A Arles, un centenaire Trenet à la sauce occitane

Ils ont la sincérité de le reconnaitre : l’idée de reprendre des chansons de Charles Trenet n’est pas d’eux. Le projet n’aurait pas même traversé l’esprit de Moussu T e lei Jovents ni du Còr de la Plana si la Sacem et le festival arlésien ne leur en avaient pas fait la proposition.

Ils ont la sincérité de le reconnaitre : l’idée de reprendre des chansons de Charles Trenet n’est pas d’eux. Le projet n’aurait pas même traversé l’esprit de Moussu T e lei Jovents ni du Còr de la Plana si la Sacem et le festival arlésien ne leur en avaient pas fait la proposition. « La vocation d’une chanson est d’être interprétée le plus possible et différemment. Et le bonheur d’un créateur est que ses œuvres soient reprises », affirme Gérard Davoust qui, en tant que président honoraire de la Sacem, sait de quoi il parle.

MOUSSU T E LEI JOVENTS - Manivette-Frit Confit - ESTIVADA 2012 © Estivada de Rodez

Autant l’avouer, le Fou chantant n’est pas vraiment la tasse de thé de nos troubadours. Certes, on peut toujours chercher une filiation méridionale entre l’enfant de Narbonne et ceux de Marseille ou La Ciotat. Mais les deux groupes emblématiques d’expression occitane seraient plus enclines à s’inspirer de Vincent Scotto ou de Bobby Lapointe.

« On aime bien le côté mécanique de la chanson, c’est-à-dire mettre les mains sous le capot et en sortir une pièce du moteur pour se l’approprier », illustre Moussu alias Tatou, également cofondateur de Massilia Sound System. Et d’admettre que certains morceaux de l’auteur d’ « Y’a d’la joie » « pourraient se situer par ici. Il a forcément été influencé par de la chanson traditionnelle et on a pris ce qui nous semblait le plus naturalisable », ironise-t-il.

 Du côté du Còr de la Plana, ce sont les titres « avec les textes les plus fantasques » qui ont retenu l’attention. « On n’a pas cherché à reproduire le style polyphonique des années 40, qui existe, mais plutôt à faire rentrer Trenet dans notre propre style », confie Manu Théron, leader du groupe. 

 

Lo Cor de La Plana : Nau gojatas @ Ethnoambient Salona 2012 © EthnoambientSalona

 

Après avoir travaillé chacune de leur côté, les deux formations se sont retrouvées pour plusieurs séances de répétition pour construire un récital qui revisite une quinzaine de chansons – les incontournables et des redécouvertes - dont certaines sont interprétées en occitan, d’après les versions du chanteur Guy Bonnet. Entre une « Mer » transformée en marche funèbre, une version orientalisante de « Obéis au Bey » et une tout aussi percutante de « Route Nationale 7 », le résultat est décapant.

  

La Java des Scaphandriers, création de Moussu T e lei Jovents et Lo Còr de la Plana, à l’occasion du centenaire de la naissance de Charles Trenet.

Samedi 13 juillet, à 19 heures, dans le cadre de [la Nuit], à la Cour de l’Archevêché. Gratuit.

En collaboration avec les éditions Raoul Breton et avec le soutien de la Sacem.

 

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