Au sujet du livre noir des banques

 Le livre noir des banques

 Note de lecture rédigée : par Djilali BENAMRANE

 Auteurs de l'ouvrage collectif  : douze auteurs, économistes et journalistes, et deux coordonnateurs des associations ATTAC & BASTA

 Éditeur : Les liens qui libèrent

 Date d'édition de l'ouvrage : février 2015

 Date de cette note de lecture : décembre 2015

 En guise de préambule

 En réalité il s'agit d'un ouvrage collectif : Dominique Plihon a assuré la coordination pour le compte d'ATTAC, Agnès Rousseau l'a faite pour celle de Basta. Les auteurs qui ont contribué sont : Isabelle Bourboulon, Sophie Chapelle, Thomas Coutrot, Nadia Djabali, Simon Gouin, Esther Jeffers, Rachel Knaebel, Frédéric Lemaire, Julien Lusson, Daniel Rome, Yvan du Roy et Patrick Saurin.

 Dès l'introduction,il est rappelé dans l'ouvrage le coût exorbitant pour les citoyens du sauvetage des banques françaises, européennes et à l'échelle mondiale, reconnues responsables de la crise financière, économiques et sociale qui perdure depuis la crise systémique qui affecte l'économie mondiale depuis 2008. En Europe, en 2012, il aura fallu mobiliser 4500 milliards de dollars étatsuniens, ou 3500 milliards d'Euros,soit 37 % du PIB Européen, pour éviter l'écroulement des principales banques européennes. De bancaire et financière, la crise s'est vite transformée en crise économique, avec un effet désastreux sur la société qui a eu à subir les politiques de rigueur, d'aggravation de l'austérité et du chômage, en un mot, de dégradation continue des conditions de vie. Le sacrifice consenti pour la sauvegarde des banques n'aura passervi à grand chose. A ce jour, 7 ans après, aucune amélioration significative n'a été relevée quant aux mauvaises pratiques de ces acteurs qui poursuivent leurs stratégies de concentration de leur pouvoir au plans national, européen et mondial, de réalisation des plus grands profits et de consolidation de leurs activités spéculatives en tous lieux, y compris dans les paradis fiscaux, et dans tous les secteurs d'activité, y compris dans le financement d'opérations polluantes, d'atteinte au climat, à la nature et au climat. Sur le terrain, ces pratiques sont le fait d'actionnaires insatiables, de dirigeants et de cadres sur-rémunérés, de traders irresponsables, de lobbyistes mercenaires. Tout cela s'inscrit dans un climat d'obscurantisme des masses dont les esprits sont formatés par des médias aux ordres, militantspour l'idéologie néolibérale triomphante : ''On privatise les profits en faveur des banques, de leurs propriétaires et de leurs cadres et on socialise les pertes par des prélèvements fiscaux pour compenser les pertes'' ! Pourtant, le devenir des sociétés se jouent à l'échelle mondiale sur les paris gérés par des équations complexes et des algorithmes ''savants'', peu accessibles aux citoyens.

 En France, 4 groupes1 dominent le paysage bancaire français et pèsent aussi au plan européen ou mondial. Illustration accablante que celle de la BNP Paribas dont le bilan pèse pour quelques 2 000 milliards d'Euro, soit autant que le PIB français et que les produits dérivés à grande dangerosité qu'elle manipule sont estimés à 48 000 milliards d'Euros soit 24 fois le PNB français. Ce géant comme les autres grands groupes bancaires disposent de centaines de filiales, de succursales et autres représentations officielles ou occultes, disséminées à travers le monde. Ils constituent de véritables bombes à retardement capables de faire exploser l'économie française et au-delà. Dirigeants politiques et forces sociales ont apporté leurs concours à la sauvegarde des banques en difficulté sans prendre des mesures conséquentes pour que cela ne puisse se renouveler. Comment expliquer la puissance de ces oligarchies financières, actrices de pratiques de nomadisme des hauts responsables politiques, administratifs, parlementaires, économiques et banquiers, promotrices et protectrices de situations de ''pantouflage'' lors des opérations de transfert de leurs bons serviteurs d'une responsabilité à l'autre, de conflits d'intérêts, de collusions, de manipulations, de spéculations dangereuses et d'évasions fiscales qui conçoivent et construisent le monde d'aujourd'hui et de demain. Un système complexe et opaque construit pour défendre leurs intérêts, elles qui sont les véritables maîtresses du monde. Les crises bancaires ne cessent de surgir et les auteurs de l'ouvrage rapportent des études faisant état de plus de 430 crises recensées entre 1970 à 2011 dont celle de 2008 qui a menacé d'écroulement l'économie mondiale. Les Médias minimisent voire occultent la responsabilité des banques et des marchés financiers pour culpabiliser le coût du travail, la faiblesse de la compétitivité, le coût de fonctionnement des administrations et des services publics discrédités. Ce faisant, ils légitiment les politiques d'austérité. Pourtant des études ont dénoncé ''le Hold-up'' des banques : 13,5 milliard d'Euros prélevés sur les collectivités locales, 120 milliards liés à la spéculation sur les marchés alimentaires mondiaux ou 206 milliards accaparés par suite de compensations versées aux spéculateurs créanciers de la Grèce.

