Billet de blog 22 janv. 2013

Déchets nucléaires : BURE, même les bactéries attaquent

Gaiga Kaunta
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CEDRA

Collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs

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Co-fondateur de la 'Fédération Grand-Est STOP Déchets Nucléaires'

Membre du ‘Réseau sortir du nucléaire’

Membre de la CRIIRAD

BP 17 - 52101 SAINT DIZIER Cedex - FRANCE

Téléphone-répondeur-fax : (33) 03 25 04 91 41 /  06 66 959 777

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 COMMUNIQUÉ

Mardi 22 Janvier 2013

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Déchets nucléaires : BURE, même les bactéries attaquent

  « Mesdames, Messieurs, veuillez trouver ci-jointe une information qui ne pourra que susciter votre intérêt ». Ce message reçu voici peu par le Collectif valait en effet son pesant de déchets nucléaires. L’école polytechnique fédérale de Lausanne (EPLP) dévoile que « dans un stockage souterrain profond, les micro-organismes pourraient affecter la stabilité du dépôt de déchets radioactifs, un problème encore méconnu, qui fait l’objet d’une étude pionnière à l’EPFL » (1)

 Ça alors ! Et comment est-ce possible puisque l’ANDRA, promoteur de l’enfouissement, affirme depuis des années que la sûreté d’un stockage souterrain est assurée grâce, justement, à la prise en compte de tous les paramètres possibles. Et comment se fait-il que ni l’Andra, ni les multiples organismes censés contrôler l’Agence, n’aient daigné relayer cette information capitale - et qui date de l’été dernier - eux habituellement si prompts à « communiquer » ?

 Informé de cette nouveauté par le Collectif, un scientifique régional spécialiste des eaux souterraines, et donc fortement sensibilisé à ce qui se trame à Bure, signalait en retour avoir découvert une thèse entière dédiée à l’étude de ce phénomène (2). Lancée la  semaine dernière, l’analyse des 258 pages du doctorant Loïc Esnault (université de Nancy) sonne comme un coup de Trafalgar (3) :

 -       un stockage souterrain profond ne peut s’apparenter à un tombeau ou à un cimetière, inertes, car le monde des argiles est « vivant »

-       dans les environnements argileux profonds étudiés pour le stockage, et malgré les conditions hostiles, la présence de microorganismes est démontrée (bactéries) tandis que creusement et stockage en apporteraient de nouveaux de l’extérieur

-       la radioactivité de sites des déchets nucléaires ne supprime pas la vie microbienne (bactéries), la chaleur de containeurs peut même la stimuler ainsi que la présence d’hydrogène

-       le conteneur métallique contenant le colis primaire se retrouvera toujours en contact d’un milieu argileux totalement ou partiellement saturé [eau]. Sa corrosion au contact de l’eau interstitielle est donc inévitable. Ainsi, la perturbation due au stockage des déchets radioactifs au sein de la couche argileuse entraînera une production significative d’hydrogène. Les quantités d’hydrogène produites par alvéole lors du stockage, par exemple pour les colis C, sont très importantes

-       l’activité microbienne peut conduire à un changement du comportement mécanique de la barrière argileuse avec des phénomènes de gonflement/rétraction

-       les études ont mis en évidence une diversité importante d’espèces bactériennes

-       un effet synergique réactionnel apparaît dans le système (argile, fer, eau, température, pression…), augmentant ainsi la réactivité globale du système fer/argile et donc sa vulnérabilité et son degré d’altération

-       l’argile, choix judicieux pour un stockage profond ? L’argile sert à la fois de substrat physique, de niche écologique ainsi que de substrat nutritif et énergétique au monde microbien. L’activité bactérienne intervient ici comme un oxydant supplémentaire dans le système géologique profond

-       en conclusion, ces résultats ont clairement démontré l’impact du facteur microbiologique sur la réactivité des matériaux argileux et métalliques

-       les conséquences d'une telle activité sont telles qu'elles peuvent avoir un impact sur l'ensemble de l'édifice poreux que ce soit en termes de réactivité chimique des matériaux ou de comportement physique de la barrière argileuse

Les bactéries, une menace nouvelle pour la sûreté d’un enfouissement des déchets nucléaires ?

