Le pianiste Chucho Valdés en fusions aux Suds le 18 juillet

Chucho Valdés. © Frank Steward Chucho Valdés. © Frank Steward
« La cité aujourd'hui, c'est le monde », a rappelé Marie-José Justamond, la directrice des Suds, pour présenter cette 19e édition du festival arlésien dont Mediapart est partenaire. Alors s'il y a bien un musicien qui incarne à merveille ce tout-monde, c'est le cubain Chucho Valdés, qui sera sur la scène du Théâtre antique le vendredi 18 juillet avec ses Afro-Cuban Messengers et sa sœur Mayra.

Pianiste virtuose, compositeur et chef d'orchestre, Chucho Valdés est un musicien de jazz qui sans cesse brasse d'autres univers, explore les mélodies du monde, pour arriver au « travail de fusion le plus complet » de son répertoire, explique-t-il en parlant de son dernier album (2013) : Border-free, sans frontières. Ou quand le jazz rencontre la contredanse, la conga, le son de sa terre natale, revient vers la musique classique, passe par le flamenco et l'Afrique du nord. Il fait aussi étape chez les Comanche : cela donne Afro-Comanche et un Chucho photographié avec une coiffe de chef indien sur la jaquette du CD, pour ne pas oublier les membres de cette tribu déportés à Cuba au XIXe siècle et, au-delà, le peuple premier de l'île.

Chucho Valdés - "Afro-Comanche" live @ Soka Arts Center, CA (nov 2012) © JazzVillageMusic

 

« Border-Free est mon album le plus novateur, parce qu'il présente un mélange de genres universels compatibles avec les racines afro-cubaines », me dit Chucho. « Chaque nouvel album de Chucho Valdés est un bouquet de cubanismes, d’illuminations et d’union de contraires : l’énergie alliée à la poésie », a noté avec justesse son ami Leo Brouwer. Les 8 titres de l'album n'explorent pas seulement les racines musicales de Cuba mais aussi celles de sa famille : Bebo est dédié à son père, Caridad Amaro à sa grand-mère, Pilar à sa mère. Et sa sœur Mayra l'accompagnera sur scène à Arles. « Un hommage à ceux qui m'ont permis d'avoir cette carrière musicale et qui sont aussi des membres de ma famille », explique-t-il. Chucho a débuté dans les cabarets de La Havane où il accompagnait son père Bebo, lui aussi un pianiste de légende, et les vedettes de passage comme Nat King Cole, Sarah Vaughan ou Woody Herman. Puis la révolution castriste, en 1959, a séparé le père, exilé peu après, et le fils, qui reste à Cuba.

Mais Chucho s'impose à Cuba, et dans le monde entier, avec le groupe Irakere (créé en 1973), en approfondissant l'œuvre de son père, l'un des premiers à avoir marié jazz et musique afro-cubaine. Irakere accueille des percussions comme les tambours batá, le bongo, les maracas… et des musiciens aussi brillants qu'Arturo Sandoval, Paquito D'Rivera, José Luis Cortés (qui fondera NG La Banda)… Adieu le jazz « yankee », vive le latin-jazz.

Grupo Irakere Live in Puerto Rico Part 1 © ErnieConga

 

Sur la scène du Théâtre antique, Chucho Valdés jouera aussi quelques morceaux de l'album précédent, Chucho's Steps (2010), pour lequel il a reçu le Grammy du meilleur album de latin-jazz. Présentation par les musiciens (en espagnol sous-titré en anglais) et extraits dans cette vidéo :

Chucho Valdés New album 2010: The Making Of - Part 1 © worldvillagevideo

 

Dernière surprise : il partagera la scène avec l'autre tête d'affiche de la soirée, le clarinettiste David Krakauer, qui revisite le jazz klezmer, le teintant d'électro et de funk.

The Big Picture Trailer - David Krakauer © David Krakauer


« Ce sera la première fois et je suis très content de cette collaboration qui peut être géniale, s'enthousiasme Chucho. Nous nous rencontrerons sur un morceau très spécial, vous verrez ! »


Soirée Suds au Théâtre antique
Vendredi 18 juillet à 21h30
Chucho Valdés & The Afro-Cuban Messengers et David Krakauer's Ancestral Groove

Toutes les infos pratiques sur le site des Suds

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.