 L'introduction se termine par des considérations sur l'urgence d'éveiller les consciences pour entreprendre des actions afin de dénoncer ces pratiques suicidaires, remettre à leur place les banques et les marchés financiers, grâce à des politiques de régulation par les pouvoirs publics et par l'exercice du contrôle citoyen, les mettre devant leur responsabilité et les replacer au service des besoins de l'économie réelle et des citoyens. Cela passe par un effort de compréhension du fonctionnement des banques et des marchés financiers, le besoin d'identifier les acteurs et leurs rôles respectifs dans le pillage des ressources et de réformer en profondeur les mécanismes de contrôle et de sanction des dérives. Et c'est à ce prix qu'on pourra espérer éviter des cataclysmes financiers, économiques, sociaux et environnementaux.

 A. Les apports de l'ouvrage !

 La première partie de l'ouvrage est consacrée à la dangerosité particulière des banques françaises qualifiées de bombe à retardement. Le coût exorbitant mobilisé par les pouvoirs publics, en France, pour la sauvegarde des banques fortement menacées par la crise systémique de 2008 qu'elles ont provoqué, est largement documenté, de même que les institutions et mécanismes impliqués dans ces opérations de sauvegarde des banques. Des mécanismes qui ont montré leur inefficacité puisque la crise persiste.

 Déjà, dès 2008, l’État français se sera pour sa part engagé à apporter quelques 360 milliards d'Euros d'aides aux principales banques françaises dont 320 milliards de garanties. Trois années plus tard, la Banque centrale Européenne octroie des prêts à hauteur de 232 milliards d'Euros pour garantir à ces banques des liquidités. De plus, cinq grands groupes bancaires2 ont obtenu des aides complémentaires par le biais de la Société de prise de participation de l'Etat (SPPE) grâce à des actions de préférence prodiguant à leurs bénéficiaires, les banques, la protection contre le droit de vote pour sanctifier la liberté d'agir du secteur bancaire privé en refusant d'impliquer les pouvoirs publics dans la gouvernance de ces acteurs et le renforcement de la protection de ces derniers contre toutes valorisations significatives des actions3 mises en place en leur faveur. D'autres actions plus ciblées ont concerné, pour quelques 6,6 milliards d'Euros, le sauvetage de DEXIA, banquier spécialisé dans le financement des collectivités locales, compromis dans des opérations hasardeuses d'achats de produits financiers douteux (subprimes). A ces coûts financiers supportés par les pouvoirs publics avec les conséquences sur l'alourdissement de la dette publique dont le poids s'est accru passant de 60 % du PIB en 2006 à 93 % en 2013, s'ajoutent diverses pertes supportées par les acteurs bancaires ainsi que des effets économiques et sociaux qui ont affecté les opérateurs économiques clients des banques et les citoyens victimes de leurs agissements et de la montée induite du chômage.

Si les pouvoirs publics aux moyens des institutions aux manœuvres, banque centrale européenne et ou Banque de France ou institutions d'exécution comme la SPPE, n'ont ménagé aucun effort pour sauver les banques en difficulté, leur octroyant des prêts bonifiés et des garanties quasi-gratuites, les Banques de leur côté ont rechigné à remplir leur mission d'accompagnement des ménages et des entreprises en manque de liquidités. Les fonds mobilisés par les banques auront servi certes à assainir et à consolider leurs comptes, tout en continuant à investir dans des opérations spéculatives ou à rentabilité assurée, à financer des opérations d'absorption d'opérateurs financiers en difficulté, mais aussi à rémunérer abusivement leurs actionnaires et leurs dirigeants.

 Malgré les appuis colossaux dont il a bénéficié, lors de la crise, de la part des pouvoirs publics, le système bancaire français est considéré comme le plus dangereux. Les grands groupes bancaires français font partie de ces ''entités sysmiques'' capables d'engendrer une crise mondiale si elles venaient à faire faillie4. Ces groupes ont été tellement craints5 que le G20 s'en est inquiété pour décider de mettre en place le Conseil de stabilité financière avec mission d'apporter des réponses aux risques potentiels de ces grands groupes. C'est ainsi que la France et la Chine et leur système bancaire respectif, furent considérées en ce domaine comme les plus dangereux du monde. La dangerosité du système bancaire français est liée à sa trop forte concentration puisque deux de ses opérateurs : le Crédit agricole et BNP-Paribas concentrent la moitié du marché bancaire en France. Si on à ces deux groupes la Société générale, BPCE et le Crédit Mutuel, les cinq opérateurs pèsent pour plus de 4 fois le PIB français et s'accaparent de 85 % des activités bancaires, de plus en plus orientées vers les opérations boursières et la spéculations sur les produits dérivés toxiques, camouflés hors-bilan.

