Encore une mouette ?

A Gaivota,. Anton Tchekhov de La Mouette, revu par le metteur en scène brésilien Enrique Diaz (né en 1967 et auteur d'une magnifique tranposition scénique de la Passion selon G.H., texte de Clarice Lispector) et sa Companhia dos Atores, à Lisbonne fin avril. Sur le plateau blanc immaculé, les comédiens se demandent comment ils vont pouvoir jouer La Mouette et c’est là que se noue la rencontre avec le public. Après avoir été coproduite et présenté en septembre 2007 par La Ferme du Buisson, le spectacle est maintenant en tournée. La mise en scène est un jeu de la mouette, d’où le titre anglais du spectacle, Seagull Play. les participants sont à la recherche, sans décor et sans naturalisme, des enjeux qui ont présidé à l'écriture de la pièce. Kostia Treplev, le jeune écrivain rebelle, revendique « des formes nouvelles » dans le premier acte de La Mouette et il conclut dans le quatrième acte : « Peu importe que les formes soient nouvelles ou anciennes » : C’est cette hypothèse qui semble sous-tendre l’essai théâtral d’Enrique Diaz. Cette version n’est pas sans rappeler la vision passionnante qu’en a montrée le hongrois Arpád Schilling ( création de 2003, présentée en 2006 à la MC93 de Bobigny). L’idée de Enrique Diaz n’est pas de déconstruire pour le plaisir de déconstruire, les « classiques » choisis sont des pièces qu’il aime, dont il essaie de dégager ce qui peut nous toucher. C’est comme si ces textes étaient invités à participer à nos propres questionnement : Dans sa mise en scène précédente, Ensaio.Hamlet, présentée également à Lisbonne et déjà vue à Paris fi n 2005 au Théãtre de la cité internationale, c’est un travail sur des hypothèses qui donnent tout son sens au titre d’« essai » qui curieusement est le même mot en portugais pour désigner la répétition. Dans les deux cas, l’acteur est aussi le thème, les deux textes parlent du théâtre dans le théâtre : La configuration spécial est pratiquement la même avec un espace de jeu entouré de spectateurs.

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