Scènes de vie à l'ombre du Mur de Berlin. 3e partie : Le mur est tombé

 

Le mur se fendille

 

Le mur de Berlin n’a pasexplosé : il a implosé. La politique de Gorbatchev en URSS amène uneréflexion dans les populations des pays de l’Est. L’étau soviétique semblant sedesserrer, elles en profitent. A la télévision, les Berlinois découvrent desimages inhabituelles.

 

A l’époque des vacancesd’été, on leur montre des gens, hommes femmes et enfants mélangés, qui sepressent à l’intérieur d’ambassades de la RFA. En effet, de nombreux vacanciersde RDA, partis en principe pour les hôtels des syndicats situés sur la MerNoire, à l’intérieur du paradis des prolétaires, ont profité de ce qu’ilsn’étaient pas en RDA pour serendre dans une ambassade de la République fédérale, notamment à Budapest et àPrague, et pour s’y installer en disant qu’ils n’étaient pas disposés à enressortir si ce n’est pour se rendre en RFA, dans le monde libre.

Les vacanciers en questiontentent le tout pour le tout pour contourner le mur. A force de discussionsentre le gouvernement d’Allemagne fédérale et les autorités tchèques ethongroises, dont les pays sont limitrophes de la RFA pour la Tchécoslovaquie,et de l’Autriche pour les deux, les diplomates arrivent à organiser le passaged’un train humanitaire qui transporte les vacanciers réfugiés en Allemagne del’Ouest. Ce passage a lieu en dehors de toute participation des autorités de RDA.

C’est la première fois qu’ungroupe de plusieurs centaines d’Allemands de l’Est arrive à franchir le mur enle contournant.

 

D’autres images vont montreraux Berlinois des formes différentes d’action nécessitant la participation demilliers de participants. Le 4 septembre 1989, des caméras des télévisions del’Ouest, venues officiellement pour un autre événement et qui avaient le droitde tourner dans toute la ville de Leipzig, se sont massées devant la sortie dutemple protestant dédié à Nicolas (Nikolaikirche) pour filmer la sortie desfidèles. Tous les lundis ont lieu des offices pour la paix, et le nombre desparticipants augmente de semaine en semaine. Ce jour-là, des centaines defidèles se massent sur le parvis en criant divers slogans qui feront florèsplus tard : « Autorisez le Nouveau Forum » pour pousser lepouvoir à admettre un parti d’opposition, « Nous resterons ici » pourmontrer leur détermination à ne pas se laisser disperser, « Liberté,Egalité, Fraternité », où l’accent est mis sur le premier terme,« Gorbi, Gorbi ! » pour se référer à un responsable soviétique,« Liberté pour les incarcérés » pour demander la libération desprisonniers politiques, et le désormais célèbre « Nous sommes lePeuple ».

De lundi en lundi, lestroupes de la paix enflent, à tel point que les autorités déplacent des unitésde parachutistes pour empêcher les démonstrations de masse. Mais contrairementau 17 juin 1953, où les Soviétiques avaient soutenu avec leurs blindés lesautorités d’Allemagne de l’Est, cette fois-ci, le grand frère soviétique estaux abonnés absents, si bien que le pouvoir va devoir reculer.

Les Allemands de l’Est, parleur calme et paisible détermination, ont ainsi donné le coup de grâce à unrégime autoritaire, anti-démocratique et sanguinaire, dont il ne pourrait passe relever.

 

Helmut Kohl et l’unification

 

Helmut Kohl ne savait pasplus qu’un autre que le mur allait s’écrouler, mais en tant qu’homme politique,historien de formation, il a su saisir sa chance et œuvrer à l’unification desdeux Allemagnes.