 Il est relevé dans l'ouvrage qu'en dernier analyse, la crise du système bancaire mondial découle de politiques de dérégulation financière, de tendances lourdes de privatisation6, de concentration et de-spécialisation7, des opérateurs fortement encouragés par les pouvoirs politiques en place, pour poursuivre et accélérer leur dérive libérale. Les instruments sensés ''moraliser'' les excès des banques n'auront été en réalité que des outils alibis pour apaiser les marchés inquiets ou de rares citoyens initiés. Les ''tests de résistance'' (Sress-tests) appliqués en 2014 aux principales banques européennes et qui se sont révélés satisfaisantes au regard des ratios de fonds propres requis pour les grands groupes français et européens, y compris BNP-Paribas, reposent en réalité sur une ''méthodologie biaisée'' et inefficace. Ces tests ont été conçus pour s'appliquer individuellement à chaque banque ce qui occulte les risques découlant de l'interconnexion des banques et des opérations croisées discrètes sinon secrètes et plus grave encore puisque chaque banque évalue, elle-même, son positionnement au regard du poids indicatif et de la dangerosité du contenu de ses fonds propres8.

 Dans un contexte d'un néolibéralisme triomphant se traduisant par des politiques actives de démontellement des mesures de régulation des marchés financiers et de contrôle des banques, instituées aux États-Unis par le ''Glass-Steagall Act en 1933, les transformations profondes subies par le système financier et ses acteurs principaux que sont les banques et les puissants groupes de pression à leur solde ''les lobbys'', auront été assez préoccupantes au lendemain de la Grande crise de 1929 pour susciter des inquiétudes au niveau international. Depuis, les dirigeants de ce monde, regroupés en des ''Directoires autoproclamés'' – G4, G6, G8, G10, G20, etc …, – auront essayé, sans conviction, à mettre en place des systèmes de supervision prudentielle, voire de réglementation, confiés à des Comités de Bâle I en 1988, puis Bâle II en 2000, puis Bâle III en 2010, mais dont les recommandations pour ce dernier ne connaîtront d'application qu'en 2018. Autant de grands moments de pseudo concertations mondiales qui ont visé à accroître la détention par les banques d'un minimum de 8 % au départ mais accru de Bâle en Bâle, des risques comptabilisés dans leur bilan en fonds propres. En réalité, il est admis dans l'ouvrage que ces dispositifs dits prudentiels ont provoqué des pratiques d'évitement de la part des banquiers qui ont plaidé puis obtenu qu'elles puissent elles-mêmes, ''construire'' le contenu de leur bilan respectif, grâce à des modèles internes de calcul, sous estimant les risques et camouflant les créances douteuses en les mélangeant dans des opérations complexes de ''titrisation'' à l'origine de la grande crise des ''subprimes'', sans oublier les effets de complexification des opérations de surveillance et de contrôle sur des transactions interbancaires, en développement.

 La deuxième partie du livre décrit les pratiques et l'ampleur de la spéculation véhiculée par les produits dérivés conçus, placés et manipulés par les opérateurs banquiers. Des montants difficiles à en saisir la signification : 650 000 Milliards de dollarssoit dix fois l'économie réelle mondiale, 213 fois le PIB de la France. Profitant des révolutions incessantes dans les technologies, les produits dérivés, souvent camouflés dans des opérations confuses de titrisation, gangrènent tous les secteurs d'activité de l'économie réelle ou utiles aux relations humaines saines : aggravation du pillage du Tiers-monde, dette publique, monnaie, alimentation, énergie, habitat, santé, éducation cultures ou loisirs, et jusqu'aux propositions extravagantes d'investir dans les catastrophes naturelles. Tout à tendance à se privatiser, à se ''marchandiser'' pour produire le plus de profits aux banques, sans considération pour les producteurs, les consommateurs, les citoyens de toutes conditions astreints dans leurs conditions de vie, mais également sans égard pour la nature, le climat ou l'environnement.

Les innovations financières dans leur multitude comme dans leur ingéniosité9 sont décrites dans leur évolution en constante accélération comme dans leurs applications mondiales mais également documentées avec plus de précisions à l'échelle européenne et française, avec des références aux opérateurs les plus actifs en la matière. S'agissant de domaines nouveaux de production de profits, les banquiers peuvent compter sur l'expérience et l'imagination sans limites des opérateurs d'assurances depuis la généralisation des politiques de dérégulation et de de-spécialisation des activités bancaires. Aujourd'hui toutes les grandes banques proposent à leurs clients des placements en assurances gérés par des filiales, voire des départements dédiés aux opérations d'assurance. Et, les opérateurs d'assurances, engagés eux aussi dans des grandes réformes de concentration et de diversification de leurs activités traditionnelles s'investissent dans des activités bancaires.

La troisième partie concerne d'autres pratiques condamnables des acteurs bancaires qui s'adonnent impunément, directement au profit de leurs actionnaires et dirigeants, beaucoup plus rarement indirectement au profit de leur clientèle, à des détournements, des abus de toutes sortes et à des arnaques. Autant d'opérations qui coûtent chers aux clients mais qui provoque aussi des manques à gagner aux fisc. Un exemple flagrant que le détournement des facilités de trésorerie consenties, à des taux dérisoires par la Banque centrale européenne aux banques et qui, au lieu d'être allouées en aide aux entreprises actrices de l'économie réelle et aux consommateurs en difficulté, sont recyclées sur les marchés financiers plus rentables et moins risqués. Ce faisant, le statut des banques se transforme pour s'éloigner de leur mission d'accompagnement, d'encouragement, voire de promotion de l'économie réelle pour se mettre au service des marchés financiers spéculatifs. Au fil des années, le montant des produits dérivés créés par les banques, échangés sur les marchés de gré à gré et difficilement traçables pour les non initiés puisque enregistrés hors bilan des banques émettrices ou détentrices, connaît des taux de croissance qui n'ont rien à voir avec ceux de l'économie réelle, créant une divergence continue entre la réalité de l'économie et l'extravagance de la finance. Les grandes entreprises de production n'obtiennent qu'avec difficulté, des financements de leurs activités et à des taux d'intérêt bien supérieurs aux taux que les banques centrales consentent aux opérateurs bancaires sensées redistribuer ces ressources aux opérateurs de l'économie réelle.

