DANSES SUR UN VOLCAN

CHRONIQUE (mai 2020)- POUR UNE RÉPUBLIQUE DES TRAVAILLEURS - par Daniel Petri.

Contenu

DANSES SUR UN VOLCAN. 1

CHRONIQUE (mai 2020)- POUR UNE RÉPUBLIQUE DES TRAVAILLEURS. 1

La haine, non ? La rage ! 1

Bulles et krachs 1

Bombe à retardement à la Cour de justice de la République. 2

Le Covid peut-il tuer un homme  deux fois?. 2

La dépression économique, vue d’en bas 3

« Faut qu’ça déménage, fait sauter le barrage ». 3

Médecine libre – liberté de prescription. 4

Quand l’IGPN outrepasse sa fonction. 4

L’IGPN n’aurait rien à se mettre sous la dent ?. 4

 

Nous pourrions titrer cette chronique « LA HAINE » mais depuis que Kassovitz s’est macronisé, ce titre a perdu de son cachet. Cela n’empêchera personne de défendre le droit à la haine, entre autres libertés sacrifiées par l’ensemble des partis institutionnellement corrects. Et à tout ce beau monde qui ne se contente pas de nous servir à rien, nous les travailleurs et la population qui souffre…

La haine, non ? La rage !

Le chef de l’État vient de retomber à son point mort bas dans les sondages. « La popularité d'Emmanuel Macron s'effondre (-7) »[1] .

La cote du canasson suprême s’était redressée, (laissant tout de même derrière elle 52% de mécontents). Elle s’était rehaussée à la faveur de mensonges éhontés sur le maintien du pouvoir d’achat de tous pendant « la guerre contre l’ennemi invisible ». Chômeurs partiels, coiffeurs, commerçants et artisans se sentent trahis car la parole de l’État, portant le cachet des grands media, faisait sens. Pour tous ces sacrifiés de la guerre macronique, ce n’est pas la haine qui domine mais la rage. Voilà qui déteint sur les sondages même lorsque que ces enquêtes sont  aseptisées, comme chacun sait.

Sans cesse pris dans maintes ornières, le pouvoir n’a d’autre alternative que se démettre ou saccager les libertés. Ainsi, la loi contre la haine sur internet vise aussi tous les journaux en ligne, pour peu qu’ils publient une info propice à « la haine ». Pour sûr, cet arbre-là ne cache pas la forêt. Mais, il n’en jette pas moins sur elle une lumière âcre. Ce n’est pas comme si, avant même l’épidémie pandémique, ne s’était produite qu’une simple récession passagère, soluble par une cure d’austérité. 

Bulles et krachs

En fin novembre dernier, quelque chose s’est modifié. Une crise financière s’est abattue sur le monde. Pas une crise financière simple mais une crise totale industrielle, commerciale, bancaire et pétroleuse, en même temps.

Ainsi, le 09 décembre 2019, l’économiste Sébastien Laye (PDG d’Aslan Investissement et chercheur associé en économie à l’Institut Thomas More) « décrit notre économie comme « bilancielle », c’est-à-dire que la richesse provient plus de la valeur financière des actifs que de la production effective, engendrant bulles et krachs. » - « « Simple ralentissement économique » ? Non, dit-il, « crise financière bien plus grave qu’un simple trou d’air conjoncturel ». [2]

Nous pensons donc qu’il faut poser les jalons d’un mouvement vers le socialisme des travailleurs et des peuples, un mouvement de femmes et d’hommes libres, de « sans grades », de jeunes et d’anciens. Pour en finir avec l’exploitation et l’Oppression. A partir des problèmes que se pose la population, maintenant.

