Billet de blog 12 févr. 2018

Après Ecosse-France, ére Brunel, an 1, acte 2 : le blues des Bleuxv

A force d'être dans le dur, le XV de France est dans le ventre mou

Los Bandorllos
retraité
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La chronique du XV de France s'apparente de plus en plus à un paresseux copier/coller. Il suffit juste de changer le noms des adversaires, celui des dates et celui du score (le résultat, en est connu d'avance : la défaite), de reprendre des analyses vieilles de Laporte (saison 2), Lièvremont et consorts, pour s’approprier une expertise aussi précise que le coup de pied de Laidlaw.

Ceux qui osaient l'évidence d'un changement de staff ne changeant rien à l'affaire sont confortés, tous peuvent s'accorder sur un point : le mal est profond.

Profond au point qu'on reproduit l'éternelle erreur de s'enflammer pour un joueur ayant fait 2 ou 3 tchik-tchak en une dizaine de match de Top 14 (aujourd'hui Jalibert, hier Dupont, avant-hier, Plisson etc.).

Profond au point que des joueurs éloignés du niveau international peuplent les diverses équipes (aujourd'hui Ithurria, Taulègne, Palis, hier Dulin, Dumoulin, Tallès...).

Profond au point que des joueurs pourtant prometteurs stagnent (aujourd'hui Slimani, Gourdon, Lamerat, Vakatawa, hier Domingo, Flanquart, Fickou, Mermoz...), quand ils ne disparaissent pas tout simplement des écrans.

Profond au point que l'espoir renait après une courte victoire (en 2016 l'Irlande) ou après une courte défaite (encore l'Irlande en 2018) ou chaque fois jamais pour très longtemps) où les Bleuxv mettent du coeur à l'ouvrage (en gros contre les anglais et à chaque changement d'entraineur).

Profond parce que Tournoi, le bilan sportif est quasiment le même : devant l'Italie et (de moins en moins) l'Ecosse, et les bonnes années une victoire contre une des trois nations (Angleterre, Irlande, Pays de Galles), bref les Bleuxv à force d'être dans le dur se retrouvent dans le ventre mou des 6 nations.

Profond parce qu' il faut se faire à cette idée jusqu'à plus soif : 10 ans pour descendre : 10 ans pour remonter.

Aussi plutôt que de ressasser les maux bleuxv regardons nos voisins (italien mis à part) : pour cette conclusion sans appel, le XV de France n'est pas une équipe de rugby !

D'abord, ce qui frappe toutes équipes confondues avec des degrés variables (très élevé chez les Beefs et les irlandais, moins chez les gallois, mais plus que les Pictes)  c'est la stabilité  des compositions. Le constat est naturel, le nombre de joueurs ayant le niveau international est par définition limité, il n'y a qu'en France où on trouve normal de passer en revue 80 types. La stabilité favorise l'émergence de leader, améliore le collectif, le vécu commun, l'identité collective etc.

Lorsque notre meilleur ennemi se fait sortir de sa Coupe du monde at home en 2015, notre joli rugby Ovale se gausse en oubliant que la France ne serait pas non plus sortie de cette poule (Australie, Pays de Galles), mais l'essentiel n'est pas là, il est dans la grande stabilité et confiance accordée à cette équipe hier vilipendée, aujourd'hui célébrée et formée à peu de choses près des mêmes joueurs, avec le même capitaine, le même style de jeu (rappelons qu'en 2007 après la défaite du match d'ouverture Laporte avait coupé les têtes avec le résultat que l'on sait...). Cette même équipe qui domine le rugby européen est celle au fond du seau il y a 2 ans et demi. Pour faire court et simple, nos adversaires ont des certitudes quand nous sommes habités par doute.

Ensuite, ce qui frappe chez nos adversaires c'est précisément cette confiance qui s'acquiert sur le temps long. Pour s'en tenir à ce Tournoi, vite menée contre les beefs les gallois sont restés unis, pour peu à peu revenir et être près de la victoire avec un peu plus de réussite et moins de maladresse. Menés les écossais ont continué à jouer, sans douter pour finir par logiquement gagner dimanche dernier, menés à la dernière minute, les irlandais ont construit cette extraordinaire séquence amenant au drop de Sexton. Nous ? On s'extasie devant trois essais en deux matchs reposant sur un mélange de chance et d'exploit personnel, mais en tout état de cause, rien de construit. Chaque fois, les mêmes ressorts, nos adversaires réagissent en équipe, collectivement ne cédant pas devant la précipitation.

Enfin, ce qui frappe chez nos adversaires c'est la large palette de jeu qu'ils possèdent (avec des degrés variables là aussi) quand la France ne sait que défendre, les autres défendent au moins aussi bien (tout en faisant moins de fautes), attaquent bien mieux, disposent de buteur quasiment infaillibles, et nous dominent même sur notre traditionnel point fort la mêlée (face à l'Irlande et l'Ecosse). Bref, nous ne leur sommes en rien supérieurs, ni même égaux, et il y a quelques dangers (révélant la grande pauvreté dans laquelle la France ovale est tombée) à célébrer le nombre élevé de placage quand il ne signifie jamais que l'absence de possession.

Cette situation tranchée entre eux et nous à une origine simplissime : eux ont fait le choix du rugby national avec (excepté les Beefs) des effectifs de licenciés limités quand en France on a fait celui des clubs avec un gros réservoir de licenciés. Le problème aujourd'hui est le suivant, il est tout aussi clair que c'est la vitrine du XV de France qui nourrit le réservoir des clubs, pas un Top 14 survitaminés pas des joueurs étrangers.

Quoi qu'il en soit, tout en bas de la Pro D 2 européenne, l'amateur de gonfle bleu, blanc, rouge doit se satisfaire de peu et pour longtemps...

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