Rarement les surcoûtsavérés de l'accès et de la mobilisation du capital n'ont été aussi décriés que ceux du travail, construits arbitrairement par les militants d'un libéralisme toujours plus dur ! Tout cela pour justifier la rentabilité des placements des investisseurs et l'ampleur des dividendes et autres récompenses de toutes natures versées aux actionnaires, au dirigeants et aux cadres supérieurs des banques.Les petites et moyennes entreprises (PME) font l'objet, en ces temps de crise, d'un véritable rationnement du crédit bancaire de la part des banques, tous statut juridiques confondus (banques privées, publiques, coopératives ou mutualistes). Les besoins de financement des activités des PME et les risques de défaillance de ces opérateurs en temps de crise, sont d'une telle ampleur que les pouvoirs publics ont créé une banque, pour le moment de statut public, la banque publique d'investissement (BPI) dont la mission est de répondre aux besoins spécifiques des PME.

Même les rares expériences d'imagination et de mise en place d'institutions pour un financement de l'économie réelle, alternatif à celui des banques, n'ont pas donné les résultats escomptés. EnterNext, la bourse crée en mai 2013 pour permettre aux PME et aux entreprises de taille intermédiaire (ETI) d'accéder à un marché financier dédié, tout comme l'initiative des pouvoirs publics de promouvoir le projet Euro Private Placements, dispositif sensé mobilisé des placements privés pour le financement des ETI, tardent à montrer la moindre efficacité. Il est suggéré dans l'ouvrage que les pouvoirs publics se re-concentrent sur une redéfinition des missions des banques avec en premier lieu la remise à l'ordre du jour de l'impérieuse nécessité et de l'urgence de séparer les fonctions des banques de détail confinées dans les activités de collecte et de dépôts, des banques d'affaires, dédiées à la gestion des grandes fortune et aux investissements spéculatifs. Des directives claires devraient être données aux banques centrales nationales et à la Banque centrale européenne, avec remise en cause de son statut d'autonomie à l'égard des gouvernements de la zone Euros, pour allouer plus facilement des moyens aux banques de détail extraites à l'emprise des marchés financiers spéculatifs. Enfin, le système bancaire devrait faire l'objet d'une réforme en profondeur des règles de suivi/évaluation/sanction des pratiques bancaires, notamment celles constituant de véritable arnaques aux clients peu averties, et peu en capacité de suivre les modifications constantes des pratiques bancaires pour échapper aux législations et réglementations.

Les médias rendent périodiquement compte de scandales d'envergure provoqués par des comportements délictueux voire maffieux de banques condamnées pour pratiques d'organisation d'évasion fiscale au bénéfice de leurs clients10 fortunés. A cet égard, le groupe du Crédit Mutuel et sa filiale suisso-monégasque ''PASCHE'' a retenu l'attention des médias avec une information judiciaire pour blanchiment d'argent sale au travers de dépôts prohibitif d'espèces sur des comptes clients, des transferts douteux de sommes via des établissements écrans implantés dans les paradis fiscaux, etc ….11. BNP Paribas Wealth Management n'est pas en reste, elle dont les guichets auraient encaissé des milliers de chèques en provenance de sa clientèle française expatriée, notamment en Afrique, des sommes échappant aux contrôle des changes et au fisc. Il est admis que les grands groupes bancaires par le biais des innombrables filiales, succursales, agences partenaires et correspondants divers, s'adonnent opportunément à des opérations dites d'optimisation fiscale au bénéfice de leurs gros clients. Cela est d'autant plus vitale pour eux dans le contexte de la compétition effrénée que se livrent les pays en matière de fiscalité adaptée aux titulaires de grandes fortunes en quête de places financières protectrices.

 La quatrième partie de l'ouvrage poursuit les analyses sur les pratiques bancaires illégales de fraudes, de mensonges, d'escroqueries, de délits d'initiés et de manipulations dont souffrent non seulement les entreprises mais aussi la société. Ces délits, encore plus insupportables en temps de crise, donnent lieu à des litiges juridiques, voire à des procès rapportés par les médias. Les banques ont pris l'habitude d'anticiper des condamnations, le plus souvent symboliques au regard de la gravité de la faute et d'allouer par anticipation dans leurs bilans financiers, des fonds pour y couvrir ces risques devenus courants12. Les dirigeants des grands groupes bancaires sont de véritables ''intouchables'' lors des rares procès intentés à des banques et les sanctions, même lorsqu'elles s'expriment en centaines de millions de dollars, ne compensent aucunement les préjudices subis par leurs clients arnaqués et ou les administrations fiscales volées13. Les agissements indélicats des grands groupes bancaires français, notamment BNP Paribas et Société générale sont largement documentés avec des procès retentissants. Le premier groupe aura été sanctionné par la justice étatsunienne pour non-observation de l'embargo sur Cuba, le Soudan et l'Iran. Il est en procès pourdiverses opérations d'escroqueries, de blanchiment d'argent sale, de recel de fraudes fiscales, au bénéfice de ses clients fortunés dont les fonds transitent par le biais des multiples succursales relevant du Groupe bancaire, installées dans différents pays africains14 et dans innombrables paradis fiscaux répertoriés ou non.

