Villepin, en vente dans tous vos kiosques en régions et à l'étranger

L'ancien premier ministre en est persuadé, il peut aller «à la rencontre des Français» en contournant les appareils partisans. Sans parti ni troupes, il a opté pour une campagne à la Chirac (la fameuse «politique au cul des vaches») et un quadrillage du territoire via Internet et les médias.

L'ancien premier ministre en est persuadé, il peut aller «à la rencontre des Français» en contournant les appareils partisans. Sans parti ni troupes, il a opté pour une campagne à la Chirac (la fameuse «politique au cul des vaches») et un quadrillage du territoire via Internet et les médias.

Dimanche, point de JDD ou de Figaro, c'est au Parisien que Dominique de Villepin a choisi de se confier avant le scrutin régional. «C'est sans doute rassurant pour certains d'imaginer qu'il faut beaucoup, beaucoup d'argent et un très grand parti pour faire de la politique en France. Je n'en suis moi-même pas du tout convaincu», explique-t-il. En 2010, vous trouverez donc l'ancien premier ministre sur le terrain «deux fois par mois», sur la toile, mais surtout dans les quotidiens régionaux et étrangers...

Depuis un an, DDV emmagasine les kilomètres et en profite pour faire une halte dans les médias locaux. Il est sur France bleu Hérault, pour critiquer le fonctionnement de l'Europe, sur la chaîne belge Télévesdre, pour dénoncer l'hyperprésidence de Nicolas Sarkozy, avec la communauté française de Téhéran lors du forum des maires des grandes villes asiatiques, en visite au Paraguay aux côtés du président Fernando Lugo, invité de l’Emir du Qatar à Doha, où il condamne le débat sur l'identité nationale. Même au Vietnam, on parle de Villepin. Vu sur Xaluan.com:

 

Le 2 février, L'Alsace se faisait l'écho de sa conférence sur l’Afghanistan, la veille, à Sciences-Po et évoque sa «nouvelle popularité» «accréditée par deux récents sondages selon lesquels près d’un Français sur deux souhaite que Villepin soit candidat à la présidentielle de 2012».

Dix jours plus tard, le Soleil, journal sénégalais, se penche sur une autre facette de Villepin («le diplomate, avocat et écrivain-poète célèbre la France des lumières») et son «autre monde». Les comparaisons sont flatteuses: DDV est un «sculpteur d’idéal», «l’apôtre d’un nouvel humanisme militant». «Il se veut l’avocat de cette France debout et portant le souci de l’ailleurs», souligne l'article.
Le même jour, l'ancien premier ministre est à l'honneur dans le Matin marocain, journal aux ordres du Palais, qui rend compte de sa participation à la conférence inaugurale du 16e Salon international de l'édition et du livre de Casablanca (organisée sous l'oeil bienveillant du Roi Mohammed VI). Soulignant que Villepin est né à Rabat et rappelant son discours de 2003 devant l'ONU («qui lui vaut d'être applaudi, chose rare en cette enceinte»), le quotidien cite longuement l'ancien ministre, sur le thème «la culture pour vivre dans un monde d'aujourd'hui».


Mi-février, Villepin se rend dans le Finistère pour parler agriculture. Le Télégramme en fait son événement avec un pré-papier le 15, un article le 16 et surtout cette vidéo qui a fait le tour de la toile:


Le même jour, Ouest-France, Le Progrès et bien d'autres embrayent le pas, saluant son «entrée en campagne» et donnant la parole aux villepinistes.

Mais c'est dans La Vanguardia, que DDV est le plus bavard. A Barcelone, où il collabore avec le cabinet de Conseil Européen, le 18 février, l'ancien premier ministre en profite pour accorder un entretien au premier journal catalan. Dans la langue castillane, s'il vous plaît, langue «qu’il a apprise au Vénézuela où il a vécu jusqu’à l’âge de 14 ans», rappelle le journal. «A 56 ans, il agite un drapeau qui paraissait disparu: celui du gaullisme social», peut-on lire. DDV en profite pour égratiner Nicolas Sarkozy («le gouvernement a été obsédé par la multiplication des réformes, de sorte que beaucoup de Français ont aujourd’hui le sentiment que nous réformons pour réformer. (...) «Par malheur, lors des deux dernières années et demi, la France a oublié que la justice sociale était un préalable») et le PS («Les socialistes sont très divisés sur des questions de personnes, bien que ceci se dissipera lorsqu’approcheront les élections présidentielles»).

Surtout, il explique enfin la vraie raison de sa très probable candidature en 2012... «Ce n’est pas que je n’ai jamais gagné une élection. C’est que je ne me suis jamais présenté, d’où l’intérêt que j’ai de compléter ma formation, comme un jeune élève qui a le désir de connaître et de découvrir».

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