Dans un article récent du New York Times, Andrew Pollack montre comment l'industrie pharmaceutique a torpillé un travail scientifique fondamental concernant le traitement de l'hypertension artérielle.
Le Formindep reprend l'article et en fournit une traduction. Nous apprenons qu'un travail scientifique d'envergure a été monté à la fin des années 90 par les autorités sanitaires étatsuniennes : l'étude ALLHAT. Pas moins de 130 millions de dollars ont été consacrés au suivi de dizaines de milliers de patients hypertendus pendant 4 ans. L'objectif était de déterminer quel était le profil de risque et l'efficacité des différents médicaments de l'hypertension artérielle.
Surprise de taille : le traitement le plus sûr et le plus efficace se révéla être un vieux diurétique ! L'équivalent de ce médicament, l'hydrochlorothiazide, est vendu en France depuis 1960 sous le nom d'Esidrex. A la dose recommandée d'un demi-comprimé par jour, son prix de revient est de 4 centimes par jour, soit jusqu'à 50 fois moins que d'autres médicaments plus modernes, mais finalement moins efficaces.
Hydrochlorothiazide - Esidrex
Les ventes de diurétiques ont-elles explosé aux USA ou en France ? Les médecins se sont-ils empressés de conjuguer efficacité, sécurité et économie ?


Et bien non. L'article du Formindep montre, à partir des statistiques de l'assurance maladie, que les médecins français comme leurs confrères étatsuniens n'ont pas facilement changé leurs prescriptions. Pollack décrit en détails comment l'industrie a financé un courant critique contre cette étude, et a été jusqu'à emmener les médecins en excursion pendant la présentation de ses résultats...


Le poids de l'industrie pharmaceutique dans l'information et la formation des médecins pèse décidément autant sur la santé publique que sur le financement de l'assurance maladie, au vu et su des politiques, et toujours dans leur indifférence permanente et coupable.

 

Conflits d'intérêts de l'auteur : consultant permanent aux éditions du Vidal.

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