Dès la chute du mur, le 28novembre 1989, il proposa au Bundestag un « programme en 10 pointspour mettre fin à la division de l’Allemagne et de l’Europe ». Dès le18 mai 1990 était signé le traité créant une union monétaire, économique etsociale avec la RDA. Contre l’avis du Président du Bundestag, Otto Pöhl, ilavait proposé un taux de change de 1 pour 1 entre le mark Ouest et le mark Esten ce qui concernait les salaires, les loyers et les retraites, une décisionqui mit les entreprises nouvellement fondées à l’Est devant d’énormesdifficultés. Enfin, il réussit à négocier avec les 4 forces d’occupation dansle traité « deux plus quatre » la réunification des deux Allemagneset le retrait des troupes d’occupation.

 

Ceci lui donna un deuxièmesouffle politique et permit, grâce aux voix des Allemands de l’Est, saréélection le 17 janvier 1991. Il devint ainsi le premier chancelier del’Allemagne unifiée.

 

 

Les dépouilles de l’armée populaire de RDA et de l’arméerouge vendues à la sauvette

 

Une fois le mur tombé, ildevient de plus en plus intéressant de se promener entre le Reichstag et laporte de Brandebourg. En effet, des soldats soviétiques, mais aussi des membresde l’armée populaire de la RDA, se sont installés avec des tables à tapisser,sur lesquelles ils ont étalé une panoplie complète du parfait petit soldat del’Est : des toques de fourrure ornées d’un insigne (faucille et marteausoviétiques ou marteau et compas est-allemands), des uniformes complets, desjumelles de toutes tailles avec ou sans étui, des boussoles, des montres desous-mariniers, des bottes en cuir, des poignards. D’aucun disent même, mais jen’ai pas eu l’occasion de le voir, qu’on aurait pu acheter des armes danscertaines arrières cours : des pistolets, des fusils, voire deskalachnikovs et même des véhicules. Les soldats comptaient ainsi arrondir leurmaigre solde en bradant, à la sauvette, tout ce qui pouvait être monnayable.Evidemment, on pouvait se demander comment ils pouvaient, sans être inquiétés,détourner tout ce matériel des dépôts où il se trouvait.

 

D’autres personnes venues del’Est se livraient à un autre trafic : des vendeurs vietnamiens decigarettes de contrebande. A la sortie du métro, un vendeur sortait unecartouche d’un chiffon et la proposait aux gens qui sortaient ou entraient. Siquelqu’un acceptait l’achat, le vendeur se saisissait de l’argent, le refilaità un de ses acolytes qui lui donnait aussitôt une nouvelle cartouche etretournait faire le guet à quelques mètres de là. Un troisième Vietnamienvenait à son tour prendre l’argent et assurait la navette entre une cache etles vendeurs.

 

Sur le Kurfürstendamm, lagrande artère de Berlin Ouest, des joueurs de bonneteau venus de l’Estproposaient des jeux à la sauvette. Tandis que plusieurs d’entre eux montaientla garde aux croisements les plus proches, ce jeu d’escroquerie pure étantinterdit, le spécialiste armé de trois tiroirs de boîtes d’allumettes petitformat renversés et d’un petit caillou invite les gogos à jouer. La mise à prixest de 100 DM (50 euros), le gain du double. Il fait d’abord un galop d’essai,pour montrer à sa future victime qu’il n’est pas si difficile de trouver lecaillou qu’il déplace sans trop de hâte d’un tiroir à l’autre. Evidemment,lorsqu’il arrête de bouger, le gogo désigne le bon tiroir.

Ensuite a lieu la partieproprement dite. Cette fois, le caillou est déplacé beaucoup plus vite. Maislorsque le gogo désigne le tiroir où il pense que se cache le caillou, l’escrocle retourne, et il n’y a naturellement rien. Evidemment, on ne montre pas où ilse trouvait. On se contente d’encaisser le billet et de faire disparaître tousles tiroirs.

Quelquefois, le gogo a du malà faire le deuil de ses 100 DM. Alors, il se plaint, mais l’escroc répond parun geste de la main qui semble vouloir dire : « Va te fairevoir ! »

Mais si la victime devientagressive et prend le tricheur par le col, les complices du tricheurinterviennent aussitôt, et du poing ou par la menace d’un couteau à crand’arrêt le mettent en fuite.

