En attendant France-Irlande : ère Brunel an 1, acte 1

Fini l'ère Novès et son errance, le temps des B (Brunel, Bruno, Bonnaire) est arrivé

A la différence des ères géologiques, celle de la fédé durent invariablement 4 ans ou 2x4 ans. Novès inaugure une ère nouvelle, une sorte de demi-erre au terme de laquelle il erre. La Pleureuse, la fédé lui volait ses joueurs, les autres clubs trichaient, l'arbitre était mal intentionné, etc. a élargi la gamme de son chagrin : c'est un petit salarié mis du jour au lendemain à la porte par Laporte (hahaha) son méchant patron. Il est vrai que si c'est au mur que l'on juge le maçon, celui de Novès a bien piètre allure, lui, le plus couronné des entraineurs/manageurs, a fait pire que Lièvremont, dont la seule expérience tenait dans un club de Pro D2, Saint-André dévalant encore un peu plus la pente, sa voix sanglotante annonçait sans doute l'épisode chouinard de Novès, lequel on le savait déjà ne manque pas d'air après avoir manqué son ère.

Le plus beau est que le coupeur d'ère de la Fédé, maniant moins la faucille que le marteau, est le fossoyeur du rugby bleu, blanc, rouge, or, il prétend aujourd'hui en être le sauveur. S'il fallait à tout prix trouver un point de départ au lent, autant qu’inexorable déclin, on pourrait hésiter entre une demi-finale de coupe du monde perdue en 2003 pour cause de pluie et la lecture de la lettre de Guy Môquet. Quel que soit le choix, Laporte est toujours à la manoeuvre. Il l'est à nouveau en 2018, soit près de 20 ans après sa première prise de fonction comme entraineur des Bleuxv, par Brunel interposé.

L'homme ne manque pas de qualité, sa moustache, sa voix de fumeur et sa science du jeu ont tout pour plaire. Il semblerait qu'au management vertical et descendant de Novès il préfère un mouvement ascendant émaillé d'une certaine horizontalité. Le staff des 3 B (Brunel, Bonnaire, Bruno) a quelques cartes en mains, la présence d'Ellisalde n'a rien de rassurant, il faut dire que tous savent qu'il est au moins le 38ème choix.

Avant d'aiguiser les lames attendons donc, mais la gonfle hexagonale ayant mis plus de 10 ans à descendre, il lui en faudra au moins autant pour remonter en haut de la première division mondiale.

Du côté des joueurs, on attendait pas mal du retour de Parra tant cette équipe manque de leader. Le 5 de devant est homogène, la troisième ligne est peu complémentaire et manque de puissance, mais Lauret a le mérite de nous rappeler Dusautoir tant son art balle en main est en voie de l'égaler (en-avant, passes dégueulasses, etc.), la charnière est inédite, comme toujours depuis plus de 15 ans, la paire de centre est pas très d'attaque et plutôt défense, du coup ça compense avec une paire d'ailiers pas très défense mais plutôt d'attaque et enfin à l'arrière un tarnais.

Sans se risquer à un pronostic, sachant que les années paires sont les moins pires, la nouveauté  et l'envie retrouvée d'une équipe pratiquant un jeu brunelien, c'est-à-dire pragmatique avec les moyens (limités) du bord, les Bleuxv peuvent faire bonne figure dans ce Tournoi, à commencer par une courte victoire face à l'Irlande. L'impact d'une défaite en ouverture à domicile et dans ce contexte est si grave pour l'avenir des Bleuxv qu'on peine à imaginer une autre issue que la victoire.

La compo  : 15. Palis ; 14. Thomas, 12. Chavancy, 13. Lamerat, 11. Vakatawa ; 10. Jalibert, 9. Machenaud ; 7. Camara, 8. Gourdon, 6. Lauret ; 5.Vahaamahina , 4.Iturria ; 3. Slimani, 2. Guirado (cap), 1. Poirot.

Les remplaçants : 16. Pelissié, 17. Priso, 18. Gomez SA, 19. Gabrillagues, 20. Tauleigne, 21. Dupont, 22. Belleau, 23. Fal

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