Sarkozy et Zenawi sur le climat : une belle opération de com ?

Dans le contexte d’une négociation de Copenhague engluée, que penser de la déclaration conjointe de Nicolas Sarkozy et du premierministre éthiopien Zenawi ?

 

A première vue, cette déclaration peut jouer un rôle positif en rapprochant les points de vue des africains – jusque là très énervés, à juste titre, contre le processus de négociation – de ceux de l’Union européenne. Cette déclaration est en effet une répétition de la position européenne… sauf sur les deux propositions controversées de la France : la taxe sur les transactions financières et la création d’une Organisation Mondiale de l’Environnement.

 

On peut être cependant très surpris d’une initiative qui ne relève pas d’une consultation au sein de l’Union européenne – qui a pourtant tellement besoin d’unité ! – et peut être pas d’une consultation au sein des pays africains. En attendant une réaction de ces derniers, la société civile africaine est déjà vent debout contre cette déclaration qui affaiblit la position de ses pays, que ce soit sur l’objectif de limiter le réchauffement endessous de 1,5°C ou sur les montants financiers demandés à l’horizon 2020. Plutôt que de rapprocher les points de vue, cette déclaration pourrait in fine perturber la négociation et conduire à plus de confusion. Mais pour cela encore faudrait-il qu’elle ait un retentissement quelconque, qu’elle soit autre chose qu’un texte mort-né ne provoquant que quelques bisbilles superficielles à Copenhague et dans la communauté franco-française.

 

Surtout, comme le plan justice-climat de Jean-Louis Borloo, cette déclaration focalise la question des financements de long terme sur la taxe sur les transactions financières, un outil en dehors de la négociation climat qui n’aide pas voire freine des avancées sur les outils qui en font vraiment partie comme la taxe sur le transport maritime. Si la France prétend officiellement défendre ce dernier outil, elle le met largement de côté dans son travail concret de négociation. Il en serait de même lorsqu’il s’agit de défendre concrètement le passage de l’Union européenne à un objectif de réduction de ses émissions de 30%...

 

Conclusion : peut être juste une belle opération de com !

 

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