Parfois intervient unpolicier. Dans ce cas, le tricheur et ses complices prennent leurs jambes àleur cou.

 

Il y a sans doute eu d’autrestrafics, mais ils ne se sont pas étalés au vu et au su de tous.

 

 

Devenir Allemand de l’Ouest quand on est de l’Est

 

Ça y est, le mur est tombé.On le croyait solide, mais on a réussi à le démolir.

Et dire que des gens ontrisqué leur liberté, et même leur vie, pour le franchir, d'est en ouest. Selonle Musée situé au Check point Charlie, 1065 personnes auraient trouvé la morten essayant de franchir le mur ou la ligne de démarcation. Certaines autres ontréussi en creusant un tunnel, en nageant sous l’eau, voire même en Montgolfière.

 

Mais tout cela est du passé. L’Estet l’Ouest sont désormais unis. On aurait pu penser que les deux Etats allemandsformeraient une fédération, le temps de s’habituer à vivre ensemble. Lesfaibles salaires de l’Est auraient permis de faire de l’ancienne RDA, desnouveaux Länder, comme on dit poliment, un pays où l’on pourrait délocaliserfacilement du travail.

Eh bien non ! Les Ossis (ceux de l’Est : Ost = Est) ne veulent pas moins gagner que les Wessis (ceux de l’Ouest : West =Ouest). Mais comme il est vite clair que l’argent vient de l’Ouest, et qu’ildoit être investi pour la plus grande part à l’Est, qui est exsangue et setrouve dans un état proche de celui de la fin de la guerre, ce sont les payeursqui décident. Les deux pays ne sont pas du tout équivalents de par leurimportance. L’un est la 4e puissance, le 1er exportateur,le plus grand pays industriel du monde. Il faut chercher plus loin dans lesprofondeurs du classement pour trouver l’autre, qui n’est en fait connu que parses résultats sportifs et par ses talents dans le dopage élevé en système. L’una 62 millions d’habitants, l’autre seulement 17. L’un est à la pointe duprogrès, l’autre au niveau des années cinquante. Le poids du premier va donclogiquement écraser le second.

 

D’abord, le pays ne s’appellepas officiellement « Allemagne » mais « République fédérale d’Allemagne »,qui est le nom de l’Allemagne de l’Ouest. La monnaie est le Mark de l’Ouest, leDM, la constitution et les lois, le système politique sont ceux de l’Ouest. Laseule chose qui soit restée de l’Est concerne le Code de la route : laflèche verte sur fond noir indiquant à un feu rouge que l’on peut tourner àdroite si aucun véhicule n’arrive sur la rue que l’on croise.

 

Les Wessis se voient imposer un impôt de solidarité avec l’Est, lessalaires vont être peu à peu harmonisés, les retraités de l’Est, qui ont cotisédes sommes ridiculement basses reçoivent une retraite au niveau de l’Ouest.Mais il existe une différence de près de 10 % entre les salaires desfonctionnaires de l’Ouest et ceux de leurs homologues de même catégorie del’Est.

L’argent est affecté enpriorité à la reconstruction. La cathédrale de Dresde, en piteux état, estreconstruite, ainsi que le « Senter-Oper ».Les autoroutes, les routes, les voies ferrées sont refaites, le cœur des villesest restauré.

Je me suis moi-même rendu en90 à Greifswald, une petite ville universitaire au nord de Berlin, pour yapporter des logiciels d’apprentissage du français faits maison à meshomologues de l’université. Les bâtiments étaient situés en centre-ville.Quelle ne fut pas ma surprise d’y découvrir des maisons bombardées pendant la DeuxièmeGuerre mondiale, et qui n’avaient nullement été reconstruites . Lesautorités s’étaient contentées de construire des cités pour loger lestravailleurs en dehors de la ville, mais s’étaient bien gardées de fairereconstruire le centre-ville, cela revenant trop cher. On a préféré fermer lesyeux pendant 45 ans sur toutes les destructions. On m’a d’ailleurs raconté à cepropos que les ouvriers du bâtiment avaient très souvent été envoyés en missionà Berlin-Est, la vitrine du pays pour les étrangers comme pour lesressortissants de l’Allemagne de l’Est, mais qu’ils avaient beaucoup moinstravaillé dans leurs régions d’origine.

