Laurence Rizet
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Billet de blog 11 juil. 2013

Ces jeunes qui font la radio des Suds

Laurence Rizet
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Pendant le festival, la Radio éphémère des Suds (102.9 FM ou ici en streaming), pilotée par Antoine Chao, émet de 10 heures à 12 heures et le soir à 18h30. Le matin, ce sont des professionnels qui invitent artistes du festival et personnalités de la musique du monde à échanger dans les jardins de l'école du cloître. Le soir, des jeunes prennent le micro pour animer une émission pendant une heure en direct, après avoir réalisé des interviews, fait des reportages, et suivi concerts et manifestations durant la journée.

Dès le matin 9 heures, quand les concerts et soirées tardives de la veille n'ont pas déréglé les réveils, ils se retrouvent à la Maison de quartier de la Roquette, face aux terrasses de cafés de la place Doumer, pour répartir les tâches de la journée : qui un apéro-découverte, qui une sieste musicale, qui un moment précieux. Ou encore un stage de danse ou un film documentaire. Sans oublier les cinq minutes de fiction qui terminent l'émission et, surtout, qui sera au micro le soir, en direct : il faut préparer ses textes pour présenter les invités, lancer les reportages… et tenter de juguler le stress. 

Une radio vraiment pas comme les autres. Aujourd'hui, Florian Tourrette, qui en est à sa sixième édition, s'est livré à l'exercice de la chronique pour nous raconter l'émission « les jeunes sur les ondes écoutent la musique du monde » :


La radio des Suds, une radio d'un festival ? Non, ce n'est pas totalement vrai, car elle ne diffuse pas que des concerts et les musiques des artistes présents au Festival des Suds. Cette radio éphémère, ne diffusant que lors de la semaine de ce festival, a la particularité d'être une radio pédagogique, ayant pour but, d'apprendre le métier de la radio aux jeunes des milieux difficiles.

A la base, ce fut une radio éphémère en coopération avec la prison d'Arles, à l'instigation d'Antoine Chao, journaliste chroniqueur à France-Inter. Le but premier était de faire participer les prisonniers à cette radio, pour animer la semaine du festival. 

Elle est donc depuis le début une radio d'intégration sociale et culturelle pour les milieux souvent délaissés par d'autres sources médiatiques. Cependant, suite aux inondations de décembre 2003, la radio se tourna vers les jeunes en maison ou famille d'accueil, en PFPA, ou autres structures du genre.

Toujours tournée vers le Festival, elle permet aux jeunes de découvrir les coulisses des métiers de la radio, tout en découvrant le Festival de l’intérieur, en pouvant aller interviewer les artistes, les musiciens, et les personnalités rythmant la semaine. Les jeunes sont encadrés par des professionnels de la radio, qui ont envie de faire partager leurs passions à des jeunes volontaires réceptifs et captivés par ce métier, assez méconnu. 

Mais ce n'est pas tout, les jeunes ont également la possibilité de faire des reportages sur des thèmes qui leurs sont chers, de leurs maisons d'accueil à la découverte de la ville d'Arles, en passant par des reportages sur des sujets toujours plus variés.

Participant à cette radio depuis maintenant 6 ans, c'est toujours un plaisir pour moi que d'y revenir chaque année, tel un rendez-vous annuel obligé. Étant Arlésien de naissance, voir ma ville s'animer aux couleurs du monde et devenir le centre de ce monde pendant plusieurs semaines est plaisant. Pour ma part, j'ai tendance à m'intéresser plus au journalisme qu'au thème du festival, non pas par manque d'intérêt, mais bien par passion pour le Rhône et tout ce qui touche à lui. Notamment ses coups de colère remarquables et les fouilles archéologiques, qui ont modifié Arles et l'ont propulsée vers son rayonnement mondial...

Pour revenir à cette radio, elle a bien évidemment comme fil conducteur le festival des Suds, mais les directs des jeunes, qui se passent le soir, viennent lui offrir une touche d'originalité, car n'étant pas forcément liés aux Festivals.

Florian Tourrette

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