Manquent moins les métaphores à base de noir/Black que l'aversion pour la répétition

De défaite en défaite, rugby où est ton sens de la fête ?

Et une de plus; de défaites en défaites, notre rugby a perdu son sens de la fête.

Dissipons pour commencer l'analyse attrape-couillon : "on a pu rivaliser avec les Blacks en seconde mi-temps ; on s'est réveillé etc.".

En réalité le profil est comparable au précédent match, on l’appellera le jeu du chat et de la souris, une fois que le chat noir a tué la souris tricolore, elle bouge non parce qu'elle est vivante mais en raison de secousses post-mortem.

Bref, en moins d'une mi-temps à 31 - 5, les Blacks ayant irrémédiablement posé leurs mains (pattes) sur le match ont géré,  le XV de France ne s'est pas réveillé, les Blacks se sont endormis, ont fait tourner, mis quelques cadres au repos...

Si ce n'était un arbitrage doublement généreux en ne sanctionnant pas comme il se devait la faute de T. Thomas dans l'en-but, et en accordant un essai de pénalité pas très évident, la correction eut été plus sévère.

Il reste que durant cette second mi-temps dite de la révolte, les Bleuxv n'ont pas mis le moindre essai et en ont encaissé un dans les ultimes minutes. C'est dire l'intensité de la révolte...

Maintenant que même les moins avertis ont fini par comprendre (classement IRB aidant) que nous étions en D2 mondiale, que faudra-t-il  pour qu'ils comprennent que c'est vers le bas que le XV de France glisse irrésistiblement ? Une défaite contre le Japon, une place juste devant l'Italie lors du prochain Tournoi ?

Bien sûr il y a des satisfactions (petites) Dupont a brillé et Ducuing est paru solide. Mais c'est tout, Picamoles a définitivement apporté la preuve qu'il est un petit joueur de Grands Matchs, après avoir longtemps trompé son monde comme grand joueur de Petits Matchs, Guirado était émoussé, Vahaamahina n'a pas eu le rendement que l'on attend de lui, Bastareaud a failli franchir, Huget était où ?

Bref, les anciens, les cadres n'ont pas montré la voie, quand les nouveaux n'avaient pas le coffre pour porter le flambeau.

Novès ou pas Novès, cela ne changera rien. Et à supposer que les problèmes soient identifiés et la volonté de les traiter réelle il faudra dix ans pour notre rugby retrouve de son éclat, le mal est ancien et remonte au milieu des années 2000 avec l'apparition d'une logique entrepreneuriale au sein du Top 14 fondée sur le rugby comme générant de la valeur combinée avec la survivance du rugby de papa fédéral où l'on se sert des valeurs du rugby plus qu'on ne les sert.

On a conservé le pire du passé du monde amateur et plongé dans le pire du monde professionnel incarnant l'avenir.

Au final, l'amateur de gonfle est cocu, 9 fois sur 10 il s'emmerde devant un match de Top 14 et presque toujours devant ceux de l'équipe de France.

Usque tandem ?

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