France Dry-Canada : au-delà des apparences

Ce France-Canada de jeudi s'annonce comme une sorte de France-Roumanie joué en chemises à carreaux. Peut-être  y aura-t-il un peu moins de déchets, mais rien n'est moins sûr. Si j'étais Nicollin, j'attendrais un peu avant de ranger les camions...

Ce France-Canada de jeudi s'annonce comme une sorte de France-Roumanie joué en chemises à carreaux. Peut-être  y aura-t-il un peu moins de déchets, mais rien n'est moins sûr. Si j'étais Nicollin, j'attendrais un peu avant de ranger les camions...

En revanche, une chose est certaine : les Bleuxv, ça ressemble à une équipe de rugby, c’est gaulé comme une équipe de rugby… mais ce n’est pas une équipe de rugby. La France Dry en somme. Aucune cohésion, aucune cohérence, aucune continuité dans le jeu, au bout de trois passes la gonfle a le goût de l'herbe en bouche, rien qui ne ressemble de près et de loin à une équipe de rugby.

Sans compter que de l'Ovale sans humilité n'est pas vraiment de l'Ovale. Or, nos Bleuxv sont très heureux du parcours réalisé (battre l'Italie et la Roumanie, mâtin quelles équipes...) même si comme ils se plaisent à le dire et à la répéter "tout n'est pas parfait", et de chouiner de ne pas être suffisamment soutenus. On les invite à regarder derrière pour mieux comprendre notre pudique retenue : pas mieux qu'une troisième place dans le Tournoi depuis 2011, des défaites à la pelle, une bouillie de rugby et deux matchs en Coupe du monde plus brouillon qu'un discours de Sophie Marceau. Pour être aimés, commencés à être admirés et pour cela, sans même faire rêver, le minimum c'est de jouer avant la 73ème minutes !

Mon polyglottisme très relatif ne me permet pas de savoir si les autres équipes chouinent pareillement sur leur isolement, leur hébergement et plus largement sur leurs conditions de vie, mais c'est récurrent en Coupe du monde. Même en 2007, notre cimetière à poulet national, Marconnet se plaignait de Marcoussis (Marcaltraz) alors que les Bleuxv évoluaient à la maison dans des installations flambants neuves. Que devaient dire les Argentins, Boks, Blacks et autres iliens à des milliers de kilomètres de leur chez eux...

Toutes ces lamentations tricolores ne dénotent pas un état d'esprit très rugby, comment ensuite le pratiquer en véritable équipe ?

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