Cette révolution qui se cherche…

Une situation révolutionnaire se développe en France. Les signes avant-coureurs de cette situation critique se sont manifestés en 2016 face à loi El Khomri qui a débouché, dans un premier temps, sur la crise des élections de 2017. En 2018, le Benallagate ouvrait une première brèche dans laquelle a surgi le mouvement en Gilet Jaune. Maintenant, c’est le nauffrage, la débandade du pouvoir…

Cette situation « qui dure et qui ne peut plus durer », tant pour la population ouvrière et pauvre que pour les classes possédantes, tend vers l’explosion et le règlement de comptes général. Ce n’est pas propre à la France, d’ailleurs. Le Monde entier s’embrase.

Les États « forts » face à la pandémie

 Notre planète est dirigée par des États incapables de faire face à une épidémie qui, en 2020, ne devrait plus prendre personne au dépourvu. Le bilan provisoire du Covid 19/Coronavirus est grave : Le nombre de cas de nouveau coronavirus dans le monde s'élevait à 82.560 au moins, dont 2.813 décès, dans 50 pays et territoires, selon un bilan établi par l'AFP jeudi à partir de sources officielles.[1]

Les pays les plus touchés après la Chine sont la Corée du Sud, l'Italie, l'Iran et le Japon.

Vent de paniques sur les marchés financiers

 Conséquence collatérale : « Le vent de panique sur le marché des actions[2] a de nouveau provoqué un vaste mouvement vers les obligations[3], jugées plus sûres.

 Le taux à 10 ans sur les bons du Trésor américain évoluait ainsi proche de son plus bas historique aux alentours de 21H55 GMT, s'affichant à 1,267%, tout comme le taux à 30 ans, à 1,767%. ».

 Comme on peut l’imaginer, le Coronavirus n’est que l’élément déclenchant des secousses actuels en Bourse qui affichait des records de hausse, il y a encore dix jours.

 Le spectre d’un Krach rodait déjà avant l’irruption du Coronavirus.

Dans les faits, c’est la récession, malgré toutes les annonces de « reprise ». Une récession qui peut se transformer en une terrible dépression économique.

Spéculation dans la spéculation

On peut dire très schématiquement que les investisseurs en Bourse ont initialement acheté des actions pour en tirer de juteux dividendes. Ensuite, dans l’ivresse de la spéculation, ils ont acheté des actions pour les revendre plus cher. C’est la spéculation dans  la spéculation. Après l’ivresse vient la gueule de bois ou la banqueroute pure et simples. Les grandes sociétés ne peuvent rembourser aux créanciers qui ont souscrit des obligations.

 Le spectre d’un Krach rodait déjà avant l’irruption du Coronavirus. Dans les faits, c’est la récession, malgré toutes les annonces de « reprise ». Une récession qui peut se transformer en une terrible dépression économique.

Renault Flins et Air France – foyers d’explosions

C’est ainsi qu’en France, l’Usine Renault Flins est menacée de fermetures et un plan de licenciements s’ébauche. Qui en décide ? Les principaux actionnaires. Idem pour Air France où un plan de « départs » se dessine[4] Par les temps qui courent, ces plans destructeurs sont autant de foyers d’explosion sociale contagieuses, c’est-à-dire, révolutionnaires.

 Comme nous l’avons affirmé au début de cet article, le vent de la révolte souffle depuis 2016. Ce n’est pas Rachida Dati qui prétendrait le contraire. Invitée au « Bourdin direct », le 24 février, cette politicienne s’inquiète : « Le début des manifestations violents avec de la radicalité, cela a commencé avec les manifestations concernant la loi El Khomri »[5]

 « T’étais où ? »

La spirale infernale crise sociale- crise politique dévaste le pouvoir. Ainsi,  l’Edito électronique du Parisien de David Doukhan, ce 27 février

« … Face à lui [Macron], François Salachas, neurologue et membre du collectif interhôpitaux. Les deux hommes se serrent la main (…) « donnez-nous les moyens », « re-financez en urgence », « on est à bout, reprenez la main car vous n’êtes pas là », « donnez-nous les moyens de soigner ». Le ton est rude, le mode choisi est celui de l’impératif. Le médecin donne des ordres au président. Et ce dernier ne peut qu’acquiescer. Où est passé Jupiter ? Depuis la crise des Gilets jaunes, il a disparu (...) »

 Cet éditorialiste du soir souligne :

« Le vrai Macron, c’est ce jeune homme qui a pris d’assaut l’Elysée flamberge au vent et qui a paradé en « command car » le jour de son investiture. Un peu moins de trois ans plus tard, le voilà qui écoute et cajole : c’est un rôle de composition. Or le risque, lorsque l’on veut cacher sa nature autoritaire (pourtant en phase avec l’esprit des institutions de la Vème République), c’est de développer un problème d’autorité »

 Voilà qui se passerait de commentaires.

Ces media qui sont le porte-voix des angoisses de la classe dirigeante des capitalistes et des banquiers devant la débandade et le naufrage du pouvoir politique portent déjà Macron disparu. Les sauveteurs-secouristes « communistes », « socialistes », « insoumis » et « confédéraux » font tout ce qu’ils peuvent pour qu’il soit sans cesse réanimé jusqu’en 2022 et préparent « l’alternance » au cas où Macron et sa suite seraient K.O avant la date institutionnelle de péremption électorale.

A débattre- A suivre

Pour notre rédaction : Daniel

[1] https://www.boursorama.com/bourse/actualites/le-dow-jones-perd-pres-de-1-200-points-panique-persistante-autour-du-coronavirus-160491ee6d290ba0014f18829f0840a1

[2]  Rappel : Une action est un titre de propriété délivré par une société de capitaux (par exemple une société anonyme ou une société en commandite par actions). Elle confère à son détenteur la propriété d'une partie du capital, avec les droits qui y sont associés : intervenir dans la gestion de l'entreprise et en retirer un revenu appelé dividende./ https://fr.wikipedia.org/wiki/Action_(finance) Le dividende est une part des profits de la société dont l’actionnaire détient une part.

[3] Rappel : Les obligations sont des titres de créances, émises généralement par les sociétés et les Etats pour emprunter des fonds sur les marchés. - En souscrivant à une obligation, on prête donc à l'organisme émetteur. - On reçoit en contrepartie un intérêt annuel (le "coupon") avant d'être remboursé au terme de l'emprunt. https://droit-finances.commentcamarche.com/contents/996-les-obligations-definition-et-types  /

 

[4] https://actu.fr/ile-de-france/flins-sur-seine_78238/yvelines-lusine-renault-flins-sur-seine-est-en-danger_31674096.html et https://www.20minutes.fr/economie/2728167-20200227-air-france-compagnie-aerienne-prevoit-supprimer-environ-1500-postes-departs-contraints-fin-2022

 [5] https://youtu.be/3xu3pLFpb2k – à : 4’40’’

 

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