 Au demeurant, c'est tout le système bancaire français, avec des mentions particulières pour la Société générale15 et pour le Crédit agricole, qui a été éclaboussé par le scandale des manipulations des taux Libor et Euribor consistant en des pratiques frauduleuses entre banques sur les taux de référence des prêts interbancaires. D'autres domaines de scandales profitables illégalement à des banques susceptibles d'être actrices ou complices peuvent concernés des manipulations sur les marchés des devises, de l'or ou d'autres matières premières y compris l'exploitation sinon la manipulation des cours des denrées alimentaires, ignorant les risques de famine que cela comporte sur des populations pauvres et fragiles. Les opérateurs tout comme les hauts dirigeants des banques restent quasiment intouchables par la justice malgré l'alibi du renforcement dérisoire des institutions judiciaires sensées détecter, instruire et punir les délits et crimes économiques et financiers commis par les cols blancs. En France, les banques ont plusieurs institutions mandatées pour en contrôler les agissements délictueux qu'il s'agisse de l'Autorité des marchés financiers (AMF), de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), du dispositif TRACFIN, chargé de traquer des flux financiers frauduleux, ou de la modeste équipe d'enquêteurs douaniers spécialisés au service du parquet financier, tous ces moyens s'avèrent des plus insuffisants au regard du nombre et de la complexité des enquêtes en cours et ou non encore engagées.

 Il sera difficile d'entamer l'impunité des banques et les magistrats qui ont essayé ont désenchanté tant la tâche est impossible. Pourtant, l'ampleur du scandale de la faillite de Dexia qui aura coûté des milliards d'Euros à l'Etat, aux collectivités locales et aux français, aurait dû justifier un renforcement significatif des moyens d'investigation, de jugement et de sanction des auteurs de pratiques ayant mené à cette catastrophe.

 Même au plan européen, les politiques de lutte contre les crimes économiques et financiers restent inefficaces et les missions confiées à l'Office de police criminelle intergouvernemental (EUROPOL), ou à l'Office européen de lutte antifraude (OLAF) ou à l'instance européenne judiciaire (EUROJUST) ne disposent pas d'un cadre juridique opérationnel adéquat et de moyens suffisants pour l'accomplissement d'une mission de cette ampleur.Et, si dans l'ouvrage il est fait allusion aux mesures prises par les pouvoirs publics étatsuniens pour réguler des agissements des banques, y compris les banques non américaines épinglées comme des entités commettant des infractions contre l'intérêt américain, peu d'analyses ont concerné l'insuffisance voire l'inexistence des pouvoirs confiés et des moyens accordés aux institutions multilatérales, mondiales (ONU) ou internationales (FMI, Banque mondiale) pour fournir des normes de moralisation des banques dans ce contexte de libéralisation outrancière de l'économie mondiale et de persistance et d'aggravation de la crise.

 La cinquième partie est consacrée aux visages multiples et trompeurs de la finance. A la lecture de l'ouvrage, on sort convaincu que les banques ont été et restent les premières responsables de la crise économiques et sociale du fait de la financiarisation outrancières des relations humaines. Une crise systémique qui affecte l'économie mondiale qui voit stagner ses taux de croissance réalisés lors des décennies précédentes. Elle affecte aussi la société humaine qui doute de plus en plus de son devenir, voyant décliner durablement ses conditions de vie. Reste alors à définir les contours de ces acteurs nocifs responsables de la crise, afin d'imaginer des stratégies pour les contrer et essayer de stopper leurs agissements. Ces acteurs, en dernier ressort des dirigeants de banques, actionnaires fortunés ou traders habiles qui s'accaparent des profits gigantesques prélevés sur la clientèle16. Mais sont-ils les seuls coupables ? Qu'en est-il des hauts responsables politiques administratifs et médiatiques, ces leaders d'opinions sensés ''réguler'' la finance, repérer, dénoncer et sanctionner les abus de tous genres et de tous niveaux ? Ne sommes-nous pas dans une situation où pouvoir politique, administrations et médias sont dans une complaisance, voire une complicité coupable à l'égard des acteurs financiers, autorisant voire suscitant des pratiques révoltantes de distributions toujours plus faramineuses de revenus démultipliés par des parachutes dorés, de stock-options, de bonus et autres gratifications dont jouissent les banquiers. De telles pratiques sont justifiées avec le concours des lobbys mercenaires des banques, dans une démarche de banalisation des concepts du genre : '' dans une économie mondialisée où l'argent est roi, où les profits constituent la finalité de l'action, il est logique de privatiser les profits et de socialiser les pertes, la seule voie pour récompenser les oligarchies financières et encourager les élites domestiquées''.