 

Certains, que la situationactuelle n’enchante guère, voudraient reconstruire le mur. À l’Ouest, certainsdisent que l’Est coûte cher. Ils trouvent aussi que la criminalité a bienaugmenté depuis la chute du mur. A l’Est, on déplore la destruction de nombreuxemplois, la fin de la solidarité entre les gens.

Évidemment, tout n’est paspositif, dans la chute du mur. Mais ceux de l’Est sont-ils prêts à renoncer àla démocratie, à leur liberté de circuler, celle de donner leur avis, à leurbien-être actuel ? Et ceux de l’Ouest ont-ils du mal à comprendre queleurs frères de l’Est ont, après tout, les mêmes droits qu’eux , et qu’iln’y a pas de raison pour qu’ils continuent à vivoter et à se serrer laceinture ?

Bien sûr, des sommesastronomiques, acquises grâce au travail et au savoir-faire de l’Ouest sontpassées à l’Est, alors que l’Ouest avait encore des besoins, d’où un certainmalaise.

 

Cela a été très net à Berlin,le seul Land constitué d’une partie anciennement Ouest et d’une autreanciennement Est. L’argent du Land prévu dans le budget des écoles, lycées etuniversités de l’Ouest a été « siphonné » vers l’Est. Ainsi, lesuniversités sous-équipées ont-elles été amenées à la pointe du progrès, tandisque celles de l’Ouest marquaient le pas.

Un autre problème a été lecôté humain. Nous étions, dans notre institut de la FU (freie Universität : Université libre, parce qu’à l’Ouest), unetrentaine de professeurs pour enseigner les langues étrangères aux étudiants etfuturs professeurs spécialistes de cette langue, mais aussi aux étudiantsd’autres matières (droit, économie, chimie, physique, mathématiques, musiqueetc.) qui apprenaient ces mêmes langues soit pour passer des examens, soit pourpréparer des études à l’étranger, en général dans le cadre du programme ERASMUS.L’institut correspondant de l’Université Humboldt, qui avait moins de tâches àassurer que le nôtre, puisqu’il n’assurait pas la formation des étudiantsspécialistes en langues, comptait plus de 120 enseignants.

Il a donc été assez viteclair que tous ne pourraient pas être repris.

Mais la plus grande disparitévenait de la façon de vivre et de travailler ensemble. Les Ossis étaient dans l’ensemble très sociables, très solidaires,habitués à travailler ensemble et à se soutenir dans un milieu peu performantet sujet à de nombreuses défaillances. Il existait beaucoup de lieux dediscussion : au travail, mais aussi dans les logements. Les citésd’habitation avaient un conseil constitué de représentants des habitants quigéraient le fonctionnement de ces cités. Il y avait donc discussion et critiquedans le travail et la vie en commun. En revanche, on était espionné, et iln’était pas question de critiquer trop ouvertement le régime.

Lorsque j’ai fait laconnaissance de mes collègues de la Humboldt puis de Potsdam, je suis tombédans les deux cas sur un groupe de gens chaleureux. Je leur ai proposé de leurdonner un cours d’initiation au traitement de texte, puis à l’utilisationd’internet dans l’enseignement des langues, chaque cours comportant 6 h parjour pendant une semaine pendant les vacances. Le tout gratuit, et en plus demon travail.

Chaque jour, quelqu’un aapporté du café et des biscuits pour soutenir le moral des troupes, et ledernier jour, on m’a offert un disque de mon compositeur favori. Cela m’achangé de cours du même genre offert à des occidentaux de tout poil, parmilesquels des Allemands de l’Ouest et des Français, dont le seul signe dereconnaissance a été un « merci » dit du bout des lèvres.

