Médias en crise, parlant de la crise

Parler de la crise des autres, c’est facile. Informer leur public sur la crise qu’ils vivent eux-même revient souvent à demander l’impossible aux patrons des médias.

“le Nouvel Obs et Challenges vivent la période la plus difficile de leur existence. Nous sommes entre deux charettes, pour ma part, je n’ai jamais rien vécu d’aussi dur, tant humainement qu’économiquement”, nous confiait récemment le Dg d’une grande rédaction parisienne “en crise”…

“La crise est partout, y compris et de façon très forte dans la presse. Je ne reviendrai pas sur d’hypothétiques solutions miracles, des tas de gens très intelligents planchent déjà dessus et ne trouvent pas grand chose… Cela n’empêche certains journaux de réfléchir à leur adaptation au monde numérique et à tenter des expériences qu’on leur souhaite concluantes, si possible bien loin de la polémique “forçats de l’info” initiée par Le Monde et dont on n’a pas fini d’entendre parler (une simple requête sur Google donne une idée de l’ampleur de la querelle !).”

Voilà l’amorce du point de vue sur la crise dans les médias, propos récent de l’éditorialiste de “Territorial.fr“, site web dédié à l’actualité des professionnels des collectivités territoriales.

La chronique des Etats généraux de la presse sur le web a montré courant 2008 et 2009 à quel point les cordonniers sont plus mal chaussés : “Il faut donc s’interroger, encore et toujours, sur les liens entre les grands groupes de presse et les pouvoirs, sur la responsabilité personnelle des journalistes (autocensure, etc), sur la course à l’info qui empêche de prendre du recul et sur une certaine précarité du métier qui ne crée pas les meilleures conditions d’un travail honnête”, écrit Florent Pommier sur une édition participative de Mediapart.fr (ici).

La question n’est plus de savoir si la crise de la presse aura une fin, mais si la presse pourrait survivre à l’absence de crise, car celle-ci nourrit une vraie curiosité des différents publics pour la toile considérée comme une sorte de sauvegarde de l’information entre deux ères, celle de Gutenberg et celle du tout multimédia.

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