Primaires du PS: Taubira «conjugue» sa candidature avec celle de Montebourg

«Nous ne sommes que deux à rassembler au PS: DSK par son silence, et moi par des actes.» Arnaud Montebourg n'est pas peu fier de son coup, en présentant mardi matin à la presse son premier soutien significatif, la députée PRG de Guyane Christiane Taubira. Ne leur dites pas «ralliement», ils vous répondent «conjugaison d'un socialisme et d'un radicalisme de transformation».

«Nous ne sommes que deux à rassembler au PS: DSK par son silence, et moi par des actes.» Arnaud Montebourg n'est pas peu fier de son coup, en présentant mardi matin à la presse son premier soutien significatif, la députée PRG de Guyane Christiane Taubira. Ne leur dites pas «ralliement», ils vous répondent «conjugaison d'un socialisme et d'un radicalisme de transformation».

Après avoir assuré de leur trajectoire commune sur la VIe République, leur «non d'amour à l'Europe lors du référendum sur le TCE» ou leur vision de l'économie («le capitalisme coopératif d'Arnaud, je le portais sous une autre forme lors de ma campagne de 2002»), les deux duettistes ont fait valoir leur intention de mener «une campagne tonique sur tout le territoire et les outre-mers», Taubira se disant «persuadée que les militants radicaux seront à nos côtés pour cette primaire». Une primaire qui, selon Montebourg, ne doit «pas être celle des courants socialistes, mais celle de toutes les gauches». Et le député et président de Saône-et-Loire de tisser son habituelle comparaison un brin grandiloquente avec Barack Obama: «Nous avons déjà presque un millier de volontaires pour participer à notre campagne inspirée des méthodes d'Obama, qui avait fait mentir l'establishment washingtonien.»

Lui ne se cache pas de vouloir démentir l'establishment solférinien, et se félicite de l'apport de celle qu'il désigne comme son «potomitan» («pilier principal» en créole): «Elle a une vraie aura dans les quartiers populaires, où elle avait fait des 20% dans certains d'entre eux, lors de la présidentielle de 2002», confie-t-il. Taubira, de son côté, estime pouvoir faire «bien plus que mes presque 700.000 voix d'alors» et entend «apporter à Arnaud (sa) vision de l'égalité des droits et de la laïcité, un combat qui n'est plus anticlérical, mais qui porte l'exigence d'échapper à toutes les influences indues, confessionnelles mais aussi partisanes, corporatistes et financières».

Pourquoi la Guyanaise ne se lance-t-elle pas elle-même? «On fait de la politique selon les enjeux, répond-elle. En 2002, les circonstances étaient réunies pour que je me lance dans la bataille seule. En 2007, mon parti avait refusé de candidater. Désormais, l'heure est à l'unité, pour servir les réponses aux urgences que nous voulons résoudre.»

Montebourg espère désormais convaincre Jean-Pierre Chevènement, qu'il doit rencontrer bientôt pour en parler, de venir élargir le spectre d'une candidature encore marginale dans les sondages d'opinion. «Plus si marginale, tient-il à faire remarquer, puisqu'elle a déjà distancé celle de Manuel Valls et rattrape celle de François Hollande».

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.