Bombe à retardement à la Cour de justice de la République

Par exemple, monsieur Eric Mandonnet, journaliste de l’Express a écrit le 19 mai 2020 :

 « La ligne de crête entre responsabilité politique et culpabilité judiciaire craque. La soif de sang (sic !) a envahi le paysage. Cela s'appelle une bombe à retardement. (…)Une lettre recommandée adressée au président de la Cour de justice de la République (CJR) : cette fois, c'est un élu, maire d'une petite commune de Normandie depuis quarante ans, qui porte plainte contre Edouard Philippe. Le nombre d'actions fait sens, le nombre de ministres concernés aussi. Plus de 60 plaintes (63 au soir du 12 mai, selon le procureur général François Molins) ont été déposées contre des membres du gouvernement pour leur gestion de la crise du Covid : mise en danger de la vie d'autrui, non-assistance à personne en danger, abstention de mesures en vue de combattre un sinistre, homicides involontaires, etc. L'éventail des visés est large :

Edouard Philippe et les deux ministres successifs de la Santé, Agnès Buzyn et Olivier Véran, Nicole Belloubet (Justice), Muriel Pénicaud (Travail) et le duo Christophe Castaner - Laurent Nuñez (Intérieur). » [3]

Le Covid peut-il tuer un homme  deux fois?

Parmi ces plaintes dont celle des 600 a été le vecteur, évoquons celle de madame Sabrina Djemoui :

« Son époux, médecin généraliste à Champigny- sur-Marne, dans le Val- de-Marne, est décédé du coronavirus le 2 avril dernier. Pourtant, Sabrina Djemoui se serait vu remettre par l’hôpital où son mari avait été hospitalisé un document qui la plonge dans le désarroi. « Sur l’acte de décès, il est fait mention d’une mort naturelle, et non du Covid-19 », dit-elle »[4].

Une telle mention « mort naturelle » fait que madame Djemoui ne bénéficiera pas de l’assurance-vie de son mari, c’est un peu comme s’il avait été tué une seconde fois.

Médecin généraliste qui a soigné ses patients jusqu’à son hospitalisation,  il a dû travailler sans masque, sans filet. Pendant que le satrape suprême innommable nous priait d’applaudir les personnels soignants chaque soir à 20 heures. Ce n’est pas comme si monsieur Macron mentait, il ne sait pas dire vrai, de peur de s’écorcher la bouche. Je dis ça car il est recommandé d’être très nuancé en ce moment, surtout avec un bâillon sur la tronche. Ce n’est pas comme si le pouvoir truquait tous les chiffres, ils ont tous été formés à l’École Nationale d’Arnaques, croyant que c’était toujours une école d’administration formant des inspecteurs, pas des pantoufleurs[5].

La dépression économique, vue d’en bas

Dans le Huffingtonpost du 27 mai, monsieur Geoffroy Clavel écrit : 

« Près d’un Français sur trois (32%) interrogé par YouGov pour Le HuffPost dans notre étude d’opinion hebdomadaire affirme ainsi avoir vu la situation financière de son foyer se détériorer par rapport à il y a un mois. Et ce n’est qu’un début. 

Après une progression spectaculaire du nombre de chômeurs au mois de mars (+7,1%), les chiffres du mois d’avril, quand l’essentiel de l’économie française tournait au ralenti, sont attendus pour la fin de semaine. Et ils pourraient acter un nouveau coup dur pour de très nombreux salariés.

Dans le détail, 15% des 1011 personnes interrogées par YouGov indiquent avoir été mises au chômage partiel sur ces 5 dernières semaines. Selon une estimation du ministère, environ 8,6 millions de salariés auraient été ainsi effectivement placés en avril en activité partielle. 11% déclarent avoir vu leurs heures de travail réduites et 6% indiquent avoir dû prendre des congés, voire des congés sans solde.

Sur le papier, le chômage partiel n’affecte qu’à la marge les revenus d’un salarié. Celui-ci perçoit normalement au minimum le Smic net et jusqu’à 84% de son salaire net au-delà. Il peut même espérer davantage, mais à condition que son entreprise complète la différence. Ce qui n’a pas toujours été le cas. (…)À l’échelle nationale, 78% [des sondés] anticipent une récession pour les 12 prochains mois. Le contexte international, où les principaux partenaires commerciaux de la France se débattent avec les mêmes soucis, ne contribue guère à les rassurer. 79% des personnes interrogées se disent inquiètes par la récession mondiale. »[6]

« Faut qu’ça déménage, fait sauter le barrage »

En d’autres temps, la CGT aurait mis en avant un Plan de lutte contre le chômage et de travaux publics avec des nationalisations de trusts-clé.[7] Nous parlons ici de la CGT réformiste.

