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Retraites, le grand débat

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Billet de blog 30 oct. 2010

RETRAITES – vers un projet alternatif

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Je vous soumets une réflexion en plusieurs articles. Première partie sur la « réforme » 2010 puis nous passerons sur les futures propostions de 2012.

RETRAITES – vers un projet alternatif

INTRODUCTION

Je vous propose qu'on revienne sur quelques fondamentaux de cette « réforme » des retraites. Oui, je sais ce que vous pensez, c'est un peu tard, elle vient d'être votée et l'UMP n'est pas prête de revenir sur son texte de loi.

Et alors ? Voyons à long terme : 2012 est à portée de mains pour ainsi dire et, de toutes façons, de l'avis de tous, la loi votée ne changera pas grand chose et il faudra y revenir d'ici quelques années.

Il faut dire que les retraites sont souvent d'actualité: le « livre blanc » de Rocard en 91, la « réforme » Balladur en 93, le plan « Juppé » en 95, le Fonds de Réserve des Retraites (FRR) en 99 sous Jospin, la « réforme » Fillon en 2003 sous Chirac, le « passage en force » en 2010 de Sarkozy.

Quittons un instant la valse médiatique, l'argument-massue, l'interview mitraillette (voir à ce sujet mon billet en cliquant ici).

Fourbissons nos armes pour la prochaine bataille et essayons de clarifier les argumentations, les axes du débat qui n'a pas eu lieu. Une seule chose est sûre: le sujet est loin d'être simple et est à la croisée de nombreux chemins (économique, social, financier, culturel, idéologique).

Je vous soumets une réflexion en plusieurs points. Passons rapidement sur la « réforme » 2010 puis nous passerons sur les futures propostions de 2012.

1ère partie : la loi Sarkozy 2010

VERS UNE DEMONSTRATION

Les élèves de quatrième de maths découvrent le mécanisme de la démonstration. Qui peut se résumer comme suit: à partir d'un corpus de données on parvient, par une argumentation logique assurée par les nombreuses propriétés et définitions mathématiques, à une certaine conclusion.

Tout cheminement logique, pas seulement mathématique, suit ce schéma:

DONNEES --------(raisonnement argumentatif)-----> CONCLUSION

Dans toute démonstration, il y a deux méthodes de base :

  • le raisonnement déductif : partons des données et allons à la conclusion.

  • Le raisonnement inductif : partons de la conclusion (espérée) et remontons aux données. Nous y reviendrons.

En tout état de cause il faut connaître les données et être conscient de la conclusion cherchée pour espérer trouver une argumentation solide.

Résumons : d'où partons-nous ? Où désirons-nous aller ? Là sont les premières questions à se poser avant de décider quelle(s) direction(s) prendre.

Avec la métaphore d'une personne en promenade, ce que je viens de dire procède de la plus absolue évidence.

Partant de là, de deux choses l'une: soit le chemin est balisé, facile, météo agréable et la décision à prendre est par conséquent simple.

Soit il y a du brouillard, pas de chemin, l'orage menace, on ne sait pas bien où on est. Auquel cas vous avez intérêt à être équipé correctement, boussole, vêtements adéquats; soyez prudents et fin observateur.

Il en est de même pour le dossier retraites. Quelles sont les données sur lesquelles baser l'argumentation ? Quel objectif chercher à atteindre dans une réforme ?

Pour l'UMP, il fait beau, le chemin est évident et allons-y au pas de course. Mais la réalité est autre, nous allons le voir tantôt. Aussi connaissant le temps orageux actuel et l'environnement incertain du entre autres à la délocalisation économique et à l'appauvrissement des ressources faut-il pas prévoir quel équipement choisir et prendre le temps de la réflexion.

I : DONNEES

Quelles données utiliser ?

L'UMP utilise le schéma suivant :

Il n'y a et il n'y aura pas assez de sous dans la caisse

=>il faut augmenter le temps de cotisation.

=>nous sauvons alors les retraites par répartition.

La première assertion n'est pas aussi évidente : qui sait comment le futur ( à l'horizon de 10, 20 ou 30 ans) va s'écrire ? En effet

  • Le rapport Charpin (1991) faisait des prévisions démographiques (sur les quelles est basée la « réforme » 2003 ) qui se sont avérées fausses. Cliquer ici

  • Qui prévoyait la belle crise que nous avons prise en pleine poire en 2007 et dans laquelle nous nous débattons ?

  • On n'a plus de sous : voire ! En 1999-2001, les caisses de la Sécurité Socialen'étaient pas déficitaires car le chômage avait fort considérablement baissé.

  • Le dernier rapport du COR (cliquer ici) établit 3 scénarios quant au PIB, taux de croissance et taux de chômage. C'est un peu court. Quand on compare avec les modèles climatiques développés par les scientifiques du GIEC, cinq scénarios ont été choisis et chacun d'entre eux avaient une batterie de scénarios dérivés. Notamment, le scénario à la japonaise (déflation, croissance 0 et chômage élevé) n'est pas évoqué. Et pourtant...

