Scènes en ville pour artistes en découverte

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Entre les Arlésiens d’El Pulpo hier et Moh ! Kouyaté de Guinée-Conakry demain, les scènes en ville proposent des concerts gratuits d’artistes aussi bien régionaux qu’internationaux.

Ils ont choisi le nom d’un succulent mollusque mais ce serait pourtant aux musicologues à plancher sur ce drôle d’animal. D’où nous vient cette étrange bouillabaisse musicale ? Du Maroc, sans doute, avec ses références à la musique gnawa. Ou de bien plus au sud, avec ses incursions en rumba camerounaise et terre afrobeat. Du Brésil, certainement, avec son style batucada et ses rythmes empruntés à la samba, au frevo ou au forro. De Colombie peut-être, avec ses notes de cumbia. Assurément, ce son-là nous vient de l’Amérique, on y reconnait même de la country. Certes, trempée dans le métal. A moins qu’il nous vienne d’ici, de Camargue, de Provence, de notre riche pays d’Oc où ils cultivent depuis de nombreuses années déjà leur identité musicale plurielle mais si singulière. Issus d’une génération d’artistes arlésiens, ces enfants du pays, musiciens du monde, sont ici dans leur festival. Qu’ils chantent en castillan, occitan, portugais, anglais ou français, ils nous délivrent un même message : la bonne musique est universelle et aujourd’hui, la piste de danse est la rue.

 

Musique : La guinée par Moh Kouyaté © Pascal Gibert

 

La destinée de Moh Kouyaté a basculé le jour où son maître Amadou Sadio Diallo, vieux routard guinéen du jazz, lui a donné un disque de Georges Benson. Le premier guitariste non-africain que le jeune artiste écoutait et qui a complètement bousculé sa conception de la musique. Il a alors une quinzaine d’années. Après Georges Benson, c’est sous les influences de BB King, Jimi Hendrix, Ben Harper et bien d'autres que Moh a enrichi sa sensibilité musicale. Aujourd’hui griot des temps modernes, il excelle à la guitare. Sa musique puise bien entendu dans la richesse des rythmes traditionnels mandingues, sources notamment du blues et de la soul. Avec son groupe, il jette un pont entre les cultures, les genres, les générations et nous invite à un beau voyage jusqu’aux rives du Mississipi. Bluesman chevronné, formé aux techniques du jazz, Moh Kouyaté a collaboré avec des musiciens d’univers très différents : de Ba Cissoko que nous accueillions l’été dernier aux Nuits des forges,  à Fatouma Diawara avec laquelle il a collaboré pour la réalisation de l’album "Fatou" en passant par le grand bluesman américain, Corey Harris avec qui il a sillonné les scènes américaines et européennes. Il vient présenter son premier album en tant qu'auteur, compositeur interprète et dirige également un stage de guitare mandingue pendant toute la semaine.

Infos sur : www.suds-arles.com/scenes-en-ville2013.html

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