Billet de blog 31 mai 2011

Jean TRAMUSET

Abonné·e de Mediapart

La neutralisation des profits ''rémanents'' des entreprises, la réforme des banques

Jean TRAMUSET

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Le précédent article de ‘'Ressourcer la révolution'' datant du... 2/03/11 (le pénultième datant lui du... 02/02/11 -heureusement que personne ne me lit !), nul doute qu'aujourd'hui, à l'heure de conclure cette ‘'édition'' (cf son premier article : ''Mise en bouche''), ce qui à nouveau s'impose à moi (cf. l' ‘'Avant propos'' de mon précédent article) est une nouvelle fois de penser au lecteur qui ‘'débarque''.

C'est là où je le demande : ‘'quand on peut faire simple, pourquoi faire compliqué ?''. En résulte que, à quelque chose près, mon ‘'avant propos'' d'aujourd'hui ne fasse que reprendre les termes de celui du 02/03/11.

AVANT PROPOS

Pourquoi ‘'Ressourcer la révolution'' ?

La réponse est assez évidente : 1917 ayant (entre autres !) accouché d'un Poutine, mai 68 d'un... Sarkozy, bref, l'histoire de la révolution étant aussi celle de toutes ces navrantes histoires qui épouvantent tous ceux qui veulent vraiment changer le monde, ce qui en effet s'impose aujourd'hui à la révolution est de se ‘'ressourcer''.

‘'Ah bon, diront les ‘'révolutionnaires'' : la révolution, mais ce qui lui manque ne tient-il pas en cela, et en cela seulement : que quelqu'un la FASSE !''

Or, oui ou non,

1° ceci sauf à défendre l'‘'idée'' qu'en toute chose, ce peut être à quelques uns (par exemple un ‘'bureau politique'', un ‘'comité scientifique'', un ‘'conseil d'experts'', un ‘'Parti''...) de décider pour la société TOUT ENTIERE (comme ce fut le cas en URSS de 1917 à 1989, et -jusqu'à aujourd'hui- en Tunisie, en Egypte, en Libye ; et comme c'est toujours le cas en Chine depuis 1949) ;

2° ceci sauf à DEMONTRER que le marché (entendons-nous, le marché comme instrument de l'expression de la VOLONTE GENERALE) n'est pas la ‘'formule'' la mieux à même de permettre la gouvernance PAR ELLE-MÊME de la société TOUT ENTIERE ;

3° ceci sachant qu'en économie capitaliste de marché, la production c'est ‘'la production monétaire'', savoir la production des biens avec un prix, ceci DES AVANT MARCHE (et ceci pour logiquement permettre le jeu de l'offre et de la demande sur le marché -l'une et l'autre en effet étant toutes deux des fonctions de la variable ‘'prix'') ;

4° ceci sachant en outre qu'en l'état actuel de leur MECONNAISSANCE (voyez l'état de la ‘'science économique'' !), ‘'la production monétaire'' c'est des LOIS qui condamnent l'économie au chômage MASSIF (d'où TOUS les problèmes économiques qui aujourd'hui, DE L'INTERIEUR, ravagent les économies de TOUS les pays) ;

oui ou non disions-nous donc, la révolution du capitalisme n'étant conçue que comme cela : 1) l'''éradication'' des ‘'capitalistes'', 2) l'appropriation du produit par ses seuls producteurs, qui peut croire qu'à elle seule (et quand bien même ce qui soit justifié soit qu'on puisse la dire telle) cette REELLE moralisation du capitalisme signifiera qu'on aura DEFINITIVEMENT rompu avec lui ?

Précisément, LE problème de la révolution étant donc AUJOURD'HUI de la ‘'ressourcer'', c'est justement à la connaissance des lois de ‘'la production monétaire'' que ‘'Ressourcer la révolution'' prétend contribuer.

