CHANGMENT ET CHANGEMENTS

Le changement , mot-clef de la dernière campagne présidentielle. Avant d'en examiner les significations politiques, essayons de voir ce qui est dans nos pensées et dans nos pratiques  à propos de ce mot.

Tout d'abord, les changements sont toujours et partout .Dans notre culture, on évoque soiuvent le mot de Démocrite :"on ne se baigne pas deux fois dans le même fleuve". L'espèce humaine est celle qui a découvert le temps. Et-, d'abord, les temps de sa vie. Jour et nuit, puis temps des cueillettes et des chasses; puis saisons et années ; puiis temps d'une vie, de la naissance à la mort. C'est sa vie, , et sa mémoire consciente, quii ont donné à l'homme l'idée du temps. Les autres êtres vivants sont dans le temps, sans le savoir. Leur mémoire enregistrée guiide leurs actes, alors qu'il demeurent dans un éternel présent.

L'homme, lui, a "inventé demain", et conservé hier dans des objets, et pas seulement dans son organisme . Il est capable de se souvenir, alors même que la situation présente n'appelle pas ce souvenir. Il peut prévoir (même s'il ne peut prédire), et il peut projeter  (même s'il n'est pas certain des résultats)..   Et le temps ternaire fait partie d la conscience de tous. Mais alors, d'où vient l'idée de persistance, de permanence, de non-changement?

C'est une illusion produiite par la diversité des rythmes des changements . La connaissance des changements planétaires fut d'abord, et reste prioritairement, attachée à la vie quotidienne, et aux limites de nos perceptions.. Par exemple, pour les temps "courts", nous sommes capables de percvoir et d'agir au dixième de seconde. Mais pas au centième ;or, aujourd'hui, on chronomètre des courses au centième....pour pouvoir objectiver une victoire, qui corporellement ne signifie rien. Et, en laboratoire, on manipule le millième de seconde..Et, en physique, la nano-seconde....Pour les temps longs , l'histoire, née du pouvoir de la conscience d'évoquer le passé, de convoquer des connaissances, a dépassé très vite le temps de vie d'un individu ou d'un groupe, quitte à l'inventer lorsqu'on ne disposait pas de vestiges suffisants.. La cosmologie a aussi, très vite, évoqué des durées hors de l'expérience vécue, et s'est conjuguée à l'histoire ,les observations d'une génération d'astronomes communiquées à leurs successeurs. Nous écrivons aujuourd'hui des durées sans aucune signification concrète , et dont la signification théorique elle-même est douteuse. Dire que le Big Bang s'est produiit il y a quinzer milliards d'années ne signifie pas grand'chose. Les années solaires  ne concernent q'une part insignifiante de l'Univers, et constituent une unité contestable. De plus, Albert Jacquard a fait remarquer que "le temps zéro" n'avait pas de sens ;et que, si l'on considérait, non plus des datations, mais l'écoulement du temps, on pouvait utiliser le notation logarithmique, où log 0= infini.

A défaut de permanence, l'idée est venue de "cycles" et d'"éternel retour".. Aucun des cycles que nous connaissons n'est intégralement réitératif. Ici encore, la "constance", la "permanence" sont des illusions par compte non tenu d'approximations. Quant à un "éternel retour " de notre Univers, évoqué dans l'hypothèse d'une contraction succédant à l'actuelle expansion, elle n'a s'intérêt que pour la pensée scientifique ou philosophique, et aucune portée pratique

Et c'est là où nous pouivons en venir à la politique, domaine pratique par excellence ,puisqu'il s'agit des idées et des mesures concrètes d'otganisation et de gestion de l'ensemble des activités humaines, afin que les accidents de parcours, les dégâts, les catastrophes humaines soient autant qie possible évités. Et là, on peut affirmer que le changeùment, c'est toujours maintenant...et même ,que les changements surviennent à rythme accéléré, à mesure que l'histoire de notre espèce se déroule. Il a fallu des milliions d'années pour passer d'homo erectus à homo sapiens. Mais sapiens n'a qu'une cinquantaine de milliers d'années d'existence, et pas plus de cinq mille ans d'histoire. Ces cinq mille ans ont vu des changements de la vie humaine des milliers de fois plus importants que ceux survenus auparavant, dans des durées beaucoup plus longues. Et la dernière période, le "court XXè siécle" d'Eric Hobsbawm ,a plus changé la vie des hommes que les deux mille ans précédents.

En politique, ceux qui disent "c'est toujours la même chose "s'abusent. Et cux qui disent promouvoir le changement s'abusent aussi, et nous abusent. Parce que les changements se produisent ,et de plus en plus vite, qu'on s'en aperçoive ou pas, qu'on le veuille ou non. Et parce que  nous sommes incapables de les prévoir tous, encore moins de les susciter à volonté. Les mesures politiques ne sont pas destinées à changer les choses, mais à mieux s'accommoder des changements intervenus. Cela, avec une efficacité pour le moins contestable...

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