Ce que dit une mascotte de jeux olympiques

Quel est le point commun entre l'équipe de com' de Président Hu Jintao et Walt Disney ? Vendre du rêve, évidemment. Et depuis bien longtemps, on le sait, on ne finance pas des olympiades en distribuant les maillots des lanceuses de marteaux.

Quel est le point commun entre l'équipe de com' de Président Hu Jintao et Walt Disney ? Vendre du rêve, évidemment. Et depuis bien longtemps, on le sait, on ne finance pas des olympiades en distribuant les maillots des lanceuses de marteaux. Non, de bons Jeux olympiques commencent par une bonne mascotte. Pour le coup nos pékinois se sont donnés de la peine cette année.

 

 

Cinq mascottes pour le même prix ! Enfin, pas tout à fait le même prix pour les parents qui devront offrir à leurs rejettons les péluches de Beiber (bleue), Jingjing (noir), Huanhuan (rouge), Yingjing (jaune) et Nini (vert). Parce que bon, ce n'est peut-être pas à destination du téléphage houblonophile moyen, consommateur estival de Pentathlon moderne qu'ont été conçues ces mignonnes bestioles. Ces petits personnages stylisés façon manga disposent de leur propre histoire, de leur dessin animé, peut-être de leur jeu vidéo…

 

C'est important une mascotte. En 1998, il est bien évident que si la France n'avait pas gagné la coupe du monde, on n'en aurait retenu que Footix. La bienséance me pousse à ne faire aucun commentaire sur le choix du nom de la pauvre bête. Et par crainte de tomber sous le coup d'un dépôt de plainte pour outrage aux symboles nationaux, je n'exprimerai pas non plus mon avis sur le choix de ce stupide et malodorant gallinacé comme emblême.

 

 

Pas évident c'est sûr de choisir quel animal est le plus représentatif d'un pays, ou d'une manifestation. Ainsi, qu'il me soit permis de déclamer ma plus parfaite stupéfaction face à Waldi, animal mascotte es Jeux olympiques de Munich en 1972. et qui n'était autre qu'un…teckel. J'imagine la réunion. « Bon les gars, on a obtenu les jeux, c'est un événement important. Maintenant il nous faut choisir une mascotte forte, symbole du dépassement de soi, de la puissance dans l'action, mais aussi de l'esprit de solidarité, une mascotte fière et droite, pouvant montrer à la fois la compétitivité et la fraternité - Moi, je sais, je sais ! On n'a qu'à prendre un teckel ! ». Les J.O. de munich se déroulant la même année que la sorti de The rise and fall of Ziggy Stardust and the spiders from Mars de David Bowie, la créature (Waldi, pas Bowie) a été habillé de couleur pop. Presque glam'.

 

Il est possible de contourner le problème, comme ce fut le cas pour Atlanta en 1996, avec la bien nommée mascotte Izzy. Izzy pour la contraction de What is this ? parce que personne n'est arrivé à comprendre ce que représentait ce… truc. Je ne sais pas non plus, mais c'est moche en tout cas.

 

 

 

Pourtant les États Unis nous avaient habitué à des mascottes plus lourdes de sens. Est-il besoin de commenter l'aigle Sam, mascotte des J.O. de 1984 (ça ne s'invente pas) à Los Angeles ? Alors que les américains sont en train de passer du rang de puissance dans un affrontement bilatéral à celui de nouvel ordre mondial, ruinant les russes dans une course aux armements insensée, voilà l'ultime bras d'honneur. L'oncle Sam. Un aigle. Qui ne pourra pas non plus ne pas nous rappeler l'Oncle Picsou d'une certaine manière. Bon, restons futiles, c'est quand même un peu aux Jeux de Los Angeles que l'on doit l'inénarable California Games, sorti sur sega Master System l'année de la chute du mur…

 

Parlons soviétiques justement, parceque les Jeux de 1980 étaient organisés à Moscou. Et rien qu'à voir Misha la mascotte, on aurait pu comprendre que tout était déjà fini. Non mais franchement, qu'est-ce que c'est que ce truc ? Alexis Kossyguine avait certainement piqué un nounours à sa petite fille et lui avait rajoutté 5 anneaux en guise de ceinture. Un petit effort aurait certainement accéléré la détente !

 

 

Tiens, par ailleurs, en 1980, une cinquantaine de pays avaient boycotté la cérémonie douverture des juex pour protester contre l'invasion de l'Afghanistan par l'Union soviétique. Pas politique, les jeux ?

 

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