les humains (2) le fonctionnement symbolique

Le fonctionnement symbolique est particulier à l'espèce humaine. Dans la "lignée" du stimulus au symbole, les espèces non humaines les plus complexes s'arrêtent au signe. On peut "apprendre "à un chimpanzé à utiliser des jetons pour obtenir des bananes . Il peut utiliser un bâton qui se trouve là, pour atteindre un fruit hors de portée de ses mains.Mais il n'épargnera jamais des jetons, n'ira jamais dans une autre pièce chercher un bâton...Et les leurres ne sont pas des symboles ; ils équivalent, pour l'animal qui en est victime, à l'objet désiré..Un symbole est pourvu d'une sémantique et d'un dynamisme.  Il "signifie" quelque chose pour qui l'a intériorisé ; et cette signification est toujours liée à un état émotif, de la curiosité à la vénération, en passant par le désir, ou la peur,  etc...Le symbole est "déclencheur d'action", corporelle et/ou mentale.

On sait que la "lecture silencieuse" s'accompagne, chez le lecteur, d'activité laryngique qui n'émet pas de sons, mais "ébauche" l'activité de la lecvture à voix haute. On a affaire, comme toujours chez l'humain, à un complexe perceptivo-affectivo-cognitf  de configurations indéfiniment variables et "inventives".

Le symbole, simultanément, peut attacher, ou détacher, chez qui le perçoit (et l'a dans son "répertoire") du contexte dans lequel il est perçu ou évoqué.

Le symbole est, à la fois, et sociétal , et personnel . Des symboles collecvtifs sont "sécrétés" et adoptés par toute société humaine. En particulier, tout groupe humain a produit et utilise un système symbolique du type "langage".. Chaque langage est un "système symbolique"(nous en verrons plus tard les caractéristiques) partagé par rout un groupe., avec une sémantique plus ou moins commune.

Dans le fonctionnement symbolique, les relations affectif/cognitif  sont très diverses. La même série de symboles, désignant des objets célestes, est productrice d'activités mentales très différentes, et même contradictoires, chez l'astronome et l'astrologue...

Le "reconnaissance" d'un symbole s'opère à partir de repères "appris"...mais peut s'évader des conditionnements. C'est ainsi qu'ont été inventés les "smileys", "figures humaines expressives" fabriquées avec des signes typographiques.

Le caractère affectif toujours présent dote le symbole d'une "valeur" positive ou négative . Pensez aux "porte-bonheur" et aux "porte-poisse"...

On peut "reconnaître" des symboles là où ils n'ont pas été placés : des figures dans les nuages, ou dans le marc de café...

Pour en terminer avc ce texte , le premier quatrain d'un sonnet très connu de Baudelaire :

"La nature est un temple, où de vivants piliers

Laissent parfois sortir de confuses paroles;

L'homme y erre à travers des forêts de symboles

Qui l'observent, avec des regards familiers."

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