L’amendement feuille de vigne fiscale

De la pommade pour adoucir la peine des députés de la gauche du parti socialiste et des écologistes. La quadrature du cercle bancaire, le carré de l’hypoténuse de la fraude légale selon et par le vertueux Pierre Moscovici qui est à la manœuvre. Eviter de faire souffrir les banquiers tout en cajolant les récalcitrants de la gauche de son parti, et surtout une assurance face à la défiance de ceux-ci, à devoir voter un texte bancal sans entamer l’unité de façade de la majorité présidentielle.

De la pommade pour adoucir la peine des députés de la gauche du parti socialiste et des écologistes. La quadrature du cercle bancaire, le carré de l’hypoténuse de la fraude légale selon et par le vertueux Pierre Moscovici qui est à la manœuvre. Eviter de faire souffrir les banquiers tout en cajolant les récalcitrants de la gauche de son parti, et surtout une assurance face à la défiance de ceux-ci, à devoir voter un texte bancal sans entamer l’unité de façade de la majorité présidentielle. Une façade majoritaire, elle déjà mal menée à sa gauche par l’opposition du FDG. Un risque de crise évitée à la marge de la réforme bancaire qui était jusqu’à lors très contestable et à vrai dire sans véritable changement radical. Une réforme plus un amendement que  Pierre Moscovici les a invités à avoir le triomphe modeste face au mécontentement des banques, qui craignent d'être pénalisées par ce texte. Un amendement qui a été adoptée en commission des Finances, ce texte de loi qui obligerait la transparence sur les activités bancaires françaises dans les paradis fiscaux.

Extrait Libé [ …//… «Colossale» pour les écologistes, «considérable» pour le socialiste Yann Galut, «belle» pour son camarade Gwenegan Bui, «très forte» pour le radical de gauche Jean-Noël Carpentier, l’avancée a été saluée à gauche comme «un enrichissement» du projet de loi, accepté par le gouvernement en commission des Finances il y a une semaine. …//…]

Résumons, un colossal enrichissement d’une loi qui est surtout vide à l’origine, une belle et très forte « avancée » à zyeuter ce que les banques pourront encore trafiquer, mais rien de bien nouveau pour les taxer des justes impôts. Le droit de savoir de combien ils peuvent s’en mettre de coté. Oui mais encore ? 

Morale ou croisade contre l’ennemi intime du président ?

Pierre Moscovici est désappointé, et inquiet de l’humeur de ses amis banquiers, rappelant que leur entente jusqu’alors notable au sujet de cette réformette, s’est depuis effacée à l’apparition de ce bond en loi de transparence, que «dans l’univers bancaire français, personne n’est satisfait de cet amendement» mais aussi qu’il était dans «une approche de moralisation, pas dans une croisade», «N’en rajoutons pas»,  même si il approuve les «avancées certaines et réalistes» et à préserver «l'équilibre» trouvé, a-t-il confirmé.  

L’UMP : l’intérêt général c’est le paradis fiscal !

Opposition de circonstance, et jeux de scènes dans l’hémicycle, le président de la commission des Finances,  Gilles Carrez (UMP) a critiqué la mesure telle qu’adoptée en commission des Finances, qui va, à ses yeux, «tirer une balle dans le pied» des banques françaises en étant trop large. Reprochant à Pierre Moscovici d’avoir «perdu gravement le sens de l’intérêt général pour donner satisfaction à telle ou telle partie de la majorité», en évoquant notamment les écologistes.

En réalité, qu’apporte cet amendement ? Pas grand-chose, si ce n’est que de connaître des séries de chiffres, des millions d’euros  sans aucune prescription à faire revenir ce pognon dans la caisse « Intérêt Général ». La somme des fraudes légalisées, l’armada holding et ce qui permet ces exercices comptables. Des hourras et des trémolos, car le boulot ne fait que commencer selon certains députés de gauche présents dans l’hémicycle. Ainsi Pascal Cherki (PS) a souhaité élargir cette obligation à d’autres critères, notamment les impôts payés et les bénéfices perçus dans chaque Etat.

Les impôts payés par ces banquiers et les bénéfices perçus dans chaque Etat, feront-ils grossir pour autant les caisses vides de l’Etat France ? Rien n’est moins sur, et de l’évidence qu’une loi française n’y pourra pas grand-chose, juste se donner la bonne conscience, car pour que cette guerre contre les Paradis fiscaux soit efficace, la résolution et l’interdiction totale à l’internationale est la seule issue possible, alors que ces lieux de non droit, sont tous plus ou moins associés aux Etats qui se disent de droit.  A chacun ses paradis fiscaux, de ce coté là, la France est pour cela plutôt bien lotie, de Monaco à Andorre, de Jersey à Guernesey…

Des lieux ou les suicidés sont le moins nombreux; à ce qu'on dit, allez comprendre pourquoi. !

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