Un invité surprise au rassemblement de soutien au peuple grec

Lundi 13 février, les manifestants se serrent comme pour mieux se réchauffer sur une petite place à quelques pas de l’ambassade de Grèce et du bureau du FMI. Les mains gantées agitent les drapeaux du NPA, du PCF, du Front de Gauche et du Parti ouvrier indépendant. En attendant leurs représentants, les militants crient. « A Athènes comme à Paris, dehors, dehors, dehors le FMI ». Les slogans des groupes formés dans la foule se font écho. D'un côté, « le peuple répond résistance ». De l'autre, « solidarité avec le peuple grec contre l’austérité ». Le roulement des orateurs sur l'estrade improvisé a fait baisser les décibels mais n'a pas unifié les chants.

 

 

Olivier Besancenot, le plus ponctuel

 

Après les discours des élus locaux, l'ancien porte-parole du NPA a été le premier à attirer l'attention des manifestants, et celle, autrement plus remarquée, des caméras de télévision.

 

« Hier on se sentait tous comme sur des barricades » a t-il lancé du sommet de l'escabeau trois marches. « Le parlement grec n'a été que la succursale du Fonds monétaire international, de la Banque centrale européenne et du système bancaire européen. On est venus pour réclamer, comme mesure immédiate, l'annulation de la dette grecque et, au-delà de la Grèce, car c'est une question qui touche tout le monde, une grande enquête citoyenne sur les dettes européennes pour savoir qui spécule sur quoi ».

 

Nicolas Dupont-Aignan : « le monopole du soutien grec »

 

Il voulait faire parler de lui en assistant à ce rassemblement en soutien au peuple grec lancé par des organisations de gauche ? Pari réussi. Nicolas Dupont-Aignan s'est fait huer avant même de mettre un pied sur la place de l'Uruguay. « Dégage », « on veut pas de toi ici », « facho ! » Et le président de Debout la République de leur répondre : « Laissez- moi m’adresser à la presse française. Vous n’avez pas le monopole du soutien au peuple grec. Je suis le seul à demander la sortie de l'euro pour la Grèce. C'est l'unique moyen de les sortir de la difficulté ».

Bousculé par les manifestants, cerné par les journalistes c'est encerclé de CRS qu'il a été invité à répondre aux interviews de l'autre côté de la rue.

 

Jean-Luc Mélenchon, l'arrivée loupée

 

Mauvais timing, c'est le moment choisi par Jean-Luc Mélenchon pour rejoindre le rassemblement. Pas une caméra, pas un appareil photo. Surpris, le candidat à la présidentielle interroge ses hommes en regardant l'agitation de l'autre côté de l'avenue d'Iena : « c'est qui là-bas ? Dupont-Aignan ? » Soupir.

 

L'escabeau lui a permis de récupérer l'attention des médias. « Pourquoi serions-nous au chaud chez nous quand des gens se battent pour arracher le minimum ?  Le plan qui s’applique aujourd’hui à la Grèce pourrait très bien s’appliquer à la France si les députés, le 21 février prochain, votent le mécanisme européen de stabilité financière. S'il est approuvé, il conduira à ce que nous soyons nous aussi soumis à la vindicte de la troïka de la Banque centrale européenne, du FMI et de la Commission. Le dernier article de ce texte engagerait la procédure d’approbation du nouveau traité européen. Interpellez vos parlementaires pour s'assurer qu’ils seront là ce jour-là. Le meilleur moyen d’être solidaire avec les grecs c’est de repousser la situation depuis Paris. »

 

Puis il s'adresse à la presse :

 

« Je ne sais pas à quoi ont pu croire les bureaucrates qui ont imposé neuf plans d’austérité à la Grèce, il y a un moment où les gens n’ont plus rien à perdre. » Nicolas Dupont-Aignan avait déjà rebroussé chemin.

 

 

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