un,zéro, les infinis...

UN

un, c'est bien plus compliqué que ça n'en a l'air.

Un, c'est "un seul", ce qui veut dire qu'il y en a d'autres. J'ai pris celui-là, ,pourquoi? Les autres sont pareils..mais, en même temps, un autre, ce n'est pas celui-ci.Il y en a d'autres : je ne peux pas penser "un" sans penser "plusieurs". Tiens, mais pas plus que je ne peux penser "plusieurs" sans penser "un". Ces deux opposés sont inséparables.

Oh, mais...je peux lui faire des trucs au "un", je peux "l'opérer". Allons-y.Je le "multiplie" :une fois un, un.Tous ses multiples restent solitaires, ne deviennent pas plusieurs. Impossible de les reconnaître, tout comme les "autres" "un" qui n'ont pas été multipliés. Allons, divisons-le: 1/1, un coupé en un seul morceau, ça fait encore un. "Un" est insensible à la multiplication et à la division par lui-même. En mettant "la main à la pâte" (vous le voyez, le Nobel dans le coin?), en "opérant" avec des billes , des allumettes, des bâtons sur une ardoise, on obtient bien ce qu'on avait pensé dans sa tête. Bon, ajoutons maintenant : 1+1 = 2. Ah, ah, là ça change.. et 1+1+1 = 2+1 =3. On continuera le voyage tout à l'heure...Dernière opération simple ("arithmétique", matérialisable avec des "un" quelconques de figure, ronds ou carrés, longs ou courts, droits ou tordus, en bois, en papier, en fer, n'importe); dernière opération donc, je soustrais (j'enlève, je retire) : 1-1 = 0. Voilà qi'il ne reste plus rien, pas le moindre "un". Voilà que je viens d'inventer le zéro. Je suis bien plus malin que tous les hommes ne l'ont été durant des millénaires...

ZERO

Bizarre, "rien" a un nom à lui. Zéro, c'est "il n'y en a pas", "il n'y en a plus". Encore plus bizarre : on me dit que "zéro", c'est un chiffre. Or, les chffres, on les a inventés pour dire "combien il y en a" : pas de "combien" s'il n'y en a pas... Et ce "rien" devient "dix fois plus" quand on le met derrière, dix fois moins quand on le met devant. Pas bien logique, mais si c'est la règle du jeu...Quoique : dix fois moins que 1, il va falloir que je coupe mon allumette, que je casse ma bille. Et puis, si je remets un zéro derrière, que je redécoupe chaque petit morceau en dix. Jusqu'où? Les morceaux sont vite trop petits...On y reviendra...

Pour l'instant, opérons encore, comme avec le "un". Si je multiplie zéro par zéro, ça fait zéro. Zéro  dsivisé par zéro, zéro. Zéro plus zéro, zéro. Zéro moins zéro, zéro. Mon zéro est inopérable!

REPRENONS  LES VOYAGES...

Je raconte en abrégeant :

1/ je pourrai toujours ajouter des "un" même si je vivais mille ans et plus...à une collection de "un" aussi grande qu'on voudra, je peux rajouter "un" dans ma tête. Dans ma tête seulement, parce que je peux manquer de billes ou d'allumettes.

2/ je pourrai toujours couper "chaque morceau en dix"...toujours dans ma tête, parce qu'à un moment donné, mes doigts ne sont plus assez adroits, les morceaux sont trop petits, ou mon cutter trop gros.

Comment appeler ça, "je peux toujours continuer"? On me souffle "infini". Puisque "rien" a déjà un nom, pourquoi "plus que tout" n'en aurait-il pas un? L'infini, c'est, comme le zéro, une invention d'importance.

Pour aujourd'hui, jarrête. Mais il faudra bien que j'essaie d'opérer aussi sur l'infini...

moralité provisoire : ce que je viens de raconter, c'est quoi? de la réflexion, des maths, de la philo, n'importe quoi ? Ca peut venir dans quelles sortes de têtes ? des gros QI ? des savants ? des bosnhommes ou bonnes femmes lambda ? des enfants ? de quel âge?

 

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