Six mois après sa mort, un portrait intellectuel de Daniel Bensaïd

Dans son dernier numéro, la revue Lignes, fondée et dirigée par le philosophe Michel Surya, rend un dernier hommage académique à Daniel Bensaïd. Une vingtaine de contributions, de Gilbert Achcar à Enzo Traverso, en passant par Sophie Wahnich, Etienne Balibar, Gérard Mauger ou Alain Badiou, qui dressent un portrait sensible et éclectique du penseur marxiste décédé il y a six mois.

Dans son dernier numéro, la revue Lignes, fondée et dirigée par le philosophe Michel Surya, rend un dernier hommage académique à Daniel Bensaïd. Une vingtaine de contributions, de Gilbert Achcar à Enzo Traverso, en passant par Sophie Wahnich, Etienne Balibar, Gérard Mauger ou Alain Badiou, qui dressent un portrait sensible et éclectique du penseur marxiste décédé il y a six mois.

Deux cents pages durant, les diverses contributions (conclues par deux textes de Bensaïd, l'un déjà paru dans Lignes, revue à laquelle il participait, l'autre inédit et chapitre d'un livre en préparation avant sa mort) disent bien la complexité de la pensée du philosophe fondateur du mouvement du 22-mars 1968, puis figure de l'extrême gauche française, disparue le 12 janvier dernier.

On y croise différentes perceptions de Daniel Bensaïd, ainsi raconté par d'autres figures de la pensée radicale. «L'intellectuel symbolique» tenant d'un «optimisme volontariste» et d'un «pessimisme intellectualiste», décrit par Gilbert Achcar. Le «compagnon lointain» loué par Alain Badiou. Le spécialiste de Walter Benjamin, cherchant à savoir «comment on sécularise le messianisme, pour l'identifier à des luttes réelles», décrypté par Etienne Balibar. Le contributeur au «renouveau du marxisme», qui a rompu «avec le scientisme, le positivisme et le déterminisme», tel que le définit Michaël Lowy. Le «passeur», enfin, vu par Enzo Traverso comme «capable de décloisonner le trotskisme, de le sortir d'une défense stérile de l'héritage révolutionnaire (…) pour en faire un levier dans un projet à réinventer de critique à l'ordre dominant».

Arno Münster, Philippe Corcuff, Isabelle Garreau, Edwy Plenel (président de Mediapart), Michel Onfray ou Maurice Nadeau livrent également leur souvenir d'un théoricien à qui le NPA et la société Louise-Michel (qu'il avait fondée pour accompagner intellectuellement le nouveau parti anticapitaliste) consacreront une demi-journée de formation, lors de ses prochaines journées d'été.

Le sommaire de ce numéro, sur le site des éditions Lignes.

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  • «Leurs années Bensaïd», les souvenirs d'Henri Weber, Gérard Filoche, François Sabado, Jean-Paul Besset, Pierre-François Grond et Abdel Zahiri.

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