Heure exquise

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Cher jeune et beau palefrenier

 

qui venez d’arriver dans la maison de Monsieur le Marquis, mon mari, j’entretenais ce dernier, à midi, de ce qu’il comptait faire de l’heure supplémentaire dont nous feront cadeau, la nuit prochaine, les princes qui gouvernent l’Europe. Il m’a répondu, lointain, qu’il pensait en profiter pour rattraper un grand retard de repos... Quant à moi, j’ai depuis quelque temps le sommeil si léger que j’envisagerais avec un certain plaisir de passer cette heure, de deux à trois, avec vous, à deux, du côté de l’écurie. Nous pourrions ainsi faire connaissance plus approfondie. Que vous en semble ?

Cunégonde de M., votre bonne Marquise.

 

 

Chère Fanchette,

 

Quand j’ai dit à Madame la Marquise, tout à l’heure, que je mettrais bien à profit l’heure supplémentaire que l’on nous octroie la nuit prochaine pour me reposer mieux, elle m’a fait savoir, un peu hautaine, qu’elle demanderait à Jean d’atteler ce soir pour se rendre en visite chez Madame la Comtesse de N. qui lui doit, dit-elle, un souper aux chandelles. Retrouve-moi donc, ma Fanchette, dans la chambre aux angelots, vers deux heures.

Ton galant Marquis.

 

 

 

 

 

Cher Jean,

 

J’aurais voulu passer cette longue nuit qui vient avec toi. Mais voilà que Monsieur le Marquis me somme de le visiter dans sa chambre à la nuit profonde, Madame la Marquise s’absentant. Que faire, mon Dieu ?

Ta Fanchette.

 

 

 

 

Fanchette, ma chérie,

 

Réponds au vieux beau que tu préférerais le rencontrer à l’écurie... et donnons-nous rendez-vous, tous les deux, dans la chambre aux angelots. A nous, cette année, l’heure exquise promise, les sourires des chérubins et le champagne !

Ton Jeannot.

 

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