 Cinq années après la grande crise de 2008, la réforme bancaire de l'été 201317, loin d'assainir et d'assagir un système bancaire, largement responsable de la situation, aura été l'occasion de démontrer la mainmise du pouvoir financier, de sa puissante Fédération bancaire française (FBF), de sa redoutable Association française des marchés financiers (AMAFI) et de ses omniprésents et convaincants lobbys, sur le pouvoir politique en plaidant et en obtenant le maintien de l'option de la ''banque universelle'', libre d'intervenir à sa guise et à ses conditions dans tous les secteurs d'activité. Les banques ont alloué des sommes conséquentes pour la construction et pour la vulgarisation d'argumentaires et de slogans ridiculisant les thèses des défenseurs des avantages objectifs attendus d'une réforme distinguant les banques spéculatives de celles dédiées à la collecte de l'épargne et à son utilisation à des fins de financement des activités des opérateurs de l'économie réelle et des besoins des consommateurs. Dans les débats relatifs à l'urgence de réformer en profondeur les banques, notamment en les re-spécialisant et en les astreignant à une régulation de la part des pouvoirs publics et des citoyens, les banques ont affiché une capacité inattendue à faire valoir l'avantage selon elles à maintenir le principe des banques universelles qui les protégerait contre la concurrence des banques étrangères ou qui menacerait les 400000 emplois qu'elles offrent en France. S'agissant des structures et institutions mises en place pour assumer les missions de régulation des banques et de surveillance pour détecter et corriger les risques systémiques que les difficultés des grands groupes bancaires font peser sur l'économie française et au-delà, le moins qu'on puisse dire c'est que par nécessité, par obligation ou tout simplement par routine, les responsabilités sont données ou partagées avec les hommes de banques, de très hauts responsables ayant été ou étant encore en responsabilité, à la tête des grands opérateurs bancaires. Ces convaincus du renforcement du système bancaire dans sa configuration présente, forts de leur prestige de praticiens reconnus, dirigent ou siègent dans le Conseil de régulation financière et du risque systémique (COREFRIS), mis en place en juillet 2012.

 L'intrusion des grands argentiers dans la direction de la vie politique, française mais également au niveau européen, voire mondial, est devenue banale et il est difficile aujourd'hui de ne pas reconnaître la domination de la sphère politique (Gouvernement, parlement, médias ou système judiciaire) par les banquiers et autres acteurs du monde de la finance dont les rémunérations directes et indirectes n'ont cessé de croître de façon indécentes en temps de crise. Nombreux les exemples de collusion, de pantouflage ou de consanguinité illustrent dans l'ouvrage les réalités en France de capture du pouvoir politique par les magnats des grands groupes bancaires. Cette situation française est confortée au niveau européen où on estime à quelques 1700 le nombre de lobbyistes actifs dans la défense des intérêts des banques18, avec à leur disposition un budget annuel de 120 millions d'Euros pour financer des opérations de séduction des parlementaires européens auprès desquels ils placent des propositions de textes en faveur de leurs mandataires.

 Enfin, dans une très courte conclusion, les auteurs rappellent que leur tâche ne fut pas aisée tant elle concernait des montants astronomiques manipulés par les banques disposant de défenseurs, d'experts et de lobbys aptes à multiplier des plaidoyers pour convaincre les plus sceptiques des citoyens. Les grands groupes bancaires français sont bien considérés comme des banques systémiques, méritant toute l'attention et l'appui des pouvoirs publics puisque capables en cas de faillite d'ébranler l'économie mondiale19.Malgré des aides considérables qui leur ont été accordées depuis la grande crise de 2008, par les pouvoirs publics et par la BCE, elles continuent leurs pratiques spéculatives, ignorant les missions d'aide aux acteurs de l'économie réelle, malmenant et exploitant leur clientèle captive. Elles se sont accaparées de l'épargne, elles paient moins d'impôts sur leurs activités, pourtant rentables, et elles continuent à soutenir leurs clients fortunés, dans des manœuvres d'optimisation et d'évasion fiscales. Elles multiplient les innovations complexes comme les transactions à haute fréquence (THF) ou les produits dérivés pour dérouter leurs clients. Elles ont dévoyé les marchés des produits alimentaires pour faire des profits au détriment des populations pauvres et ou affamées, lesquelles essaient de se révolter et de lutter contre les dangers de la famine et de la malnutrition. En investissant dans les secteurs d'activités polluantes, énergétiques ou minières, elles sont, en tout ou en partie, responsables des dérèglements climatiques et du réchauffement de la planète.

