personne ne sera dupe.
Nous* continuerons à défendre l'arrêt immédiat, inconditionnel et définitif du nucléaire sur des bases éthiques, morales : la catastrophe et ses conséquences irréversibles pendant des centaines et des milliers d'années sont insupportables. Là est la seule violence.
La prochaine fois, soyons 4 000."
Isabelle

* membre du Collectif Antinucléaire 13
* membre de la Coordination Stop Nucléaire - http://coordination-stopnucleaire.org/

 

 

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