A cet égard, ce que ‘'Ressourcer la révolution'' a montré à partir de l'exemple de la crise de 2008 étant successivement que : 1) la Crise c'est ‘'le n'importe quoi de la monétisation du réel'', 2) le n'importe quoi de la monétisation du réel, c'est la dichotomie réel/monétaire, 3) la bonne monétisation du réel c'est (justement) le respect des LOIS de ‘'la production monétaire'', 4) la bonne monétisation du réel, c'est la neutralisation des profits ‘'rémanents'' des entreprises,

ce que ‘'ressourcer la révolution'' va maintenant montrer est que :

- la neutralisation des profits ‘'rémanents'' des entreprises, c'est la REFORME des banques.

*

D'abord, soit les trois étapes du cycle du capital, savoir (cf. ‘'La bonne monétisation du réel : non pas le rapport du ‘'réel'' au ‘'monétaire'' -l'Economique, c'est seulement le monétaire- mais le respect des LOIS de la production monétaire'') :

1° observable à l'issue de n'importe quelle période de production, la naissance du capital comme ‘'capital-temps'', c'est-à-dire comme l'ensemble des titres au produit qui, au terme de sa production, apparaîtra comme non-écoulé (ceci sachant que, pour ce qui les concerne -voyez les Lois de ‘'la production monétaire''- les revenus -salaires et profits- formés en contrepartie de la production doivent ANALYTIQUEMENT être vus comme instantanément dépensés en totalité : la dépense des revenus qui n'écoulent pas le produit allant justement à l'achat des titres au produit qui ne sera pas écoulé, donc... à la formation du ‘'capital-temps''),

2° observable sur n'importe quel couple de DEUX périodes de production (DISTINCTES !), l'éventuelle transformation par les entreprises de tout ou partie de leur ‘'capital-temps'' (donc de leurs titres à cette fraction du produit non-écoulé qui correspondra à leurs profits épargnés) en ‘'capital-fixe'' (ceci donc dans la mesure du financement par elles de leur production par de ces profits épargnés),

3° observable sur n'importe quelle (UNIQUE !) période de production, l'amortissement par les entreprises de leur ‘'capital-fixe'' ;

Soit ensuite les 4 considérants suivants :

1° toute production sur une période donnée s'analysant en 1) une production ‘'financée'' par création monétaire, 2) une production de capital fixe (c'est-à-dire financée par les entreprises -par des profits gagnés et épargnés par elles sur de précédentes périodes de production), 3) une production au titre de l'amortissement par les entreprises de leur capital fixe,

2° la mesure de toute production sur une période donnée étant donnée par la mesure de la production monétaire (la somme des prix -attribués AVANT marché par les entreprises- de tous les biens mis sur le marché à l'issue de cette période de production), d'où ce que nous avons appelé ‘'la monétisation du réel'',

3° ‘'la monétisation du réel'' supposant ‘'les BANQUES'',

4° la Crise consistant ainsi qu'on l'a longuement vu dans ‘'le n'importe quoi'' de ‘'la monétisation du réel'' (et alors, la maîtrise de la Crise consistant ‘'inversement'' dans la conformation de la monétisation de l'économie aux lois de la production monétaire),

en résulte bien que, en dehors de toute intervention sur les marchés (ceci ‘'pour les libéraliser'' ou -à l'inverse- ‘'pour les diriger'', ainsi que cela est ressassé jusqu'à la nausée -respectivement par ‘'la droite'' et par ‘'la gauche''), la maîtrise de la Crise puisse en effet être atteinte par des mesures arrêtées ‘'au niveau'' des ‘'BANQUES''.

C'est là où (vu en particulier le ‘'succès'' absolument extraordinaire de cette édition), on me permettra (en tout cas pour l'instant) de... ne pas entrer dans les détails.