 Devant l'incurie des politiques monétaires et bancaires, les auteurs de l'ouvrage proposent un certains nombre de réformes capables de discipliner les banques et de les réorienter vers leurs missions première d'accompagnement des acteurs de l'économie réelle, des populations et d'engagement dans la protection de la nature et de l'environnement. Parmi ces propositions : la plafonnement de la rémunération des traders et des dirigeants qui prélèvent une partie des profits et qui servent d'exemples, banalisant la voracité des fortunés. Législations et réglementations devraient devenir plus sévères à l'égard des banquiers auteurs d'abus dans l'exercice de leurs fonctions. Entreprendre enfin la séparation entre les banques de détail et celles s'adonnant à des activités d'investissements et de spéculation. Promouvoir de nouvelles formes de gouvernance dans la direction et dans la gestion des banques en accroissant le droit et la capacité des clients à s'impliquer dans le contrôle citoyen et dans la sanction des mauvaises pratiques constatées dans leurs banques, du fait des dirigeants et ou des actionnaires. Elles doivent contribuer de façon plus substantielles aux budgets de l'Etat en s'acquittant d'une fiscalité en relation avec les profits qu'elles dégagent. Enfin, elles doivent mettre fin à leurs activités d'incitation et de soutien à l'évasion fiscale et de localisation de leurs activités dans les paradis fiscaux.

 Dans le monde d'aujourd'hui, plusieurs années après la crise systémique de 2008 qui a failli ébranler l'économie mondiale, les marchés financiers restent instables et dangereux. Les bulles peuvent encore surgir et provoquer des catastrophes. Il appartient aux mouvements citoyens de renforcer leurs capacités de contrer les politiques complices entre les responsables pouvoirs politiques et les intérêts des banques. Il leur est fortement proposé de passer à l'action.

 B. Pour finir, quelques brefs commentaires de l'auteur de cette note de lecture :

 1. Le livre noir des banques est un ouvrage collectif d'une extrême richesse. Il répond à la plupart des questions qui se posent quant aux rôle des banques dans la situation de crise qui prévaut depuis 2008. Cela doit être dû à la multiplicité des auteurs (douze) qui ont contribué à la rédaction et des deux associations ''ATTAC'' et ''Basta'' qui ont en assuré la coordination. Il est difficile de trouver des domaines de fonctionnement des banques qui ne soient traités, jusqu'aux moindres détails pour certains, de façon un peu moins exhaustive pour d'autres, mais suffisamment pour susciter de l'intérêt et un encouragement à aller compléter l'information, tant sont explicites les pistes pour poursuivre ses recherches et satisfaire sa curiosité.

 2, La lecture de l'ouvrage peut faire ressentir un semblant de parti pris de la part des auteurs attachés à une démarche de culpabilisation du rôle des banques dans le déclenchement, dans la poursuite et dans la consolidation de l'état de crise qui perdure depuis 2008. Ce-ci étant, pouvait-il en être autrement, vuesla nature et les sujets de préoccupation les associations ATTAC et Basta !, qui ont assumé la coordination de l'édition ?

 3. Lorsqu-il s'est agi de condamner le rôle essentiel joué par les grands groupes bancaires mondiaux dans la construction et dans le développement des paradis fiscaux où transitent, se transforment et s'officialisent les transferts illicites des grandes fortunes dans des opérations de blanchiment, d'évasion et d'optimisation fiscales, il n'a pas été fait suffisamment mention explicite aux facilités, peu connues et peu documentées, offertes aux grands groupes bancaires français dans les espaces monétaires usant du Franc FCA sur le continent africain. Des espaces concernées par le démembrement inachevé de l'empire français et dont les pays membres, dits ''indépendants'' ont une monnaie encore sous contrôle de la Banque de France, du Trésor et de la Banque centrale européenne.

 4. La description des institutions mises en place au niveau français, européen et étasunien, aurait dû concerné aussi les insuffisances criardes des institutions mondiales dans leurs implications impératives dans la régulation des banques et le rappel àces dernières deleur devoir deservir en priorité les intérêts de l'économie réelle et des populations au lieu de ne s'intéresser qu'aux intérêts de leurs actionnaires et de leurs dirigeants. Les institutions onusiennes n'ont pas su mettre en place, sous leur autorité, des agences qualifiées et compétentes et ont préféré abandonné aux opérateurs privés multinationaux comme les agences de notationsfinancières20, le soin d'évaluer la performance des banques, souvent dans la plus grande opacité et dans la complaisance. Les Etats ont préféré confier aux banques le soin de s'organiser au sein d'institutions privées à vocation, nationale, européenne voire internationale pour s'auto-évaluer et s'auto-discipliner en pesant de tout leur poids dans les orientations du marché mondial.

 5. Le livre est de lecture aisée et une fois qu'on a lu l'introduction qui décrit bien les objectifs de l'ouvrage, on peut aller de paragraphe en paragraphe, dans les cinq parties du livre, pour trouver des réponses à ses interrogations même s'il existe quelques redondances qui peuvent s'expliquer par la douzaine d'auteurs, des économistes et des journalistes et par les deux coordonnateurs qui ont été impliqués dans son écriture. Un ouvrage pédagogique utile pour la compréhension du monde obscure de la finance et des banques.

 1 Les quatre majors du tissu bancaire français : BNP Paribas, Crédit agricole, Société générale et le groupe Banque populaire-Caisse d'épargne

 2 Il s'agit de BNP-Paribas, Société générale, Crédit agricole, Crédit mutuel et Banque populaire-Caisse d'épargne (BPCE).

 3 Le prix de rachat de ces actions était plafonné à 103 % du prix d'achat et l'on estime que l'Etat aura perdu près de 6 milliards d'Euros à cause de ces pratiques de complaisance au bénéfice des banques assistées.