 

Le problème principal posé àces Ossis lâchés dans le mondecapitaliste était leur naïveté et leur habitude de la pénurie. Tous avaient deséconomies. Du fait qu’il y avait peu de choses à acheter, ils ne connaissaientpas la fièvre acheteuse. Beaucoup ont donc eu l’idée d’acquérir une voitured’occasion. Ils étaient habitués à la fameuse Trabant, voiture à carrosserieplastique et au moteur à deux temps, qui fonctionnait avec un mélange d’essenceet d’huile, comme un hors-bord, ce qui remplissait l’air d’une odeur huileuseécœurante. La durée d’attente pour avoir une Trabant neuve était de 7 ans. Onla commandait et on payait un acompte, mais on ne vous la livrait que 7 ansplus tard. La Trabant d’occasion, que l’on pouvait avoir tout de suite, était àl’Argus plus chère que la neuve, qu’il fallait attendre. Après la chute du mur,toutes sortes de voitures d’occasion ont été vendues, quels que soient lekilométrage, l’âge ou l’état à des prix fortement exagérés à des gens qui nedemandaient qu’à croire ce qu’on leur racontait.

La façon de travailler àl’Ouest a été aussi une source de surprise. Un contremaître de mesconnaissances, qui œuvrait dans une fabrique de meubles, m’a raconté qu’ilavait travaillé avec une équipe d’ Ossistrès sympathiques. Le matin, il leur avait montré où se trouvaient les planchesà utiliser, leur avait donné le plan des divers meubles et leur avait dit decommencer. Mais au lieu de travailler régulièrement, sans trop de hâte, maissans traîner tout de même, ils se sont mis à travailler d’arrache-pied. Lorsquele tas de planches eut disparu, ils dirent au contremaître : « On afini, il n’y a plus de planches. Alors, on rentre à la maison », celui-cia dû les freiner et les détromper en leur montrant qu’un camion venaitd’arriver avec un chargement de nouvelles planches. Ils travaillaient à fluxtendu, pour économiser le coût d’un entrepôt, si bien qu’il y avait toujours dequoi travailler. Les ouvriers est-allemands travaillaient selon le principe du« fini, parti », et ils devaient attendre l’arrivée de nouvellesplanches, ce qui pouvait prendre plusieurs jours, avant de se remettre autravail.

 

Ces différencesd’appréciation de la réalité ne facilitaient pas les choses. Lors des premièresélections, les électeurs de l’Est ont permis la victoire de la CDU/CSU et doncla réélection du chancelier Kohl. Celui-ci avait fait des promesses difficilesà tenir. En particulier, l’unification ne devait rien coûter, puisque c’étaientles entreprises qui allaient tout financer. Tout le monde aurait du travail, etserait payé comme à l’Ouest.

La réalité fut tout autre. Eneffet, les usines de l’Est, à bout de souffle, fermèrent les unes après lesautres, détruisant les emplois qui y étaient liés. Aujourd’hui, encore, il y aune différence entre les salaires de l’Ouest et ceux de l’Est.

Déçus, les Ossis ont porté en grand nombre leursuffrage vers le parti PDS, lesuccesseur du SED qui les avaitenfermés, espionnés, manipulés, etqui n’avait pas hésité à faire tirer sur ceux d’entre eux qui voulaient s’enaller. La seule explication était qu’ils avaient le sentiment que seul ceparti, issu de leur passé et de leurs rangs, était capable de les comprendre.

 

Ainsi, ce n’était pas sifacile de se comprendre et de s’intégrer, et le chemin serait encore longjusqu’à la disparition des différences. Ce n’est qu’une question de temps. Il y a quand même unepetite consolation : la chancelière, la personne la plus puissanted’Allemagne, est certes née à l’Ouest, mais elle a été formée et elle a débutésa carrière à l’Est. Ainsi, comme chaque noir d’Amérique peut se dire que, commeObama, il peut atteindre le sommet, l’Osside base peut à juste titre penser que, comme Angela Merkel, il pourragravir tous les échelons qui séparent la base de la chancellerie.

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