On voit donc rapidement que les données sur lesquelles seront basées les argumentations sont mouvantes et incertaines. Il vaut mieux donc avancer à pas comptés et non pas sonner la charge et partir au pas de course.

II - LE CORPS ARGUMENTATIF

Venons-en aux justifications les plus couramment utilisées pour justifier l'augmentation 60->62 et 65->67 ans.

--> « Les autres pays aussi sont passés à 65 voire 67 ans. Il n'y a pas de raison qu'on échappe au mouvement. »

Et alors ? Comparaison n'est pas raison. A cette aune-là, pourquoi avoir fait la révolution en 1789 alors que les autres pays alentour dans leur grande majorité étaient des monarchies (absolues) de droit divin ? Imitons-les.

Pourquoi supprimer aussi l'esclavage alors que les autres pays s'en accomodaient fort bien ?

C'est le même type d'argumentation que les chasseurs à la tourterelle et autres animaux protégés utilisent quand ils pestent en invoquant la Tradition (avec un grand T). Comme disait Théodore Monod : « Elle a bon dos la tradition. La torture aussi est une tradition ! » (voir d'ailleurs à ce sujet mon billet, cliquer ici ).

Répondons néanmoins à ce sujet qu'en Italie, Espagne, Allemagne il faut valider 35 annuités pour une retraite pleine. De plus le passage à 67 ans est prévu pour 2027 (Esp., It.) et 2029 (All.) contre 2018 pour la France.

Argument invalide par conséquent. Balle au centre et passons au suivant.

--> « L'espérance de vie augmente il est donc normal que l'on augmente le temps de travail. »

Au-delà d'un débat sur l'utilité du travail, sur l'objectif auquel doit tendre toute société démocratique, au-delà d'un débat philosophique « sommes-nous sur terre pour travailler ? » (mais j'y reviendrai car on ne peut en faire l'économie), restons sur du purement factuel.

  • Mettre tout le monde au même niveau (ou avec des différences marginales) quand certains , dont la profession fait partie des plus exposées aux risques sanitaires ou parmi les plus pénibles, ont une espérance de vie bien faible (62 ans) eu égard à d'autres professions (+ 80 ans pour les cadres sup) procède d'une certaine mésinformation pour ne pas dire malhonnêteté.

  • Une étude publiée par une société étasunienne montrait que, plus les gens partaient tard à la retraite, plus l'espérance de vie régressait.

  • Si on compare non à l'espérance de vie mais à l'espérance de vie en bonne santé, on voit que la période « faste » sur la soixantaine. Ensuite, la santé se dégrade significativement.

    Autrement dit, le choix du gouvernement fait (indépendamment du niveau de pension) qu'on vivra moins vieux que nos aînés et que notre retraite en peau de chagrin va réduire en peau de chagrin.

  • Bien entendu, les études, notamment l'américaine, sont à affiner, à confirmer, à mener sur un échantillon plus important mais la tendance en soi fait frémir ceux qui ne veulent pas mourir au travail. Au demeurant, les études auxquelles je fais écho ne heurtent pas le sens commun : plus on travaille longtemps, surtout avec l'augmentation de la charge de stress actuel, plus le corps « s'use ».

  • Lire le dossier au lien suivant : cliquer ici, au moins l'avant-propos

     

--> « C'est à cause de la crise que les déficits sont aggravés. »

Il faudrait savoir: le problème des retraites est-il un problème structurel ou seulement conjoncturel ? S'il est seulement conjoncturel, la crise n'est pas un vrai problème, il suffit de corriger à la marge. C'est semble-t-il la position du gouvernement qui s'appuie sur le COR, lequel dans ses scénarios ne semble pas prévoir une poursuite durable de la situation de crise que l'on vit actuellement.

Mais il traite le dossier comme s'il s'agissait d'un problème structurel en touchant à un symbole particulièrement puissant. Le gouvernement s'empêtre dans des contradictions.

Corriger à la marge suppose d'aller chercher à combler les déficits par les richesses produites en France. Sommes-nous pauvres ? Allons donc, nous restons malgré les déclinistes un pays dynamique, riche, sauf que la richesse produite est de plus en plus inéquitablement répartie.

C'est la faute de la crise, oui, entre autres, mais alors chiche : corrigeons à la marge et allons chercher l'argent là où il se trouve.

Où l'on voit que ce problème de retraites est aussi un problème de répartition des richesses et donc un problème structurel, et que cette situation ne se résout pas en un jour.

III - CONCLUSION DE LA DEMONSTRATION

Voyons désormais l'autre bout de la lorgnette. « Nous sauvons les retraites », par répartition bien entendu. Ce terme « sauver » sous-entend en fait « préserver l'équilibre budgétaire des recettes », objectif louable en effet.

Mais est-ce vraiment l'objectif que l'on doit s'assigner ? Non, c'est juste un moyen technique, ce n'est pas un but. Un moyen pour quel objectif alors ?

Le but à mon sens, et au sens de tout citoyen digne de ce nom est : que chacun ait une retraite digne où vivre n'est pas une survie ni un fardeau. La retraite ne doit pas être une obole de fin de vie, mais un « salaire » différé pour mener avec sérénité la dernière partie de sa vie. (Je détaillerai ultérieurement).

