Le FN tente une OPA sur Jaurès

«Jaurès aurait voté Front national». C'est ce qu'affirme le parti de Jean-Marie Le Pen sur des affiches à l’effigie du leader socialiste. Ces affiches, réalisées par les militants FN de Midi Pyrénées, ont été collées vendredi 20 mars à Carmaux (Tarn) - la ville dont Jean Jaurès fut le député -, à l'occasion du meeting de Jean-Luc Mélenchon pour le Front de gauche (alliance électorale qui regroupe le PCF et le Parti de gauche).

 


 

«Alors que le «Front de gauche» du socialo-trotskyste Mélenchon entend se réunir à Carmaux ce soir, les patriotes, militants du Front National de Midi Pyrénées, se sont mobilisés toute la nuit dernière pour une grande opération de propagande dans la ville ouvrière du Tarn», explique Louis Aliot, le secrétaire général du mouvement, dans un communiqué, vendredi 20 mars.

 

 

Déchiré par ses querelles de succession, amputé de ses figures historiques, endetté jusqu'au cou (lire notre enquête du 15 mars), le FN avance sans ligne politique cohérente et à coups de provocations.

 

Après l'affiche polémique de la campagne de 2007 - sur laquelle posait une jeune métiss, piercing sous la lèvre et nombril à découvert -, après le pacte avec leur ancien ennemi Dieudonné puis avec l'ex-communiste Alain Soral, après la présence conestée de Jean-Marie Le Pen au trentième anniversaire de la Révolution islamique, à l’ambassade d’Iran, le FN veut frapper fort en s'appropriant l'image du fondateur de l'Humanité, au moment où les socialistes commémorent le cent cinquantenaire de sa naissance.


«Voilà une manière de rappeler qu’aujourd’hui, la seule formation politique en France à défendre les valeurs de justice sociale et d’humanisme est le Front National de Jean-Marie Le Pen», poursuit le communiqué. Une manière surtout de médiatiser la candidature aux européennes, dans le grand Sud-Ouest, de Louis Aliot, le fidèle lieutenant de Marine Le Pen.

 

Interrogé par Le Monde, Jean-Luc Mélenchon juge cette campagne «inacceptable», «absurde» et «choquante». «C'est donner de Jaurès le portrait exactement inverse de ce qu'il était : c'était un patriote et pas un nationaliste», estime le président du Parti de gauche.

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