clairefiddle
Abonné·e de Mediapart

Billet publié dans

Édition

Quoi de neuf Docteur ?

Suivi par 69 abonnés

Billet de blog 8 mai 2008

les jeunes et l'alcool... arrêter le massacre

clairefiddle
Medecin Generaliste
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

en réponse à un article sur le Binge Drinking en Irlande (Yolaine Maillet)
L'alcool du vendredi et samedi soir (voire du dimanche) est devenu une façon de vivre chez les jeunes par chez moi aussi, et aussi avec ce genre de boissons très sucrées qui font passer l'alcool. Je suis médecin généraliste, et le passage des 15-20 ans au cabinet n'est pas si fréquent que cela, surtout pour les garçons (pas de contraception pour eux...); alors il faut à tout prix saisir ce moment (une angine, un certificat de sport...) pour aborder le sujet avec eux. On commence par le tabac, c'est plus facile d'en parler... et l'alcool? ah! non, je ne bois pas, enfin, si, le week-end, comme tout le monde, avec les copains, quoi! (air béat de celui qui se rappelle sa dernière cuite...) J'essaie alors de démarrer une discussion (type entretien motivationnel), je leur demande ce qui leur plaît là dedans, comment c'est le lendemain, si leur copine trouve ça top, ... en grattant bien, ils se rappellent, qui d'un copain qui a fini en coma éthylique à l'hôpital, qui d'une soirée terminée au poste de police avec une arcade fendue sans trop avoir compris ce qui s'était passé, qui la copine avec qui ça ne marche plus trop et tourne le dos en se couchant. Certains même parlent de leur père que l'alcool a rendu irresponsable, mauvais, voire violent.

Un lundi matin, un de mes jeunes patients s'est effondré dans mon bureau en sanglotant. Il avait passé avec quelques copains une de ces soirées du samedi et avaient "réconforté" à leur manière leur pote qui s'était fait plaquer par sa copine. Puis chacun était reparti chez soi, bien alcoolisé. Sauf le jeune au chagrin d'amour qui avait fini la nuit dans sa voiture et s'était pendu au petit matin dans la grange à côté... Personne n'aurait pu imaginer qu'il allait faire ça. Il n'aurait pas du mourir, allait bien dans sa famille, il n'était pas dépressif, à 18 ans, même si c'est dur de se faire plaquer, on survit, ou alors personne n'atteindrait l'âge adulte...
pour les autres, aux cuites du samedi soir font suite au bout de quelques années un apéro, une ou deux bières le soir, puis le midi, et puis une partie d'entre eux devient alcooliques et bousillent leur famille, les autres juste dépendants (ils ne le savent pas mais ne peuvent rester plus de 3-4 jours sans boire, et d'ailleurs, à quoi ça servirait, hein?) ceux là, à 50 ans, quand on leur demande s'ils boivent de façon habituelle répondent "comme tout le monde" avec un clin d'oeil.

Et ceci n'est pas anecdotique, dans ma région, on n'aime pas produire les statistiques sur l'alcool. ça nous fait honte... Comme c'est bizarre, le suicide des jeunes aussi a le vent en poupe, et les accidents de voiture...

Et pourtant j'aime bien un bon verre de vin rouge de temps en temps...

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Des titres de séjour suspendus aux « principes de la République » 
Le ministre de l’intérieur veut priver de titre de séjour les personnes étrangères qui manifestent un « rejet des principes de la République ». Cette mesure, déjà intégrée à la loi « séparatisme » de 2021 mais déclarée inconstitutionnelle, resurgit dans le texte qui doit être examiné d’ici la fin de l’année. 
par Camille Polloni
Journal
Le gouvernement rate l’épreuve du feu
Le début du second quinquennat Macron n’aura même pas fait illusion sur ses intentions écologiques. Depuis le début de cet été catastrophique – canicules, feux, sécheresse –, les ministres s’en tiennent à des déclarations superficielles, évitant de s’attaquer aux causes premières des dérèglements climatiques et de l’assèchement des sols.
par Mickaël Correia et Amélie Poinssot
Journal — États-Unis
L’auteur britannique Salman Rushdie poignardé
Salman Rushdie était hospitalisé vendredi après avoir été poignardé, alors qu’il s’apprêtait à prendre la parole sur une scène de l’État de New York.
par La rédaction de Mediapart
Journal — Conjoncture
Le nouveau plein emploi n’est pas le paradis des travailleurs
De l’emploi, mais des revenus en berne et une activité au ralenti. La situation est complexe. Pour essayer de la comprendre, Mediapart propose une série de deux articles. Aujourd’hui : pourquoi le nouveau plein emploi ne renforce pas la position des salariés.
par Romaric Godin

La sélection du Club

Billet de blog
DragRace France : une autre télévision est possible ?
Ce billet, co-écrit avec Mathis Aubert Brielle, est une critique politique de l'émission DragRace France. Il présente la façon dont cette émission s'approprie les codes de la téléréalité pour s'éloigner du genre en matière de contenu et de vision du monde promue.
par Antoine SallesPapou
Billet de blog
« As Bestas » (2022) de Rodrigo Sorogoyen
Au-delà de l’histoire singulière qui se trouve ici livrée, le réalisateur espagnol permet une nouvelle fois de mesurer combien « perseverare » est, non pas « diabolicum », comme l’affirme le dicton, mais « humanissimum ». Et combien cette « persévérance » est grande, car digne de l’obstination des « bêtes », et élevant l’Homme au rang des Titans.
par Acanthe
Billet de blog
33e Festival de Fameck - Mounia Meddour, Présidente du jury et l'Algérie, pays invité
L’édition 2022 du Festival du Film Arabe de Fameck - Val de Fensch (qui se tiendra du 6 au 16 octobre) proposera sur onze jours une programmation de 30 films. La manifestation mettra à l’honneur l’Algérie comme pays invité. Le jury longs-métrages du festival sera présidé par la cinéaste Mounia Meddour.
par Festival du Film Arabe de Fameck
Billet de blog
« Les Crimes du futur » de David Cronenberg : faut-il digérer l'avenir ?
Voici mes réflexions sur le dernier film de David Cronenberg dont l'ambition anthropologique prend des allures introspectives. Le cinéaste rejoint ici la démarche de Friedrich Nietzsche qui confesse, dans sa "généalogie de la morale", une part de cécité : "Nous, chercheurs de la connaissance, nous sommes pour nous-mêmes des inconnus, pour la bonne raison que nous ne nous sommes jamais cherchés…"
par marianneacqua