Merci l'ami Cahuzac, le monde risque de se transformer grâce à votre gouvernance singulière

Politique de transparence et de propreté des dirigeants politiques, moralisation des pratiques bancaires, domestication des paradis fiscaux, que de progrès grâce à l'affaire Cahuzac :

 

Ci-après une contribution de 2008, à la réflexion sur le statut des paradis fiscaux et leur devenir dans un contexte libéral, de domination du marché que d'aucuns osent qualifier de social alors que c'est une machine infernal à produire des dominants de plus en plus riches et des dominés, dociles et fatalistes, de plus en plus pauvres. La disparition des paradis fiscaux et judiciaires aura été promises depuis, à maintes reprises, malheureusement sans effet à ce jour. Aujourd'hui dans la panique de l'affaire Cahuzac, les autorités françaises se mobilisent et s'engagent à rendre effective ces promesses. Donnons-nous rendez-vous à la fin du mandat en cours pour évaluer le cehemin parcouru. Gageons que d'ici là les PFJ seront toujours là, plus dominants et triomphateurs que jamais, à peine s'ils auront pris la peine de changer de look de changer d'apparence, peut-être seront-ils assimilés à des espaces coopératifs de facilitation des mouvements financiers mondiaux.

 

 

 

S’attaquer aux paradis fiscaux : un leurre pour amuser les badauds

 

Article de Djilali BENAMRANE, paru en octobre 2008, sur le site « Speculand » d'ATTAC

 

La croisade anti-paradis fiscaux et judiciaires (PFJ) qui concentre les efforts de recherche de solutions à la crise financière et aux crises mondiales relatives aux dysfonctionnements du capitalisme, ne s’inscrit-elle pas dans une logique de sauvegarde et de réhabilitation de l’essence de ce système, par ses propres troupes ?

 

Le président français, président en exercice de l’Europe, parle de « zones d’ombre à éliminer », son premier ministre de « des trous noirs à supprimer ». Qu’à cela ne tienne, ces zones d’ombre et ces trous noirs sont au nombre d’une cinquantaine, le plus souvent dans des micro Etats, et nul besoin des forces de l’OTAN pour les neutraliser, si la volonté politique existait, Cela aurait dû être fait depuis belle lurette !

 

La pensée unique a formaté durablement des esprits comme en témoigne bon nombre de leaders progressistes, « bon chic bon genre », qui s’interdisent l’usage de concept de nationalisation et préfèrent parler de recours aux pouvoirs publics pour la recapitalisation de banques, demain d’entreprises privées en difficulté , en attendant que le marché, l’initiative privée, la culture de compétition, d’égoïsme et d’individualisme ne soit réhabilitée.

 

Quand l’intelligentsia au service des « bien nantis » s’inquiète des effets de la crise financière sur l’économie réelle et anticipe des risques de conflits sociaux pouvant aller jusqu’à la main mise des travailleurs sur leurs outils de travail, elle rejette d’emblée toute alternative à d’autres modes d’appropriation et d’exploitation d’économie alternative de type socialiste, coopératif, mutualiste, voire autogestionnaire. Leur argumentation est aussi simpliste qu’indiscutable : qui serait assez naïf pour croire qu’il est possible d’instituer un communisme mondial ? Un retour à l’ère stalinienne est-il simplement imaginable !

 

Si le « Sommet mondial » pour la refondation des Institutions de Bretton Woods, convenu par les maîtres auto proclamés du monde : G7 élargi au quarteron des pays émergeant BRIC et à quelques larbins, alibis pour se prévaloir d’un consensus mondial, devait traiter principalement des PFJ et de leur disparition, gageons que le capitalisme encore triomphant et invincible à tout jamais, aura déjà trouver un palliatif : recyclage des navires de guerre réformé et amianté pour abriter une nouvelle génération de PFJ flottants comme le sont les cours des actions et de devises au plus grand bonheur des spéculateurs ?

 

 

 

 

 

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