Or, qu'observons-nous de la proposition UMP ? Il faut aller chercher l'objectif plus loin, dans le non-dit. Il nous suffit de dérouler la mécanique à l'oeuvre. Du fait de l'allongement obligatoire de la durée de cotisation et de l'éloignement du départ à la retraite, et consécutivement à la faible proportion remplissant les conditions nécessaires pour avoir droit à une retraite à taux plein, la pension de réversion va baisser considérablement. Les futurs fonds de pension (Médéric du frère Sarkozy entre autres) prévoient dans leur rapport (voir l'article de Médiapart : cliquer ici ) des baisses significatives des taux de réversion par rapport au dernier salaire et s'en frotte les mains.

Alors certes on aura peut-être « sauvé » les retraites (et encore, cela aussi est remis en question par de nombreux spécialistes) mais on n'aura pas sauvé une retraite décente et digne pour tous.

Non, allons jusqu'au bout du raisonnement; « sauver nos retraites » est une façade. La conséquence de facto (en l'absence de toute modification structurelle) est de baisser le niveau de pension des retraites.

A quelle fin ? Parce que les citoyens, s'en rendant inévitablement compte, vont se tourner, et c'est normal, vers l'autre système, le système du « chacun pour soi » : les fonds de pension à l'anglo-saxonne. Les rapports des sociétés citées ci-dessus espèrent un bon gros gâteau de plusieurs centaines de milliards d'euros. Banques et compagnies d'assurances en salivent d'avance. On imagine sans peine le lobbying intense qu'ils mènent envers nos élus. Pour l'UMP les sirènes ne doivent pas avoir besoin de chanter longtemps. D'ailleurs un amendement UMP récent au Parlement facilite ces fonds de pension.

L'objectif réel est donc de fournir des armes supplémentaires aux banques et assurances qui vont lancer ces milliards dans le marché de la finance. Après tout, pourquoi pas me direz-vous ? Du moment que nous tirions notre épingle du jeu dans l'affaire. Certes ! Sauf que...

Sauf que, d'une part, plus vous êtes pauvre, moins vous cotiserez pour votre épargne-retraite et plus vous serez lésés. D'où problème d'équité entre les citoyens.

D'autre part, pour ceux qui pourront cotiser, rien ne garantit qu'ils ne vont pas tout perdre. L'écroulement d'Enron en 2001 et la crise de 2007 a prouvé aux Etasuniens comme aux Anglais que les retraites étaient loin d'être certaines et des dizaines de milliers de personnes ont perdu au Grand Casino. Certains à 75 balais ont du reprendre des petits boulots pour assurer leur survie. Est-ce cela que nous voulons ?

Sûrement pas ! Nous gardons en notre coeur cette idée belle et généreuse de créer des conditions décentes pour tous. Or ces fonds de pension, encouragés, sont dangereuses pour tous, sauf pour les fonds de pension eux-mêmes ou plus exactement pour leurs dirigeants et gros actionnaires qui s'en tireront par une pirouette en nous regardant avec morgue et mépris.

Reprenons donc le raisonnement :

« sauver » les retraites

=> apauvrir les retraites par répartition

=> encourager les retraites par capitalisation

=> enrichir les dirigeants de fonds de pension. CQFD.

Avec pour corollaire : Accroissement de la financiarisation de l'économie avec toutes les conséquences dramatiques qu'on a pu voir ces dernières années.

La conclusion de la « solution » UMP ne nous satisfaisant pas, remontons à partir de l'objectif réel de tout homme politique mu par le principe de travailler pour l'intérêt de tous : conserver une retraite décente tout en restant dans un système par répartition.

Quoi qu'il advienne, il est clair que les données du débat sont à préciser mais resteront floues et que le(s) objectif(s) sont aussi à mettre à plat. Quant au schéma argumentatif, il y a matière aussi. Aussi le passage en force à la hussarde avec une paire de godillots en guise de cerveau montre en soi la petitesse de la politique sarkozienne. Comme disait récemment Marcel Gauchet sur France-Culture, Sarkozy a réalisé une opération de pur marketing. Il a utilisé le dossier des retraites pour se faire mousser comme « le brave timonier qui sait affronter la rempête sans faiblir ». Les retraites il s'en moque, lui-même n'a pas trop à craindre de ce côté-là.

D'aucuns nous rétorqueront que de toute façons il n'y a pas le choix et que même si on ne veut pas, il faut bien courber l'échine et accepter l'inéluctable.

En est-on si sûr ? A-t-on exploré les alternatives ? Non, jamais vraiment.

Pourquoi ? Car cela suppose de remettre tant de choses à plat, d'accepter de discuter et de ne pas écouter les puissants et les lobbyes. C'est ce qu je vous propose de faire dans les parties qui suivent:

Quels sont les objectifs à atteindre ?

Quels sont les principes qui gouverneront l'action ?

Quelles sont les actions concrètes (court terme) et pistes d'action (moyen et long terme) qui seraient mises en oeuvre ?

Cette contribution étant participative, toute proposition et critique constructive sera la bienvenue.

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