 4 Ces groupes ont été mondialement identifiées grâce au slogan ''too big to fail'' à savoir ''trop grosse pour faire faillite''

 5 A l'époque, 29 groupes ont été repérés comme groupes à grand risques dont 4 français BNP-Paribas, Crédit agricole, Société générale et BPCE.

 6 Cf Djilali Benamarane ….. Les banques publics ou ce qu'il en reste comme les banques de statut associatif, coopératif ou mutuel, alignent leur mode de fonctionnement sur les grands groupes privés quant elles ne saisissent pas les opportunités pour fusionner avec des intérêts privés, dans des statuts opaques. Les composantes coopératives du Groupe Crédit agricole ont fusinné en 2001 créer une entité de supervision cotée en bourse, Les composantes des banques populaires et de la Caisse d'épargne créent une filiale en 2006 ''Natixix'' cotée en bourseavant de fusionner en 2009.

 7CF Djilali Benamrane : Le marché bancaire hors contrôle - Urgence d'un pôle financier public et associatif sous contrôle citoyen – Edition l'Harmattan, Paris 2014 :'' aujourd'hui, les banques sont présentes dans des dizaines de fonctions, il n'y a plus de différentiation entre banques de dépôt, banques d'affaires et banques d'investissement ou de gestion de fortunes, créant un système de finance de l'ombre ou ''shadow banking system (SBS)''. On ne peut plus différencier des pratiques menées dans des banques privées, publiques, coopératives ou mutualistes.

 8 Cf. Le livre noir des banques : '' Chaque banque définit la pondération de des actifs qu'elle veut faire figurer sur son bilan....'' Ainsi ces actifs peuvent être artificiellement situés au delà des 8 % requis alors qu'en réalité ils peuvent être en deçà de 5 % avec des risques que cela suppose en cas de difficultés d'insolvabilité pouvant mener à des faillites.

 9 Cf l'ouvrage objet de cette note de lecture et spécialement le chapitre 8 consacré au ''Trading à haute fréquence THF'', activité qui représenterait 40 % du volume des opérations traitées en Europe sur les marchés d'actions.

 10 La Banque HSBC a été suspectée en mai 2014 d'avoir aidé quelques 3000 clients français fortunés à frauder le fisc, avec pour conséquence quelques 4 milliards de dollars ''évaporés et hors de portée du fisc français.

 11 Cf Blog de Djilali Benamrane sur Médiapart notamment l'article consacré au Groupe Crédit mutuel/CIC. https://blogs.mediapart.fr/edition/reforme-bancaire-promesse-tenue/article/171015/le-credit-mutuel-lheure-des-tourments

 12 Cf . Le livre noir des banques : ''les banques sont-elles au-dessus des lois ? …. Le slogan ''Trop grandes pour tomber en faillite ou too big to fail'' soit être complété par ''trop grandes pour être condamnée risquer la prison ou too big too jail''.

 13 Cf le livre noir des banques : Goldman Sachs a eu à payer en 2010 une mande de 550 millions de dollars, en 2014, Bank of Amértica a eu à payer 16,6 milliards de dollars, JP Morgan 13 milliards, HSBC 1,2 milliard,de dollars, la BNP Paribas 8,9 milliards de dollars, la Société générale 600 millions de dollars, etc....

 14 Ce type de pratiques frauduleuses ont été également reproché au Groupe Crédit Mutuel/Credit industriel et commercial

 15 La Société générale dont le différend avec son trader Jérôme Kerviel qui lui aurait fait perdre quelque 5 milliards d'Euros fait l'objet de longs développements.

 16 Cf. le livre noir des banques : ''En 2012, les quelques 8000 dirigeants et traders des 4 grands groupes bancaires : BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole et BPCE, ont touché 2,4 milliards d'Euros ; 900 parmi eux en reçu en 2013 une rémunération moyenne de 800 000 Euros soit 60 fois le SMIC annuel....''

 17 Loi du 23 juillet 2013, sensée séparer et réguler les activités bancaires et remédier aux effets néfastes de leur fonctionnement sur l'économie.

 18 Ces lobbys d'une extrême efficacité, qualifiés à juste titre de ''mercenaires'', ont infiltré tous les rouages de décision ou de conseil des instances européennes, y compris des groupes d'experts ou des autorités de supervision des activités bancaires comme l'Autorité de supervision bancaire (EAB), ou l'Autorité de supervision des marchés financiers (ESMA).

 19 Cf. le livre noir des banques : Quatre grandes banques françaises – le Crédit agricole, la BNP Paribas, la Société générale et le groupe BPCE - ont été classées dans la liste des 29 groupes bancaires systémiques et font du système bancaire français l'un des plus dangereux du monde..

 20 Cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Agence_de_notation_financi%C3%A8re : ''En 2010 sont répertoriées 150 agences de notations financières dans le monde mais peu ont une vocation mondiale (c'est-à-dire notant banques et sociétés industrielles transnationales ou des pays souverains).... Néanmoins, en 2014, trois d'entre elles, « The Big Three » (« Les trois grandes »), ont réalisé 94 % du chiffre d’affaires de la profession : Moody's et Standard & Poor's détennant, alors, chacune, 40 % du marché, et Fitch Ratings 14 %..

 

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