Augmentation du risque de leucémies chez les travailleurs du nucléaire

Une étude internationale à très grande échelle publiée le 21 Juin 2015 dans The Lancet Haematology montre une augmentation significative des risques de cancer de type leucémies (en particulier les leucémies myéloïdes chroniques) chez les travailleurs du nucléaires exposés sur de longues périodes à de faibles doses de radiations.

Une étude internationale à très grande échelle publiée le 21 Juin 2015 dans The Lancet Haematology montre une augmentation significative des risques de cancer de type leucémies (en particulier les leucémies myéloïdes chroniques) chez les travailleurs du nucléaires exposés sur de longues périodes à de faibles doses de radiations.

Cette étude épidémiologique, financée en partie par EDF et AREVA1, porte sur une cohorte de 308 297 travailleurs dans trois pays nucléarisés (France, USA, GB) représentant un total de 8,2 millions d'années hommes de suivi épidémiologique. Le fait que l'association positive observée entre les (faibles) doses de radiations et l'excès de mortalité est de l'ordre de grandeur des estimations extrapolées à partir des expositions aux fortes doses (survivants de Hiroshima et Nagasaki) suggère que le fameux modèle "linear no-threshold model (LNT)" est légitime. Ce modèle qui suppose qu'il n'y a pas de dose limite en dessous de laquelle les radiations n'ont plus d'impact sur la santé (l'impact peut être faible, mais non nul), est critiqué par certains scientifiques, et ce type d'observations pourrait mettre fin à cette incertitude.

Notes:

1: EDF et AREVA ont financé en partie l'étude, et ont fourni les données de mesures d'exposition aux radiations des personnels, mais n'ont pas participé ni à l'analyse des données, ni à l'écriture de l'article publié par The Lancet. Les auteurs principaux de l'étude sont affiliés à l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire, et au Centre International de Recherche sur le Cancer de Lyon.

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