Et celui-là, il bouquine ou il ancoule?

En vérifiant le nom du cri de l’éléphant qui hurle au fond du bois, je suis tombée en arrêt sur une mine de verbes créés pour le sourire et la complicité. Avant de vous les offrir, je confirme que l’éléphant barrit ou barète lorsqu’il est fort mécontent ou décoiffé par d'autres éléphants (d’où l’expression « barète ton char, tu vois bien que je suis enrhubé »).

Je passe rapidement sur l’aigle qui trompette à qui voudra l’entendre, le chameau et son ami bélier qui blatèrent sans se soucier nullement du faucon qui réclame.

Quant à la bécasse, elle croule tandis que les pigeons caracoulent devant des rats qui chicotent, d'où leur mauvaise haleine...

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La palme de ces cris animaliers revient au crocodile. Car le crocodile ancoule.

Je vous laisse imaginer la subtilité du verbe et le nombre de situations cocasses qui peuvent en découler si une tierce personne intercepte votre conversation au milieu d’une foule, dans un congrès agité par exemple : « Je te dis qu’il ancoule ».

Bien sûr, pendant la pause, vous parlez d’un crocodile mais l’intrus aux longues oreilles ne le sait pas.

Si vous préférez continuer votre cours de sciences naturelles avec l’accouplement des animaux, je vous conseille mon préféré : le lapin, le lièvre bouquinent...

Dorénavant, vous sourirez joyeusement quand vos collègues ou vos amis diront qu’ils ont bouquiné toute la soirée !

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Source : Top, Dictionnaire d’orthographe et de grammaire, A. Jouette, éditions Nathan. (Cri des animaux p. 65 à 67)

 

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