Médiapart et l'idée d'un Conseil de presse

François Bonnet (rédacteur en chef de Médiapart), interviewé par Philippe Allienne (sur le site du Club de la presse du Nord-Pas-de-Calais), explique pourquoi Médiapart a quitté les Etats généraux de la presse. Et répond à une question sur l'opportunité d'un futur Conseil de presse :

 


P.A. : Des journalistes réfléchissent actuellement à l'élaboration de conseils de presse et à nos responsabilités vis à vis des citoyens. Quelle est votre position à cet égard ?

 


F. B. : C'est vrai. L'idée d'un conseil de presse a notamment été lancée publiquement lors des premières assises internationales du journalisme, l'an dernier à Lille. Je pense que les chartes de journalistes qui existent sont suffisantes. Elles nous renvoient à nos règles déontologiques. De la même façon, la loi de 1881 est essentielle. Il ne faut surtout pas y toucher. Il n'y a pas besoin d'alourdir le cadre réglementaire. C'est la responsabilité de chaque journaliste de rétablir le contact avec ses lecteurs. Que l'on multiplie les lieux de rencontre et de débat entre les journalistes et les lecteurs, c'est une bonne chose. En revanche, je ne suis pas favorable à une nouvelle réglementation, ou à l'élaboration d'un cahier des charges supplémentaire. Il y a suffisamment de contraintes comme cela.

 

>> Mon commentaire :Les contraintes extérieures sont effectivement fortes sur les journalistes, mais les contraintes intérieures (exigence de qualité, d'exactitude, de précision, de rectification, de souci de la diversité des opinions, etc.) non seulement sont très faibles mais en outre nulle part régulées. Et c'est cet aspect de notre travail que le public nous reproche le plus (avec notre connivence avec les pouvoirs). Ce point capital n'entre malheureusement pas dans les prirorités de nombre de confrères, dont F. Bonnet. Ceci concourt à plomber notre crédibilité auprès de nos publics.

 

J'étais ce mardi 16 décembre à la tribune (voir ci-dessous) aux côtés d'Edwy Plenel. Il a exprimé qu'il était, lui, "pour" un Conseil de presse mais que ce n'était pas sa priorité du moment, que nous n'avons pas pris conscience - avec le projet de notre association de préfiguration d'un Conseil de presse (APCP) - de la gravité de la situation, que la France n'a pas (contrairement à d'autres pays démocratiques où les conseils de presse peuvent fonctionner), une pratique suffisante du débat démocratique...


Des Etats généraux de la presse écrite : pour qui et pour quelle information ?
Un débat public proposé par le Club de la presse Nord - Pas de Calais à l'Ecole supérieure de Journalisme (Lille)

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