Des risques supplémentaires

La sécurité est une question qui concerne chacun d'entre nous.  

Le recours massif à l'énergie nucléaire, pour nos besoins en électricité, est plus que jamais pour les Français une source d'inquiétude, quand on se souvient qu'il implique le fonctionnement de 58 réacteurs, disséminés sur le territoire national (nucléaire civil).  Ce parc vieillissant devient forcément plus vulnérable, à cause de l'inévitable usure de certains éléments, dont certains ne peuvent en aucun cas être remplacés.  

L'actualité nous apprend qu'un autre risque est probablement sous-estimé, celui d'un possible sabotage.   Greenpeace a fait la démonstration, à plusieurs reprises, qu'il était impossible d'éliminer le risque à ce niveau, en présence de groupes ou de personnes isolées ayant vraiment l'intention de nuire.   Notre pays n'a pas que des amis, le déclarer n'est pas divulguer un secret mais être seulement réalistes.  Apprenant que plusieurs de nos centrales ont été (qui plus est à plusieurs reprises) survolées nuitamment  par des drones -dont on ne connaît probablement pas la provenance-  n'est pas de nature à nous rassurer.  Si la réponse officielle est le rappel de l'interdiction formelle de survol de ces installations, la quantité de gendarmes déployée autour des sites et la hauteur des clôtures autour des installations, nous comprenons tous que tout cela n'empêcherait pas un sabotage.   Nous pouvons même être inquiets d'assister à un repérage aérien de telles cibles potentielles, sachant que des kamikhazes ne craindront pas d'aller eux-même les attaquer.   Nous dire encore que la chasse pourrait intervenir le cas échéant, ne peut pas nous rassurer non plus, le facteur temps étant déterminant dans cette hypothèse. 

Souhaitons seulement que les plus accros, pour la poursuite du "tout nucléaire", ne regrettent pas d'avoir eu peur de "revenir à la chandelle".


On trouvera ici un communiqué de l'Observatoire du nucléaire

 

 

Observatoire du nucléaire - http://www.observatoire-du-nucleaire.org

Communiqué du jeudi 30 octobre 2014

 

 

Drones sur les centrales : la France
nucléaire est terriblement vulnérable

 

Ce sont probablement les débuts de la "drone de guerre"

 

 

 Même si on ne sait pas à cette heure qui organise la campagne actuelle de survol des centrales nucléaires françaises par des drones, cette situation est d'ores et déjà terriblement édifiante.

 

En effet, cette campagne prouve que, avec les technologies modernes comme les drones, des gens malintentionnés peuvent facilement obtenir des informations cruciales sur la configuration exacte des centrales nucléaires, avant éventuellement de faire des frappes réelles : les drones peuvent désormais emporter avec eux des projectiles extrêmement puissants.

 

Si on peut toujours espérer que les murs des réacteurs résisteraient, sans en être totalement certain, il est par contre évident que d'autres parties d'une centrale sont terriblement vulnérables et peuvent amener à une catastrophe nucléaire en cas d'attaque de drone.

 

On pense en particulier aux systèmes de refroidissements des réacteurs, ou encore aux piscines d'entreposage des combustibles usés, souvent placées dans de simples hangars.

 

De façon plus générale, un pays nucléarisé, et à fortiori la France avec ses 58 réacteurs, est plus vulnérable que jamais : au risque d'accident industriel, présent depuis le lancement du parc nucléaire, vient s'ajouter :

- d'une part l'aggravation des évènements climatiques : tempêtes, canicules, inondations mettent plus que jamais en danger le parc nucléaire

 

- d'autre part l'atomisation du risque géopolitique et la "démocratisation" des nouvelles technologies : depuis l'effondrement de l'URSS, différents groupes terroristes menacent les pays riches et sont désormais en capacité de leur nuire gravement, en particulier avec des drones.

 

La sécurité d'un pays comme la France passe par la décentralisation maximale de la production d'énergie : les énergies renouvelables, harmonieusement réparties sur tout le territoire, sont impossibles à mettre à bas, contrairement au système "centrales nucléaires + lignes THT". Plus que jamais, la France nucléaire est un colosse aux pieds d'argile.







Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.