L’extinction programmée du Crédit immobilier de France (CIF) :

La crise financière : une occasion ratée pour mettre en place et consolider un pôle financier public : l'exemple de l’extinction programmée du Crédit immobilier de France (CIF) :

C'est l'expression d'une préoccupation de l'Etat français, tous régimes politiques confondus, confrontés à une situation de crise financière et d'insuffisance des ressources budgétaires, que de provoquer la récupération et la vente de tous patrimoines publics ou parapublics et ce pour renflouer les comptes publics en déséquilibre croissant. Cela aura été le cas en sacrifiant une institution financière atypique qu'est le Crédit Immobilier de Franceet et les 59 Sociétés anonymes de crédit immobilier (SACI), actionnaires du CIF, disposant de patrimoines et de fonds conséquents, construits avec l'appui des pouvoirs publics dans leur partenariat avec l'organisme public des Habitations à loyers modérés (HLM)

Ce faisant, l'Etat (le Trésor) récupérera au passage quelques ressources utiles au budget. En l'espèce, on a relevé bizarrement une concordance, sinon une complicité, entre d'une part les visions de démolition insidieuse des composantes d'un pôle financier public et associatif en délitement, au profit du pôle financier privé, et d'autre part les manipulations douteuses et dangereuses des agences de notation qui se sont octroyées le droit de saisir toutes occasions opportunes pour peser sur le statut et le devenir des Etats et des institutions économiques et financières, publiques et privées. Le cas s'avère concluant lorsqu'on releve la concordance entre les manipulations et les menaces de dégradation de la note du CIF par l'Agence Moody's d'un côté et les injonctions des institutions françaises en charge de l'accompagnement voire de la régulation du système bancaire français, pour pousser le CIF à rechercher et à trouver un opérateur pour endosser, garantir et stimuler ses opérations de l'autre. Apparente contradiction qui ressemble bien à une complicité pour pousser le CIF à "l'extinction". Le Gouvernement, pour minimiser sa part de responsabilité a bien avancé l'excuse d'une recommandation de la Commission européenne pour sacrifier cet opérateur et récupérer ses biens, laquelle Union européenne s'en est défendue, fournissant des preuves à l'appui.


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