Ni réformistes, ni révolutionnaires, Martinez-Veyrier sont « concertistes » pour le Pouvoir, ils ne cherchent pas à rompre les liens du « dialogue » avec Macron-Philippe-Pénicaud. Ils attendent toujours de ce gouvernement qu’il fasse quelque chose, enfin, qu’il gouverne de façon « pro ». Comme si c’était un problème « d’amateurisme », même si cela existe aussi, en plus !

Quand nous voyons manœuvrer ces opposants ou contestataires syndicaux qui tentent d’enrayer toute initiative de lutte, toute riposte démocratique, nous  prend une belle envie de fredonner la chanson de Jacques Higelin : « Faut qu’ça déménage, fait sauter l’barrage ».-Lire ici : https://www.youtube.com/watch?v=5FkCoWad104&list=PLG3zvMyLBkRggsCtBA67Jgh3Iuj1dbfiG&index=22 – 02’38’’

Médecine libre – liberté de prescription

Nous devrions du coup parler du professeur Raoult, nouvel ennemi public des medias. Nous ne sommes pas chargés de le défendre, en ce qui nous incombe. En revanche, nous sommes de celles et ceux qui défendent LA LIBERTÉ DE PRESCRIPTION des médecins et donc leur droit de prescrire de l’Hydrochloroquine en accord avec leur patient. Ce n’est ni au Pouvoir, ni à l’OMS d’en décider. Il existe en France une médecine dite « libérale », c’est-à-dire une médecine libre. Existe seulement une liberté qui ne soit dans le Lanceur de Balle de Défonce du Pouvoir ?

Quand l’IGPN outrepasse sa fonction

A nouveau Mediapart est dans le viseur : le 26 mai, monsieur Patrick Arfi relate pour ce journal en ligne « Affaire Legay: la police des polices traque les sources de Mediapart

La journaliste de Mediapart Pascale Pascariello, qui avait permis de démontrer les mensonges du président de la République dans une affaire de violences policières, a été entendue comme suspecte, mardi 26 mai, par l’IGPN. C’est la quatrième fois en moins de 18 mois que la justice essaye de s’en prendre aux sources de Mediapart à la suite d’enquêtes embarrassantes pour l’exécutif. »

La reporter de Mediapart Pascale Pascariello, qui avait permis de démontrer les mensonges du président de la République et du procureur de Nice dans le dossier Geneviève Legay,[8] une retentissante affaire de violences policières, a été entendue comme suspecte, mardi 26 mai, à Paris, par un commissaire général et une capitaine de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). » Lire: https://www.mediapart.fr/journal/france/260520/affaire-legay-la-police-des-polices-traque-les-sources-de-mediapart

Que vient faire l’IGPN ici ? Cette institution bœuf-carotte est-elle habilitée à interroger comme suspect des personnes qui ne sont pas fonctionnaires de police ?! C’est nouveau, ça vient de sortir, comme aurait dit Coluche !!!

L’IGPN n’aurait rien à se mettre sous la dent ?

Ce n’est pas comme si l’IGPN n’avait pas des affaires plus burlesques, à se mettre sous la dent.  Pour RTL, monsieur Guillaume Chieze relate :

« Jeudi 21 mai au soir, peu après 23 heures, un gardien de la paix affecté en Seine-Saint-Denis promenait son chien à Dammartin-en-Goele (Seine-et-Marne) lorsque deux hommes ont fait irruption et l’ont gazé à deux reprises en utilisant une gazeuse lacrymogène.

