c'est profond, quand...

C'est  profond, quand ...on continue de creuser, ou quand on continue de tomber. Si l'on se promène en surface, ou si l'on flotte, la profondeur ne se manifeste que masquée. Creuser, c'est se donner la peine de remuer , de déplacer, parfois beaucoup, parfois du très lourd. Pour ça, on invente des outils, puis des engins, de plus en plus puissants, quand on en a marre de se casser les ongles pour rien. Les outils les plus puissants sont parfois de pensée , mais qui ne peuvenr se dispenser de l'aide d'outils plus matériels.  Un mathématicien n'est pas grand'chose, sans sa craie et son tableau ; in géologue, sans scrapers, pelles, puis grattoirs, et enfin les doigts...

Creuser, c'est découvrir qu'à partir de..."ça change". Ou bien, que de l'ancien est caché sous du plus nouveau, lui-même recouvert par de l'actuel. Qui creuse devient malgré lui historien. malgré lui "découvreur". Creuser, c'est s'évader de l'éternel présent, par l'action. Mais lorsqu'on tombe, on n'a pas le temps de s'occuper d'autre chose que de la chute, et de l'éventuelle arrivée, peut-être catastrophique.. Il arrive qu'on croyait tomber, et qu'on finisse par s'apercevoir que ça n'en finit plus, qu'on "flotte". Alors, on peutt creuser dans sa tête, se demander "comment ça se fait" qu'on n'en finisse pas de tomber, sans jamais arriver nulle part.

C'est de plus en plus gros ...quand on entasse, quand on bâtit. C'est le contraire de creuser. Ce n'est pas découvrir, c'est vouloir, c'est projeter. Mais, pour cela, il faut une base qui ne cède pas, des matériaux qu'il a bien fallu prendre ailleurs., une idée qui a pris forme dans la pensée, avant de reproduire cette forme devant les yeuix. Et, quand ça devient trop gros, ça s'écroule. Les matériaux ne vont pas bien loin, mais la forme a disparu.

La forme, justement.. le sculpteur peut la "découvrir" à partir d'un bloc brut, "creusé" où il le faut pour que cette forme rêvée apparaisse... Il peut, aussi, prendre, non plus un bloc, mais un tas de matière molle et malléable, et lui imposer la forme, en déformant le tas...ou en ajoutant boulette après boulette, en enroulant boudin après boudin...Le sculpteur est découvreur ou constructeur , et la forme qu'il a imaginée ne prend "corps" qu'avec matière, outils et tchniques. Nous voici revenus au mathématicien...

Matriochkas et Vache qui rit en abyme deux tromperies amusantes , qui prétendent maintenir une forme, en dépit des dimensions. On découvre vite qu'il y a des limites, que trop petit on n'a plus d'outils adaptés,ou d'yeux assez précis ; que trop gros "ça ne tient plus debout". On devient relativiste. On apprend les "ça dépend" ..d'autre chose que de mon imagination, ou de mon projet .

Rien ne change et tout change...Encore une découverte.  "Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme" C'est là qu'on découvre un autre visage de l'histoire : comment l'ancien se transforme en nouveau, devenu ancien à son tour. Comment idées et choses prennent ,ou perdent forme. Un embryon, c'est d'abord une boule minuscule de cellules, apparemment toutes semblables , qui vont s'accroître en nombre, et, aussi, changer de formes et de structures, "fonctionner" différemment. Apparition, évolution, involution : des idées "historiques" imposées par l'observation du réel. En même temps, on est forcé d'admettre qu'ici aussi, il y a des "échelles", et d'espace, et de temps. qui ne sont pas nos échelles de vie quotidienne..et des "projets", dont on ne peut découvtit les logiques que peu à peu.. Et là, on finit par comprendre que le plus probable et le moins probable voisinent, selon des lois que l'on peut peu à peu, découvrir..Iso et poly morphies ou métries doivent faire une place à l'amorphe. Le plein n'existe que par le vide, et réciproquement. On vient d'entrer dans la dialectique...

De part en part, individuel et social  Je suis moi, et nul autre n'est moi. Mais je ne suis moi que parce qu'il y a les "autres", qui sont à la fois différents et semblables à ce que je suis. Et les autres qui me sculptent et me modèlent, autaut que je me construis et m'invente moi-même ; et que je peux aussi contribuer à transformer. Tout cela, souvent sans le savoir, sans le vouloir, sans même s'en apercevoir. Ici encore, il y a à creuser, et à construire. En se souvenat qu'il faut des matériaux et des outils, et des savoir-faire, que les idées ne suffisent pas...surtout quand on les porte sans les connaître.

Mais nous voici arrivés... ou tombés, bien profond..

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