URAMIN - AREVA - LAUVERGEON : Opération de corruption ?

Affaire URAMIN - AREVA - LAUVERGEON :

L'Observatoire du nucléaire dénonce le silence de Libération... et d'autres médias

L'EPR français ne peut être vendu qu'avec de lourdes contreparties occultes

 

L'affaire URAMIN-AREVA-LAUVERGEON vient de connaître un incroyable rebondissement qui crée des remous à l'étranger... mais qui est totalement ignoré à ce jour par les médias français à l'exception notable de LaTribune.fr (*)

 Le grand quotidien sud-africain Mail and Guardian (**) révèle que, si Areva a lourdement surpayé la société minière Uramin en 2007, ce n'était pas par erreur : il s'agissait d'une véritable opération de corruption qui devait permettre à Areva, en retour, de vendre des réacteurs EPR à l'Afrique du Sud.

 Sous la direction d'Anne Lauvergeon, Areva a payé 2,5 milliards de dollars pour des mines dont la valeur a récemment été ramenée à zéro par Areva dans ses comptes.

 Ces 2,5 milliards ont donc très certainement alimenté une opération de corruption en direction des dirigeants de l'Afrique du Sud. Il apparaît, comme par hasard, que les dirigeants d'Uramin étaient des proches du Président sud-africain qui était alors Thabo Mbeki.

 La réalité de ce montage est d'ailleurs confortée par l'impossibilité de vendre le réacteur EPR sans de lourdes contreparties occultes :

 - un EPR a été vendu par Areva à la Finlande en décembre 2003 pour la somme ridicule de 3 milliards : aux dernières nouvelles, le coût réel de ce réacteur dépasse les 6 milliards.

 - deux EPR ont été vendus par Areva à pertes à la Chine en novembre 2007 : l'annonce d'un contrat "géant" de 8 milliards d'euros masquant mal la vente des deux réacteurs pour seulement cinq milliards de dollars (3,85 milliards d'euros) les deux, le reste du contrat correspondant à la livraison d'uranium enrichi.

 - les déboires gigantesques rencontrés par Areva et EDF sur leurs chantiers EPR respectifs en Finlande et à Flamanville plombent tout avenir de l'EPR à l'exportation.

 De fait, l'achat éventuel de réacteurs EPR par un pays ne peut pas s'expliquer par les "qualités" de l'EPR, il relève donc forcément de manuvres souterraines, principalement la corruption.

 A ce jour, le quotidien français LIBERATION, dont le conseil de surveillance est présidé par Anne Lauvergeon, ignore totalement ce rebondissement. Curieusement, à ce jour, la quasi-totalité des autres médias français restent tout aussi muets sur cette affaire. On ne pourra s'empêcher de penser au poids des publicités prises régulièrement par Areva et EDF dans la plupart des médias

(*) Ce journal n'existe plus sous forme papier et dépend donc beaucoup moins des publicités d'Areva et d'EDF...

(**) http://mg.co.za/article/2012-08-03-00-nuclear-frontrunner-arevas-toxic-political-dealings

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