 -       Rappelons-nous, elles n’ont pas bougé pendant de longs millénaires puis, de par l’intrusion de l’Homme, elles se sont vues attaquées en une poignée d’années par des bactéries extérieures apportées (involontairement mais fatalement) par les visiteurs. Elles : les peintures rupestres de la grotte de Lascaux (Périgord)

-       L’ANDRA peut laboratoiriser ou modéliser à longueur d’année, il n’en reste pas moins cette mise en garde du Dr A.Makhijani dans son premier rapport critique des travaux de l’Andra à Bure (4) : « L’étude d’un site de stockage pour des déchets nucléaires est généralement considérée comme un défi scientifique et technique et l’une des tâches les plus difficiles que les hommes ont jamais essayé d’accomplir » Les paramètres sont innombrables, et ils interagissent entre eux. Or, dans ce projet d’enfouissement des poisons nucléaires, on n’a pas le droit à l’erreur, ni à l’approximatif

 -       S’il semble que cette menace en perturbe quelques uns (IRSN, thèses en cours…), il est surprenant que l’organisme présenté comme LE contrôleur de l’Andra, la CNE (Commission nationale d’évaluation) n’ait quasi rien à dire. Dans son dernier rapport (5) : « des tests sont en cours pour examiner la possible intervention de micro-organismes »

(1)    http://actu.epfl.ch/news/les-bacteries-une-menace-pour-la-securite-des-dech/

(2)    http://www.scd.uhp-nancy.fr/docnum/SCD_T_2010_0139_ESNAULT.pdf

(3)   de plus longs développements sont exposés dans le document en fichier joint

(4)    « Etude critique… » IEER – septembre 2004 – préface page 12

(5)    Rapport de la CNE – novembre 2012 – page 19 > https://www.cne2.fr/telechargements/Rapport-CNE2-2012.pdf

 Dernière minute

La presse régionale de Bure se fait écho d’un communiqué de l’ANDRA se vantant de réaliser à Saint-Dizier « une maquette grandeur nature pour tester le scellement de stockage géologique », à pleine échelle et dans un bâtiment en surface

 -       Plus de 15 000 000 d’euros pour tester un malheureux scellement, seraient-ils tombés sur la tête ?

 -       Ou alors cette histoire d’étanchéité d’un enfouissement est bien plus compliquée que ce qu’on veut faire croire au bon peuple et aux élus. Eclairage dans la thèse citée ci-dessus (page 229) : « En effet en plus de pouvoir favoriser les processus de corrosion via une augmentation des vitesses de corrosion des matériaux métalliques et donc de jouer directement un rôle sur la durée de vie de ces matériaux, elle peut altérer la fonction de confinement des argiles, notamment du bouchon argileux »

 -       Or on remarquera que la maquette de Saint-Dizier est réalisée…. en surface, donc sans les gênants micro-organismes du sous-sol de Bure

 -       Enfin, par son communiqué l’Andra soulève un autre lièvre. Alors qu’il est affirmé que le coût de gestion des déchets nucléaires est assuré par les producteurs de ces déchets, donc par les consommateurs d’électricité, on découvre là que 55% du coût de la farce est pris en charge par la Commission européenne, donc par le contribuable ! Joli tour de passe-passe, on nous prend dans une poche, et dans l’autre. Et de ces plaisanteries co-payées par le contribuable, il y en a combien ? On n’ose imaginer la facture finale…

 QUESTION : élus/élues, on arrête quand les dégâts, et les frais ?

 Réponse par Madame la ministre D.Batho en déplacement à Bure lundi 4 février ?

qui serait bien inspirée de se souvenir que Bure c’est aussi/surtout des populations, avec des associations, bien avant des élus avides et autres lobbyistes mercantiles

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