Simplement ceci (qui renvoie aux modalités selon lesquelles, à l'heure actuelle, dans les comptes des banques, ceci avec l'aval de tous les ‘'responsables'' : les économistes -de droite et de gauche : les uns et les autres ne se disent-ils pas les ‘'meilleurs'' gestionnaires du ‘'système'' ? ; les ‘'politiques'' ; les ‘'citoyens''... s'écrit la monétisation du réel).

Celle-ci (la monétisation du réel) étant assurée par les banques pour un montant égal à la totalité des ‘'revenus'' (salaires et profits) formés sur l'économie à la fin de chaque période de production (conventionnellement aujourd'hui, chaque mois calendaire), son principe est le suivant : inscrite au passif des banques, la dette en monnaie due par les banques à l'économie au titre des ‘'revenus'' formés sur elle va instantanément se trouver compensée par une créance en monnaie de même montant des banques sur l'économie, cette créance apparaissant cette fois évidemment à l'actif des banques (les ‘'spécialistes'' auront reconnu le principe de la comptabilité ‘'en partie double'').

Or, les périodes de production étant P1, P2... P(n-2), P(n-1), P(n), soit les hypothèses supplémentaires suivantes :

1° quelle que soit la période considérée, l'économie est telle que, pour que le plein emploi y soit constaté, ce qu'il faut est qu'elle soit monétisée à hauteur de 100 ;

2° sur P(n), la monétisation à hauteur de 100 est en fait le résultat d'une monétisation stricto sensu (par création monétaire) pour 90 et pour le solde (10), d'une monétisation ‘'complémentaire'' résultant du financement par les entreprises d'une production (de 10) par des profits (de 10) gagnés par elles au titre d'une période antérieure et qu'elles avaient épargnés ; cela veut donc dire que, pour les entreprises, l'objet de cette monétisation complémentaire est la production pour elles de 10 de capital fixe ;

3° sur P(n), la monétisation à hauteur de 100 est en outre le produit de l'amortissement par les entreprises sur cette période de 5 de capital fixe (cette dernière hypothèse impliquant cette autre hypothèse que l'ULTIME problème de la réforme des banques soit résolu -ici nous ne ferons que le mentionner !).

S'agissant de la monétisation du réel telle qu'elle est aujourd'hui assurée par les banques (cf. un peu plus haut), ceci alors ‘'saute aux yeux'' : ces hypothèses ‘'supplémentaires'', est évidemment impossible que ce dernier ‘'modèle'' puisse en l'état les ‘'intégrer''. En résultera précisément que des boulevards se trouveront largement ouverts au ‘'n'importe quoi'' de la monétisation du réel ; bref, nolens volens, irrésistiblement ce sera la Crise...

Conçue pour permettre de suivre pas à pas (de période en période) les métamorphoses du capital, la réforme des banques (concrètement, leur ‘'DEPARTEMENTALISATION'' -ceci pour avoir un département consacré à la création monétaire, ensuite un département consacré au capital fixe, enfin un département consacré à l'amortissement du capital fixe, tous trois fonctionnant évidemment selon des règles extrêmement précises) permettra à l'économie de corriger instantanément le dramatique ‘'n'importe quoi'' de sa monétisation à laquelle aujourd'hui la condamne irrémédiablement l'amortissement par les entreprises de leur capital fixe.

Enfin libérée du sous-emploi massif, l'économie pourra alors (enfin) devenir ‘'adulte'' : tous les individus ayant (enfin) effectivement accès à la socialisation par le travail, enfin, tous les individus seront réellement (et non pas simplement en paroles) ‘'à égalité'' (en particulier devant le marché !) pour dire ce qu'il doit en être des contraintes ‘'incompressibles'' qui, hélas, pèsent sur eux (il s'agit bien entendu de celles liées au travail).

Sauf que leur restera à gérer ‘'la contrainte extérieure'' (‘'la mondialisation''). Leur restera alors à s'intéresser aux lois de l'économie internationale, c'est-à-dire aux lois de l'échange des productions nationales.

Jean Tramuset

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