Retour sur la Droite, la Gauche, le PS, sa droite, sa gauche, vus d'au-dessus.

 

Que le clivage gauche/droite sous sa forme ancienne n’est plus opérant pour différencier les courants du PS, mais qu’il faut sans doute en réintroduire une forme nouvelle pour y comprendre quelque chose malgré tout.

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J’ai déjà indiqué ailleurs que le clivage droite gauche tel qu’on a coutume d’y faire référence est caduc. L’ancien clivage gauche/droite, non pas tout clivage gauche/droite. L’ancien seulement.

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Dans ce que j’ai appelé « l’ancien logiciel », celui qui n’est souvent que très imparfaitement désinstallé, et que nous avons hérité du marxisme politique, la droite c’est les politiques favorables à l’économie de marché, libérale, forcément libérale, et la gauche ce qui va dans le sens de la révolution collectiviste, avec dictature du prolétariat.

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Les acteurs se positionneraient sur un axe allant de l’extrême-droite à l’extrême-gauche, celle-ci constituant la « gauche 100% », et les socialistes tendant à être plus ou moins - plutôt plus que moins - droitiers, et plus ou moins - plutôt plus que moins - honteux de l’être, ou effrontés, c’est selon.

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Je tiens qu’il faut en finir avec cette fable comme il faut en finir avec la fascination pour le prétendu « socialisme » de caserne. La nostalgie est ici malvenue, et c’est pour le coup qu’on devrait chanter: « Du passé faisons table ra-a-se ».

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Certes il y a un point de vrai dans l’ancien schéma: la droite défend bien les intérêts du Capital, et la gauche ceux des Travailleurs. Mais si nous répudions l’impasse totalitaire (ce n’est pas le lieu d’en discuter, nous supposons ici que cette répudiation est faite), mais non l’idéal d’égalité, voire de fraternité, et de société heureuse, qui animait malgré tout ses promoteurs, et si nous rejetons le libéralisme économique, autrement dit le capitalisme (mais non l’économie de marché), alors nous ne pouvons plus conserver la vieille opposition telle qu’elle était pour apprécier les courants du PS. Les socialistes sont tous ralliés à la perspective de l’économie de marché sociale et écologique, et tous partisans de la démocratie approfondie qui va avec (passons sur les nuances et les inconséquences).

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Dans le grand clivage entre la droite qui veut défendre, soit le libéralisme à tous crins, soit l’économie de marché régulée à droite (capitalisme au sens strict:, le but économique poursuivi étant l’accumulation du Capital, et la gauche qui prétend défendre les intérêts des travailleurs par la régulation à gauche, le but économique poursuivi étant le bien-être des peuples, les socialistes sont tous du même côté, et il n’y a pas lieu de jouer à « plus à gauche que moi tu meurs ».

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Le clivage gauche/droite peut servir à positionner l’ensemble du PS, non à différencier les courants. Si l’on veut faire une différence, ce peut être sur un axe utopie-réalité, les uns s’attachant à décrire une société idéale telle qu’elle pourrait être quand les problèmes seront résolus, et à donner des pistes de réflexion pour une politique future, voire à souligner des urgences, les autres se préoccupant davantage d’armer la gauche française (et européenne) pour les combats immédiats. Les deux orientations sont légitimes. Aux militants, au moment de voter, de juger quelle motion réunit le mieux les deux exigences et réalise la synergie la plus efficace.

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On peut aussi avancer une autre distinction gauche/droite et revenir pour ce faire à celle d’avant la captation du marxisme politique: distinguer les courants et motions nostalgiques des débats passés et ceux qui cherchent à se positionner à l’avant-garde (de façon réaliste mais audacieuse) sur les divers sujets de société: la droite figée et la gauche fluide, la répétition répétitive (rébarbative) et l’avancée vers l’avant (audacieuse), si je puis me permettre cette double lapallissitude. Mais je m’arrête au seuil de la polémique.

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