Répondre à l'urgence sans s'extraire de l'impératif d'une vision prospective

Les exigences de procéder à un assainissement urgent du système bancaire français, ne serait-ce que pour éviter la reproduction des crises survenues depuis 2008, semblent s'imposer d'elles-mêmes.

Les exigences de procéder à un assainissement urgent du système bancaire français, ne serait-ce que pour éviter la reproduction des crises survenues depuis 2008, semblent s'imposer d'elles-mêmes. Les questions de la financiarisation outrancière des relations humaines dans des dynamiques interactives et mondialisées de concentration des opérateurs, de complexification des opérations, de marchandisation des échanges, de profitabilité démesurée des objectifs et d'acceptation de l'aggravation des différentiations des classes sociales, ces questions peuvent-elles se résoudre au plan local ou global ? Chaque citoyen de par le monde est concerné par ces questions et son sort en dépend. Chaque citoyen là où il se trouve a son droit de regard sur la finalité souhaitable du rôle que doivent jouer la monnaie et le crédit dans des rapports de voisinage mais aussi à l'échelle, nationale, continentale, pour tenir compte du poids des décisions relevant de l'Union européenne et surtout à l'échelle mondiale dès lors que nous acceptons que les affaires financières et économiques se traitent au plan mondial où dominent les multinationales et les grandes fortunes ici bas. 

  Bizarrement, les décisions d'implication des citoyens dans les choix de restructuration, de réorganisation et de contrôle des banques passent pas des positionnements que nous faisons quotidiennement au regard de notre acceptation des processus en cours de privatisation des services publics, spécialement ceux en charge de la gestion de la monnaie et du crédit. Nous assistons complaisants sinon complices au délitement du tissus public, coopératif et mutualistes qui a par vocation tendance à traiter des relations de proximité, en faveur des opérations in-traçables confiées à des banques privées à la taille internationale.

Comment prétendre traiter des pratiques spéculatives des grands groupes bancaires à dimension internationale, de leur liberté de rémunération de leurs actionnaires, de leur facilité de localiser les opérations dans des paradis fiscaux, si nous acceptons d'être délester de notre secteur public et associatif bancaire encore existant et de ne pas exiger la sauvegarde et renforcement d'un pôle public bancaire dominant ! Encore faudrait-il y travailler - éducation citoyenne -, au plan local, national, européen et mondial !

 

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