Visite du premier président états-unien à Hiroshima

La Maison-Blanche a déjà indiqué qu’elle n’avait pas l’intention de manifester des regrets. « Les États-Unis seront éternellement fiers de nos dirigeants et des hommes et femmes qui ont servi dans les forces armées durant la Seconde Guerre mondiale »

...la messe est dite...il faut se rappeler aussi que les états-uniens d'origine japonaise subissaient des attaques raciales et nombre d'entre eux avaient connu à l'époque de la guerre de 1940, et ce même avant l'entrée en guerre des USA, la spoliation de leurs biens matériels et l'enfermement dans des camps, malgré leur (bonne) volonté d'intégration dans leur nouveau pays d'accueil, les Etats-Unis....

Néanmoins, ce "minuscule" pas de compassion vers les victimes de cet atroce acte de guerre (qui n'a jamais été ni remis en cause, ni a fortiori puni...) est un symbole fort....

A mon (humble) avis, ces actes contre un peuple martyr paraissent impardonnables et seraient dignes d'être poursuivis par le Tribunal Pénal International, mais on n'attaque pas en justice les "maîtres du monde"...

Lire l'article publié sur le site "Le Devoir.com" :

"L’Hiroshima d’Obama"

"Le président américain sera le premier à visiter la ville japonaise dévastée par une bombe atomique"

Fin mai, Barack Obama deviendra le premier président américain à mettre les pieds à Hiroshima à la suite de l’explosion atomique d’août 1945.

L’objectif de cette visite hautement symbolique n’est pas d’éclairer sous un jour nouveau la décision très discutée d’avoir eu recours à l’arme nucléaire à la fin de la guerre. Selon la Maison-Blanche, il s’agit plutôt d’offrir « une vision tournée vers l’avenir ».  

L’explosion de la bombe d’Hiroshima le 6 août 1945, puis de celle de Nagasaki, trois jours plus tard, marquent le début de l’âge atomique, longue mise en concurrence de l’espace politique mondial grâce à cette arme restée jusqu’ici sans équivalent.

Larguée à 8 h 15 depuis le bombardier B-29 Enola Gay, la bombe larguée sur Hiroshima, baptisée Little Boy, constitue la première attaque nucléaire de l’histoire. On estime que l’explosion de la bombe sur Hiroshima a fait au moins 140 000 morts. Celle lancée sur Nagasaki, au moins 74 000 morts. Les années subséquentes, les radiations firent encore des milliers de victimes, sans parler du sort des survivants, brûlés, mutilés, intoxiqués, défigurés, véritables loques humaines qui souvent n’avaient plus pour espoir de délivrance de leurs maux que celui de mourir à leur tour.

Personne n’ignore le caractère particulièrement sensible que revêt cette première visite d’un président américain sur les lieux mêmes d’un pareil désastre.

L’âge atomique

En septembre 1945, William L. Laurence fut le premier journaliste scientifique américain à visiter les lieux. Il avait pour mission de rendre compte de l’état de ces deux villes soumises au souffle mortel de l’arme nucléaire. C’est à lui d’ailleurs qu’on doit l’expression « âge atomique ».  

Pour le compte du New York Times, Laurence expliqua que les effets de la radiation ne tuaient personne. Il obtint même un prix Pulitzer pour ce reportage en 1946.

En 2004, les journalistes Amy et David Goodman ont demandé que ce prix lui soit retiré parce que Laurence, montraient-ils, touchait un salaire du Département de la guerre des États-Unis en plus de son salaire de journaliste.

Pendant des années, la vérité sur les effets consécutifs à l’explosion atomique fut volontairement placée derrière un voile d’ignorance. À la suite de la capitulation du Japon, les forces militaires américaines imposèrent la prohibition des documents et des témoignages sur ce bombardement apocalyptique. De ce silence germa l’idée — aujourd’hui écrasée par les historiens — que ces bombardements terribles étaient nécessaires pour assurer la victoire militaire des Alliés.

Véritable démonstration de la puissance de cette arme nouvelle, l’explosion d’Hiroshima constitue le grand coup de départ d’une course à l’armement atomique qui va vite opposer les États-Unis à l’Union soviétique. Le jeu de force qui s’installe entre les puissances alignées sur ces deux blocs militaires marque profondément toutes les relations sociopolitiques de la seconde partie du XXe siècle. La peur de la bombe constitue la trame de fond de plusieurs ballets diplomatiques qui vont tenter de réduire ou d’interdire — selon les joueurs en cause — la fission de l’atome à des fins guerrières.

 Fort symbole  

Barack Obama avait fait de la dénucléarisation l’une des priorités de son mandat. En 2013, en compagnie de la chancelière allemande Angela Merkel, le président américain avait indiqué qu’il cherchait à réduire de plus d’un tiers les armes nucléaires. À cette fin, il souhaitait reprendre activement les pourparlers avec la Russie afin de sortir de postures pronucléaires héritées de la guerre froide.

En 2010, le traité START convenait à Prague de réduire de moitié le nombre de missiles nucléaires. Ce traité est d’une durée de dix ans.

La visite d’Obama sur les lieux où a explosé la première bombe atomique a valeur de fort symbole à la lumière de ses objectifs de réduction de l’arsenal atomique. Dès sa première année au pouvoir, M. Obama avait énoncé le souhait de se rendre à Hiroshima et à Nagasaki. « C’est quelque chose qui serait important pour moi », disait-il lors d’une visite au Japon à la fin de l’année 2009.

Mais le 44e président des États-Unis n’a pour autant jamais renoncé à la doctrine qui veut que la puissance américaine tienne en bonne partie à l’existence d’une force de dissuasion « forte et crédible », pour reprendre ses mots.  

Sous la présidence d’Obama, les États-Unis ont continué à soutenir le programme d’armement nucléaire. Selon un rapport du United States Government Accountability Office (GAO) daté de juillet 2015, Washington dépensera 298 milliards de dollars entre 2014 et 2024 pour entretenir et développer ses armes nucléaires.

Le président Obama se rendra à Hiroshima les 26 et 27 mai, à l’occasion du sommet des chefs d’État et de gouvernement du G7, qui se déroulera à Ise-Shima. Justin Trudeau est au nombre des chefs de gouvernement attendus alors au Japon.

Sans regret

Le président américain effectuera une visite d’Hiroshima en compagnie du premier ministre japonais, Shinzo Abe, « pour souligner son engagement en faveur de la paix et de la sécurité dans un monde sans armes nucléaires. » Le gouvernement japonais a indiqué qu’il s’agissait d’un geste et d’une décision importants. Cette visite au mémorial de la ville devrait être l’occasion « pour le Japon comme les États-Unis de rendre hommage à toutes les victimes ». La Maison-Blanche a déjà indiqué qu’elle n’avait pas l’intention de manifester des regrets.

« Les États-Unis seront éternellement fiers de nos dirigeants et des hommes et femmes qui ont servi dans les forces armées durant la Seconde Guerre mondiale », a indiqué Ben Rhodes, un proche conseiller du président américain, pour expliquer sa visite prochaine sur les lieux du drame.

Selon les fluctuations de la saison, les milliers de cerisiers de la ville d’Hiroshima seront sans doute en fleurs au moment de la visite de Barack Obama. À Hiroshima, le grand parc de Senko-ji compte 10 000 cerisiers qui dominent la ville. Au Japon, la floraison des cerisiers est l’un des symboles forts de la beauté éphémère du monde et de la fragilité de la vie.


Avec l'Agence France-Presse

 

 

fete-cerisiers-japon

 

oOo

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.