Chute des adhésions à l'UMP: beaucoup sont «décédés», selon Lefebvre

  Après avoir révélé le nombre de ses adhérents au début du mois, l'UMP s'enlise pour justifier la perte de 8,5% de ses troupes.

 

 

Après avoir révélé le nombre de ses adhérents au début du mois, l'UMP s'enlise pour justifier la perte de 8,5% de ses troupes.

Fin octobre, on apprenait que l'UMP avait perdu plus de 40.000 adhérents, faisant chuter le compteur à 228.740. Deux mois plus tard, invité de la Matinale de Canal Plus le 7 janvier, Xavier Bertrand, le secrétaire général de l'UMP, annonce triomphalement «40 000 nouveaux adhérents en 2009. Un peu plus de 3 000 par mois», soit un total d'«un peu plus de 250 000 adhérents». Des chiffres confirmés le 11 janvier par les porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre et Dominique Paillé: l'UMP compte 253.645 adhérents à jour de cotisation au 31 décembre 2009, contre 273.000 l'année précédente (lire notre article). Cherchez l(es) erreurs! Xavier Bertrand a annoncé, le 7 janvier, une «opération transparence totale» sur le nombre d'adhérents. Cette année, l'anomalie concernant ces chiffres est pourtant double:

1) Comment l'UMP a-t-elle pu passer de 273.000 à 253.000 adhérents en 2009 en gagnant «40 000 nouveaux adhérents»?

2) Comment le parti présidentiel a-t-il pu enregistrer une hausse des adhérents de 25.000 (soit 10%) en seulement deux mois (octobre à décembre 2009)?

Le site du Figaro a élucidé le premier mystère: «Si 40 000 nouveaux membres ont rejoint le parti cette année, comme l'affirme Xavier Bertrand, c'est donc que dans le même temps pas moins de 60 000 personnes l'ont quitté». L'UMP s'est évidemment bien gardé de communiquer sur les 64.000 non renouvellements de l'année...

Quant à la seconde anomalie, Dominique Paillé a tenté de la justifier tant bien que mal: «Il y a toujours un décalage entre le moment où une adhésion est signée dans les fédérations et celui où elle est enregistrée au siège à Paris».

Il n'en demeure pas moins qu'en un an, le mouvement a perdu 22.000 adhérents, soit 8,5% de ses troupes. Et Frédéric Lefebvre a une explication bien à lui: «Dans ces 22.000, il y en a bcp qui n'ont pas renouvelé pour des raisons qui tiennent à la vie, il y en a beaucoup qui sont décédés».

Officiellement en tout cas, l'UMP se dit «assez satisfait de ce chiffre, compte tenu du contexte, assure Dominique Paillé. Nous sommes au pouvoir, dans une période de crise, mais nous nous maintenons fermement, et le mouvement continue à être attractifs». Le porte-parole met en avant «la grande fidélité de ceux qui soutiennent» l'UMP. «On nous assure que nous connaissons une crise profonde, mais, quand on regarde la réalité des chiffres, nous ne le sommes pas», poursuit Paillé.

«Depuis les affaires Roman Polanski et Frédéric Mitterrand, il ne s'est pas passé une journée sans qu'un militant m'annonce qu'il ne renouvellera pas son adhésion», expliquait pour sa part un élu des Pays de la Loire début octobre au Figaro. Parallèlement, l'affaire de la présidence de l'Epad briguée par Jean Sarkozy, a encore renforcé le mouvement. «Cela a fait des ravages, y compris chez les plus sarkozystes», soutient un ancien ministre.

Et si l'on regarde dans le rétroviseur, l'hémorragie est encore plus importante. Depuis 2007, (où l'UMP a atteint un pic avec l'élection de Nicolas Sarkozy) 120.000 militants, soit une carte sur trois, se sont volatilisés.

Mais cela n'a pas empêché Frédéric Lefebvre de confirmer, lundi, «l'objectif de porter à 500000 le nombre (des) adhérents en 2012», objectif que s'était fixé Xavier Bertrand en janvier 2009, quand il a succédé à Patrick Devedjian au secrétariat général du parti. Pour cela il mise sur le Internet - les adhésions via le web ont augmenté de 25 % en un an - et sur le nouveau réseau social de l'UMP, les «Créateurs de possibles».

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