PS : le choix entre la clarification ou la poursuite de la confusion

Pour qui ne supporte pas la politique de Sarkozy et place tous ses espoirs dans les élections présidentielles de 2012, ce lundi matin doit avoir un gout amère.Courage, le vote du 20 novembre prochain pour désigner le premier secrétaire peut conduire au pire (poursuivre sur la ligne d’imposture menée depuis 1983) ou au meilleur (offrir une véritable clarification).

Pour qui ne supporte pas la politique de Sarkozy et place tous ses espoirs dans les élections présidentielles de 2012, ce lundi matin doit avoir un gout amère.

Courage, le vote du 20 novembre prochain pour désigner le premier secrétaire peut conduire au pire (poursuivre sur la ligne d’imposture menée depuis 1983) ou au meilleur (offrir une véritable clarification).

Au pire, comment ? En confortant la ligne qui depuis 1983, et le tournant de la rigueur, a conduit le PS et, plus largement la Gauche, dans l’impasse actuelle : discours à gauche, politique au centre voire à droite. Un long billet ne suffirait pas à dresser la liste de tous les actes qui de 1983 à 2002 prouvent la réalité de cette posture et de cette imposture. Deux exemples récents sont suffisamment exemplaires. Le référendum de mai 2005 sur la constitution européenne, et ses suites en 2007 avec le traité de Lisbonne. Les alliances conclues lors des dernières législatives.

L’Europe, d’abord. Sous la houlette de son aile la plus droitière, à l’origine du tournant de 1983, le PS a progressivement abandonné tout espoir, d’abord, puis toute volonté, ensuite, d’infléchir la construction très libérale de l’Europe, tout en continuant, contrairement aux autres partis sociaux-démocrates européens, d’afficher un discours de type « première gauche ». L’imposture éclate en mai 2005 : la direction du PS soutient le projet de constitution européenne qui grave dans le marbre les principes centraux des libéraux –la concurrence libre et non faussée et la marchandisation de toutes les activités ; 60% des adhérents soutiennent cette position ; 55% des électeurs votent non au référendum. Lors de la campagne présidentielle le PS et sa candidate prennent l’engagement de faire revoter les français en cas de nouveau projet. Lors du congrès de Versailles, l’abstention (141) ou le vote pour (32) d’une majorité des parlementaires du PS permet à Sarkozy de ne pas soumettre au vote des Français le traité de Lisbonne, qui reprend selon Giscard d’Estaing le contenu de la défunte constitution. Le PS décide alors d’approuver le traité de Lisbonne.

Sur l’alliance avec le MODEM. Il suffit de noter que la première signataire de la motion D qui s’élève contre ces alliances a, lors des dernières municipales, alors même qu’elle était assurée d’être réélue s’est allié avec les représentants locaux du MODEM.

Le 20 novembre les militants du PS ont donc le choix entre poursuivre la démarche de confusion entamée –en votant pour Martine Aubry –ou mettre en cohérence, enfin, le discours et les actes. En votant pour Ségolène Royal ils positionneront, dans le discours et plus seulement dans les actes, le PS comme un parti partageant l’essentiel des orientations et des politiques des partis sociaux-démocrates européens et acceptant clairement de possibles alliances avec le MODEM. En votant pour Benoit Hamon, ils afficheront une volonté de « recentrage à gauche », cohérente avec le non au référendum de mai 2005. Dans ces deux cas (Royal, Hamon) ils auront effectué un travail de clarification salutaire pour la Gauche et surtout pour les Français. Si Martine Aubry venait à l’emporter l’installation dans la durée de Sarkozy, en France, et d’une orientation libérale en Europe est garantie.

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