La victime appelle alors la gendarmerie et leur décrit la scène, ainsi que l’immeuble dans lequel les deux hommes sont allés se réfugier. Il leur précise également que ses agresseurs étaient porteurs de pantalons identiques à ceux utilisés par les forces de l’ordre.
Une patrouille de gendarmerie arrive au pied de l’immeuble, remarque un appartement allumé d’où leur parviennent des éclats de voix. Ils interpellent alors les deux occupants. Il s’agit de deux fonctionnaires de police. L’un est adjoint de sécurité, l’autre gardien de la paix. Tous deux sont affectés à la police aux frontières de Roissy. Ils déclarent avoir consommé une bouteille et demie de whisky et fumé un joint de cannabis. L’un a un taux d’alcoolémie de 2g par litre de sang, l’autre un peu moins.

Ils reconnaissent avoir eu l'idée de faire usage de leur conteneur lacrymogène police sur la voie publique pour "voir ce que cela fait" et l’avoir utilisé devant chez eux à deux reprises sur la victime avant de prendre la fuite dans le hall de leur immeuble. Lors de la perquisition de l’appartement, les gendarmes ont également découvert un conteneur lacrymogène siglé "Police nationale" de 500ml. » [9]

C’est sur la délinquance au sein des forces de l’ordre que ces inspecteurs de la police des polices sont censés enquêter, non ?

 Revenons encore et toujours à l’appel des 600 médecins : au dernier relevé, 519 399 ont signé. Sans l’aide d’aucun parti, syndicat, association nationale, journal.
Comptons sur nos propres forces, nous les femmes et hommes de la rue. Haut- les- cœurs et bien à vous toutes, vous tous.   
Merci de nous survoler ou de nous lire.

[1] https://www.bfmtv.com/politique/la-cote-de-popularite-de-macron-devisse-7-points-philippe-resiste-1920740.html

[2] https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/12/08/simple-ralentissement-economique-non-crise-financiere-bien-plus-grave-qu-un-simple-trou-d-air-conjoncturel_6022084_3232.html NB : nous l’avions mis en avant quand nous n’étions pas en blog mediapart.

[3] https://www.lexpress.fr/actualite/politique/gestion-de-la-crise-du-coronavirus-la-folle-envie-des-francais-de-faire-tomber-des-tetes_2126017.html?utm_source=ocari&utm_medium=email&utm_campaign=20200523080101_21_nl_nl_lexpress_quotidienne_5ec8bbe34c964d9a7d8b4567&xtor=EPR-181-[20200523080101_21_nl_nl_lexpress_quotidienne_5ec8bbe34c964d9a7d8b4567_002L6B]-20200523-[_005EGL2]-[RB2D106H001WI0RE]-20200523060300#EMID=7bd0ffc2c960ecfdd1fd7ac5d73c320c2aea8d6bb1549dabc426bcb103def794         

[4] https://sfrpresse.sfr.fr/article/eb07c1b5-432d-4d22-8ca5-9f43bd0cd35c - Article d’Angélique Négroni- Le Figaro.

[5] Pantoufler, dans le jargon des initiés, veut dire se trouver une sinécure dans les taules privées, comme Macron, par exemple.

[6] https://www.huffingtonpost.fr/entry/crise-un-francais-sur-trois-juge-que-sa-situation-financiere-sest-deterioree-depuis-un-

[7] La CGT avait proposé un tel plan en 1935

 

[8] Geneviève Legay, 73 ans, militante d’ATTAC, grièvement blessée par une charge policière, le 23 mars  2019 à Nice. S’en était suivi une affaire d’État. Entre autres : « un escadron de gendarmes a refusé de participer à la charge à l’origine de la grave blessure à la tête de Geneviève Legay, malgré les ordres donnés par le commissaire Rabah Souchi. Les militaires estimaient que cette action était excessive au vu de la situation. »- https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2019/06/25/affaire-genevieve-legay-la-police-mise-en-cause-dans-la-blessure_5481029_1653578.html

[9] https://www.rtl.fr/actu/justice-faits-divers/deux-policiers-alcoolises-et-drogues-gazent-un-autre-policier-en-pleine-rue-7800541872

 

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